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« Les liens culturels sont le moteur des relations bilatérales »

13 septembre 2003, 20:00

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« Avec l?inauguration de la cybercité, Maurice passera en quelque sorte un test. Celui d?attirer le plus grand nombre d?entreprises, qu?elles soient indiennes, britanniques, américaines ou australiennes, pour s?y installer. »

> Vous avez été ambassadeur à Bruxelles et à Windhoek en Namibie. Doit-on en conclure que vous mettrez plus d?accent sur les relations commerciales et économiques entre Maurice et l?Inde durant votre mandat ?

Certainement ! L?aspect économique et commercial prend une part très importante dans nos relations avec les autres pays. Nous voulons améliorer les relations commerciales entre l?Inde et Maurice. Elles sont satisfaisantes pour le moment. Mais on peut faire mieux.

> Que pensez-vous du concept de relations économiques triangulaires entre l?Inde, Maurice et l?Europe et entre l?Inde, Maurice et l?Afrique ?

Le commerce bilatéral Inde-Maurice représente Rs 4,7 milliards par an. Je pense que nous pouvons faire mieux. L?Inde et Maurice partagent d?excellentes relations politiques et culturelles. Cela contribue à renforcer la coopération commerciale et économique entre les deux pays. Je constate la volonté de développer de nouveaux secteurs de coopération prometteurs, comme les technologies de l?information et de la communication (TIC) ou la biotechnologie.

Ces secteurs sont porteurs. Maurice, par sa position géographique, est aussi une porte d?accès unique pour le commerce avec l?Afrique. Les liens historiques de votre pays avec le Royaume-Uni et la France, et votre maîtrise des deux langues sont aussi importants.

Cela vous permet de vous positionner comme un business hub vers les pays francophones. Maurice a acquis une réputation de fournisseur de produits haut de gamme en Europe. Les entrepreneurs indiens peuvent ainsi bénéficier de l?expérience mauricienne pour le marché européen.

L?Inde est un important partenaire économique de Maurice. Les spécialistes pensent que ce partenariat peut être renforcé. Quelles sont les initiatives qui peuvent augmenter le commerce entre l?Inde et Maurice ?

Il y a encore une marge de progression. Nos deux pays travaillent actuellement sur plusieurs projets communs pour améliorer le commerce. Nous allons mettre en place un cadre institutionnel pour diversifier les relations économiques et commerciales entre nos pays. Ainsi, une commission mixte siégera le plus rapidement possible pour étudier la question. Les représentants de nos secteurs privés seront amenés à se rencontrer plus souvent. Ces rencontres seront suivies par des visites fréquentes en Inde et à Maurice. Nous allons aussi entamer un programme de promotion pour faire connaître les opportunités d?investissement aux entrepreneurs indiens et mauriciens.

> Le tourisme Inde-Maurice est perçu comme un secteur porteur, mais il n?a pas connu de développement significatif jusqu?ici. Quelle approche doit-on adopter face au marché indien ?

Le nombre de touristes indiens qui visitent Maurice a augmenté. Ainsi, 21 000 Indiens ont visité Maurice en 2002. Ce chiffre devrait atteindre 26 000 à la fin de 2003. Votre pays est perçu comme une destination haut de gamme en Inde. Vous pouvez envisager des campagnes de promotion ciblant la classe moyenne, en lui offrant un produit à valeur ajoutée.

> Les fonds qui transitent par l?offshore mauricien sont de plus en plus contrôlés par les autorités indiennes. Cela ne risque-t-il pas d?affecter la crédibilité de notre offshore ?

Après les événements du 11 septembre 2001, les mouvements de capitaux sont très surveillés, non seulement en Inde mais aussi dans le monde entier. Il n?est pas dans l?intérêt politique ou économique d?accorder une parfaite liberté aux mouvements de capitaux car certains peuvent être de provenance douteuse. Maurice a été parmi les premiers pays à signer un traité de non double imposition avec l?Inde en 1982. Ce traité a été profitable aux deux parties. Ainsi, les fonds transitant par Maurice ont été l?une des principales sources d?investissement direct en Inde. J?ai constaté que Maurice a aussi pris des mesures intéressantes pour réglementer son secteur financier et d?autres mesures sont à l?étude. Nous ne pouvons qu?encourager cette démarche. L?Inde et Maurice échangent régulièrement des informations sur les transferts d?argent entre les deux pays grâce au Memorandum of understanding entre le Securities and Exchange Board of India et la Financial Services Commission de Maurice.

