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« Les propriétés médicinales des plantes ont été prouvées »

22 novembre 2003, 20:00

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Vous avez d?abord été vétérinaire et depuis vingt ans, vous êtes à la tête d?Arkopharma. Expliquez-nous ce changement de parcours.

Ce qui m?a détourné de mon métier de vétérinaire, mais aussi d?un laboratoire dont j?étais actionnaire, c?est une aventure dans laquelle ma femme Monica m?a entraîné. Un jour, elle m?a confié qu?elle en avait marre d?être femme au foyer. Elle voulait ouvrir une boutique de diététique. On a alors recherché un local et on est tombé sur une herboristerie qui fermait boutique. Cette idée nous a séduits, et on a acheté le local. À un certain moment, j?étais tellement émerveillé par les capacités médicinales des plantes que j?ai laissé tomber mon métier de vétérinaire et j?ai vendu 50 % des actions que j?avais dans le laboratoire. Ma femme a gardé son herboristerie et moi j?ai lancé Arkopharma qui effectue des recherches en phytothérapie.

Quel est l?intérêt de se soigner par les plantes et à quel point est-ce efficace ?

Quand la médecine dite « classique » est apparue, on a négligé les plantes médicinales pour choisir ces nouveaux médicaments miracles. Lorsqu?on a découvert ensuite que ces substances avaient des effets secondaires néfastes, on est retourné vers la phytothérapie. Il faut dire qu?on a fait d?énormes progrès en la matière et que les propriétés pharmacologiques des plantes ont été prouvées scientifiquement. Cette technique va prendre de plus en plus d?ampleur. Et puis, si elle n?était pas efficace, notre chiffre d?affaires ne serait pas de 220 millions d?euros par an, et on n?aurait pas autant de distributeurs dans le monde.

Mais où vous procurez-vous toutes ces plantes médicinales et quel est le processus pour les transformer en gélules ?

J?ai des grossistes presque partout dans le monde et ces derniers nous fournissent les plantes. J?ai eu recours au même réseau que les herboristes d?autrefois. Je suis aussi abonné à douze revues spécialisées. C?est comme ça que j?apprends que dans tel pays, tel chercheur a découvert telle plante. En règle générale, je préfère développer les plantes qui poussent en grande quantité. On veille également à leur qualité. De plus, les recherches nous permettent de savoir quel climat et quel type de sol convient le mieux et quelle partie de la plante, du fruit ou du légume est plus active. Rien n?est laissé au hasard pour garantir la qualité. Vient ensuite le broyage de ces plantes sous azote liquide pour conserver tous leurs principes actifs.

Quelle est la procédure pour obtenir des brevets de commercialisation ?

Plusieurs tests sont effectués. Il y a entre autres ce qu?on appelle les études cliniques. Par exemple, on prend un échantillonnage de 200 personnes pour tester un produit contre le cholestérol. La moitié d?entre elles va suivre le traitement réel, les autres vont prendre un placebo, autrement dit, des gélules qui ne contiennent que du talc ou de la chapelure. Le secret est bien gardé. Au bout de six mois, on effectue des analyses sur ces 200 personnes. On a alors la confirmation de l?efficacité de la gélule contre le cholestérol. Parfois aussi on notera que des personnes qui ont reçu un placebo voient baisser leur taux de cholestérol. Les médicaments peuvent parfois avoir des effets psychologiques.

Est-ce que les médicaments naturels n?ont vraiment aucun effet secondaire ?

Oui. Il n?y a pas d?effets indésirables.

Mes concurrents ont voulu faire croire que le millepertuis avait un effet néfaste sur les femmes qui prenaient la pilule. Rien de tel n?a été prouvé. On a juste cherché la petite bête pour nuire à la réputation d?Arko-pharma. De nombreuses études ont par contre démontré que le millepertuis est un véritable antidépresseur végétal.

La phytothérapie est une automédication. Est-ce que les médecins prescrivent vos gélules ?

De plus en plus. On a constaté que 28 % de notre chiffre d?affaires provient des prescriptions médicales. En France, le ministère de la Santé est de plus en plus conscient des vertus curatives des plantes. Il y a un retour aux choses naturelles. Les médecins ont commencé à nous écrire, à étudier nos produits et à les adopter. Il y a eu un mouvement de panique aux États- Unis et en Angleterre lorsque des études ont démontré que les femmes ménopausées qui prenaient des hormones pouvaient avoir un cancer du sein. Nous avons alors élaboré phytosoya qui va être le produit de référence pour les femmes ménopausées. Aujourd?hui, les gens préfèrent avoir un petit guide de santé naturelle. Quand ils ont un problème, ils savent comment se soigner. Ce phénomène gagne aussi Maurice.

Qu?est-ce qui vous reste encore à accomplir dans ce domaine ?

Quand j?ai commencé l?aventure de la phytothérapie j?avais 50 ans. ça pouvait paraître fou de m?y être pris aussi tard, mais je l?ai fait. Aujourd?hui à 74 ans, je ne m?arrête pas. Il y a eu les gélules, les cosmétiques, les comprimés chocolatés pour les enfants, la phytosculpture pour une belle silhouette.

De plus, avec les plantes médicinales, nous avons trouvé des solutions pour toutes les maladies dites « de civilisation », toutes ces maladies qui deviennent un grand problème dans beaucoup de pays du monde : l?hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l?obésité, l?asthme et les maladies nerveuses : dépression nerveuse, la fatigue, et le mal-être. C?est cela qui sera le grand développement de la phytothérapie dans les prochaines années.

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