Publicité
« Mieux vaut faire la morale à un enfant que de l?enfermer »
Par
Partager cet article
« Mieux vaut faire la morale à un enfant que de l?enfermer »
Quel est le but de votre visite ?
En fait, je suis venue à Maurice en novembre 2003 pour passer des vacan-ces. Comme j?avais obtenu mon DESS dans les pratiques des organisations internationales et des droits de l?homme, j?ai saisi l?occasion pour faire un stage au ministère des Droits de la Femme. J?ai été à la Child Development Unit (CDU) car je voulais travailler avec les enfants.
Quelles sont les retombées de votre stage ?
Il y a un véritable manque de structures pour favoriser les activités artistiques, la musique ou le sport. Toutes ces choses contribuent à l?épanouissement des enfants et stimulent leur créativité. Dans certains cas, des écoles peuvent avoir les équipements nécessaires pour ces activités mais ces facilités ne sont pas toujours accessibles à tous. Le stage m?a aussi permis d?être sur le terrain. J?ai remarqué qu?il y a beaucoup de cas d?abus sexuels et de négligence. Il faut combler le fossé entre la loi et les moyens dont dispose l?État pour l?appliquer. C?est une bonne chose d?avoir des lois, mais il faut savoir les adapter à une situation particulière.
Les abus sexuels ne cessent d?augmenter. Qu?est-ce qui explique l?ampleur de ce phénomène ?
Il n?y a pas forcément une hausse du nombre de cas, mais il se peut que les gens soient plus à même de les dénoncer. Il faut savoir que la CDU existe depuis 1997. La population est consciente qu?elle peut se tourner vers une telle institution.
Quelles sont les mesures prises au niveau de l?encadrement des enfants victimes d?abus sexuels. Les structures existantes sont-elles suffisantes ?
Lorsqu?un cas de viol est dénoncé, la victime est placée dans un foyer d?accueil si elle n?est pas en sécurité sous le toit familial. Elle y restera, le temps de l?enquête, mais un parent ou une institution peuvent toutefois la prendre en charge. La formation m?a permis de visiter les centres d?accueil pour enfants. Il reste beaucoup à faire pour améliorer les conditions des enfants victimes d?abus, mais pour y parvenir, il faut beaucoup de moyens et de soutien financier.
Certains jeunes qui ont commis des délits mineurs sont placés en centre de détention. Pensez-vous que ceci résoudra forcément le problème ?
J?ai visité un de ces centres. Je crois que le cadre est adapté pour les jeunes délinquants car ils pourront y réapprendre la discipline. Mais ils doivent aussi bénéficier d?un soutien psychologique. Toutefois, si l?enfant n?a pas d?antécédents et qu?il a commis un petit délit, mieux vaut lui faire la morale au lieu de l?enfermer dans un centre de réinsertion.
Quelles sont les lacunes que vous constatez et comment y remédier ?
Il faut inculquer aux enfants leurs droits dès l?école. De plus, il faut organiser plus d?activités autour des droits humains pour mieux les sensibiliser. Pour les adultes, des conférences et des réunions dans divers secteurs peuvent être fructueuses. Par la télévision et d?autres médias, on peut aussi toucher le public. Lors du stage, j?ai travaillé sur un projet de colonie de vacances pour les enfants mauriciens, mais ce n?était pas très facile. En France, ce sont des adolescents brevetés qui les encadrent. Il faut davantage de structures. En ce qui concerne les enfants victimes d?abus sexuels, il faut surtout un soutien psychologique et un bon encadrement pour qu?ils puissent s?en sortir.
Publicité
Publicité
Les plus récents