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« Le secteur maritime appelé à être un pilier de notre économie »

14 août 2004, 20:00

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<B>Vous revenez d?une mission de Hong-Kong et de Singapour. Comment ces deux géants maritimes influeront-ils sur l?ambitieux projet de restructuration que vous caressez dans ce secteur ? </B>

La réforme en profondeur de notre secteur maritime que nous avons enclenchée sera en effet beaucoup basée sur les success stories de Hong-Kong et de Singapour. C?est un secteur d?avenir au potentiel énorme.

<B>Hong-Kong et Singapour sont parmi les ports les plus développés au monde. Leurs activités maritimes rapportent gros. Comment comptez-vous reproduire cela à Maurice ? </B>

Dans ces deux pays, les activités maritimes sont déjà des secteurs clés. A Maurice, nous devons repenser ce secteur. Il nous faut créer de nouvelles activités et mieux vendre notre port. C?est dans cette optique qu?un nouveau Merchant Shipping Bill sera prochainement présenté au Parlement. Parallèlement nous travaillons sur l?élaboration d?une National Shipping Policy. En bref, nous nous donnons les moyens en termes de législation et de normes internationales pour positionner le secteur maritime comme l?un des prochains piliers de notre économie. Cela peut paraître ambitieux, mais c?est réalisable.

<B>Vous êtes le ministre de la Marine. Mais le portefeuille du port lui-même tombe sous la tutelle « External Communications », occupé par le ministre Sangeet Fowdar. Est-ce normal ? </B>

Vous avez raison. Dans les autres pays, les activités maritimes et le contrôle du port sont regroupés sous l?ombrelle d?un seul ministère. Mais ce n?est pas un problème susceptible d?hypothéquer les réformes en profondeur de nos activités maritimes. Nous avons déjà mis sur pied un comité de travail qui regroupe tous les partenaires du secteur maritime : tous les départements gouvernementaux concernés, la Mauritius Ports Authority, la Cargo Handling Corporation, la douane, les opérateurs privés comme IBL, Rogers, les compagnies pétrolières. Grâce à l?apport de tout un chacun, on crée la synergie qui pourra insuffler un nouveau dynamisme afin que notre port soit l?un des carrefours incontournables de cette partie du monde. Mais on ira également à la recherche des compagnies maritimes étrangères et des propriétaires des bateaux, surtout les riches propriétaires de yachts, pour les inciter à se faire enregistrer sous le pavillon mauricien. C?est une activité très lucrative qui permet également de développer des Back-Office Works, tels que la Marine Insurance, le Ship Brokerage.

<B>Mais les pavillons de complaisance, le créneau que vous souhaitez exploiter, peuvent cacher des scandales, encourager des maldonnes?</B>

L?objectif de promouvoir le drapeau mauricien aux armateurs étrangers, surtout les riches propriétaires de gros yachts, se fait avec tout le sérieux possible. Aucun aspect n?est négligé. D?ailleurs pour la nouvelle législation, nous avons fait appel à l?Organisation maritime mondiale, qui a mis à notre disposition le professeur Proshanto Mukherjee, éminent légiste en droit maritime international, qui a drafté des lois du transport maritime dans quelque 25 juridictions à travers le monde. Notre cadre légal se renforcera. Le professeur Mukherjee se penchera sur la question de confidentialité, l?environnement et tous les aspects de sécurité relatifs aux bateaux et à leurs propriétaires. Les activités illicites et criminelles seront prises en considération.

<B>Le contexte international difficile affecte déjà les autres piliers de notre économie. Les activités maritimes seront-elles pour autant à l?abri ? </B>

Justement il faut diversifier davantage nos sources de revenus. Il faut commencer à think out of the box, à regarder du côté de la mer. N?oublions pas que 90 % du commerce mondial se fait par voie maritime. Et paradoxalement alors que le textile, le sucre et dans une certaine mesure le tourisme souffrent en raison du contexte mondial, le secteur maritime bénéficiera d?un concours de circonstances qu?on ne peut pas laisser passer. Nous avons le potentiel de promouvoir le port de Maurice, alors que le commerce mondial, en raison des problèmes de sécurité dans le Moyen-orient et d?autres parties du monde, est appelé à explorer les Alternative Routes. Il faut nous préparer à accueillir de plus en plus de bateaux, non seulement de la région, mais de partout à travers le monde.

<B>Il s?agit là de la flotte marchande. Mais vous dites que vous ciblez principalement les riches propriétaires de yachts. Pourquoi délaisseront-ils les îles Caïmans, la république de malte, entre autres, pour se faire enregistrer à Maurice ? </B>

L?enregistrement des mega-yachts peut devenir une niche économique pour Maurice. Surtout que notre pays est reconnu comme un pays paisible, démocratique avec un bilan économique positif. Les trois Leading Yachts Registries au niveau mondial sont les Îles Caïmans, les États-Unis et la Grande Bretagne. Suite à la menace terroriste dans le monde, il y a un shift potentiel dans le business. C?est pour cela que nous allons développer une stratégie pour les attirer chez nous. Leurs arrivées ouvriront des perspectives d?emploi et d?arrivées touristiques chez nous. Tous les propriétaires de navires sous le drapeau mauricien devront obligatoirement avoir un représentant à Maurice.

<B>Ce vaste chantier sera-t-il matérialisé, où restera-t-il qu?au niveau des discours d?intentions ? </B>

D?ici janvier, la nouvelle loi sera votée. Je suis déjà en contact avec un consultant de haut niveau qui est un des Masterminds de la conception même du mega-yacht business dans le monde. Suivra un marketing international rigoureux. Nous travaillons d?arrache-pied pour réaliser nos objectifs qui visent un clustering de services autour du transport maritime.

<B>Vous êtes également ministre de Rodrigues. Comment se porte l?autonomie ? </B>

L?Executive Council de Rodrigues sous le leadership du chef commissaire Serge Clair fait un travail admirable. Mon ministère respecte l?esprit du Regional Assembly Act. Nos relations avec les commissaires sont cordiales. Lors de ma dernière visite à Rodrigues, je les ai félicités pour le bon travail accompli. Nous avons beaucoup parlé de formation aussi. L?ex-juge Robert Ahnee a déjà commencé ses travaux pour le Fine Tuning du Rodrigues Regional Assembly Act. L?autonomie se porte bien.

<B>Parlons économie. La situation est « dramatique », pour reprendre l?expression du Premier ministre. L?image gouvernementale n?en souffre-t-elle pas ? </B>

Cette situation est conjoncturelle. Le sucre et le textile souffrent actuellement mais la transformation économique se poursuit à plusieurs niveaux. Nous continuons a créer beaucoup d?emplois malgré les pertes dans la zone franche. Mais il faut aussi créer des partenariats stratégiques plus avancés avec la Chine, l?Inde et Singapour. Nos représentants internationaux devront adopter une approche plus rigoureuse pour identifier des nouveaux secteurs d?activités.

« Le sucre et le textile souffrent. Il s?agit maintenant de think out of the box »

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