> Comment voyez-vous l?avenir de la coopération Inde-Maurice dans les TIC ?

Les possibilités de coopération dans les TIC sont nombreuses. Les Mauriciens sont bilingues et votre pays traite déjà avec le marché européen et africain. L?Inde possède le savoir dans le domaine. Il y a donc là une formidable opportunité de collaboration pour exploiter les nouvelles possibilités en Afrique et en Europe.

Plusieurs grandes entreprises indiennes ont déjà entamé leurs préparatifs pour s?installer ici. Et Maurice redouble d?efforts pour faire découvrir les opportunités qu?elle peut offrir aux investisseurs indiens du secteur des TIC. Je suis certain que cette étroite collaboration aboutira à un partenariat stratégique entre l?Inde et Maurice dans ce domaine précis. Avec l?inauguration de la cybercité, Maurice passera en quelque sorte un test. Celui d?attirer le plus grand nombre d?entreprises : qu?elles soient indiennes, britanniques, américaines ou australiennes, pour s?y installer. Son taux d?occupation sera l?indicateur principal de son succès.

> La coopération culturelle entre l?Inde et Maurice est très dynamique. Peut-on l?améliorer ?

Les liens culturels sont le moteur des relations bilatérales. Le peuple indien et mauricien partage un lien d?amitié très profond.

L?Inde ne peut que nourrir cette relation. Motee Ramdass, votre ministre des Arts et de la culture, a signé un accord sur un programme d?échange culturel d?envergure pendant son voyage en Inde la semaine dernière. Ce programme permettra des échanges dans le domaine de l?art, de la culture, des langues et dans d?autres disciplines. L?application de cet accord aidera à dynamiser nos liens culturels.

> Le domaine scientifique n?a pas été oublié. L?ouverture du Rajiv Gandhi Science Centre augure-t-elle d?autres collaborations de ce type ?

Ce centre est un symbole de la collaboration étroite entre nos deux pays dans des domaines variés. Ce centre a pour but de vulgariser les sciences et techniques auprès des Mauriciens. D?autres projets sont à l?étude, notamment celui d?un centre de biotechnologie. Cela améliorera davantage notre collaboration dans le domaine des sciences et techniques.

> Maurice compte parmi les pays où il existe une forte population d?origine indienne. La carte People of Indian Origin (PIO) existe déjà. L?Inde songe-t-elle à accorder d?autres facilités à la diaspora indienne ?

Maurice se distingue par une importante communauté d?origine indienne qui est dynamique et plurielle. L?Inde s?enorgueillit du succès de Maurice et de sa communauté d?origine indienne. La carte PIO est relativement nouvelle. Dès son lancement, nous avons recueilli les commentaires des PIO à travers le monde. Maurice nous avait suggéré une baisse des frais administratifs et nous avons accédé à cette demande. Le concept de la carte PIO est évolutif. En conséquence, nous l?aménagerons pour satisfaire les attentes des PIO dans le monde.

> Les visites officielles du Premier ministre indien et de son adjoint ont été repoussées. Sont-elles toujours maintenues ?

Ces déplacements seront maintenus. Les importantes visites d?État marquent régulièrement les relations entre nos deux pays. Mais il arrive que des empêchements nous obligent à revoir la date des déplacements. Pour l?instant, les deux gouvernements essaient de trouver une date qui leur convienne. Le vice-Premier ministre indien, Lal Krishna Advani, a aussi été invité à Maurice, mais il a été retenu par ses activités. Tout comme celle du Premier ministre, sa visite est aussi en préparation.

Propos recueillis par Rabin Bhujun

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