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« Le documentaire laisse la parole aux gens »
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« Le documentaire laisse la parole aux gens »
Journaliste spécialisée dans l?écriture du documentaire, Caroline Barth apporte ses lumières et son expérience aux bénéficiaires du 2e fonds d?aide à la production audiovisuelle de la Mauritius Films Development Corporation (MFDC). Ayant tourné à la British Broadcasting Corporation (BBC) ou encore à la Voice of America (VOA) aux Etats-Unis, sans parler des documentaires qu?elle a réalisés, Caroline Barth nous parle de son engagement de cinéaste ainsi que du cinéma mauricien.
Vous animez actuellement un atelier sur la formation à l?écriture du documentaire. Quel est selon vous l?avenir du cinéma mauricien ?
Je suis sûre qu?il a un bel avenir. Il faut pour cela que les moyens techniques, logistiques et humains soient réunis. Les bénéficiaires du fonds d?aide sont passionnés, mêmes si leur tâche n?est guère facile, compte tenu du laps de temps dont il dispose pour porter à bien leurs travaux de treize minutes. Je suis persaudée que le cinéma mauricien pourra exister s?il respire un parfum mauricien. Les thèmes sont universels, mais il faut que le cinéma mauricien soit ancré dans les réalités de votre pays. Votre pays est fabuleux, il a une richesse culturelle unique, il y a des choses à montrer, au-delà de l?image idyllique de Maurice.
Vous avez réalisé des documentaires pour prendre parti pour la cause des femmes immigrées notamment. Est-on contrainte de prendre le parti des femmes quand on est femme journaliste et cinéaste ?
C?est d?abord un choix personnel. Je pense que les femmes ont une sensibilité propre à elles. Elles vont plus facilement sur des sujets un peu difficiles à traiter, elles sont capables de faire part de leurs contradictions, elles ont des choses à revendiquer. Je suis sensible au thème de l?immigration parce que c?est un sujet qui m?interpelle. J?ai eu envie d?aller à l?encontre des idées reçues, de montrer une autre réalité. Le documentaire laisse la parole aux gens.
Que pensez-vous de la couverture de CNN quant à l?alerte au tsunami répércutée lundi dernier dans le monde ?
Compte tenu de l?absence d?alerte lors du premier tsunami en décembre dernier, il a fallu cette fois être sur le coup. Désormais, on pèche par excès de prudence. Cela dit, il vaut mieux être trop prudent que pas assez prudent. Une fois que CNN a donné l?alerte, c?étaient aux radios et à la télévision locale de rationnaliser cette alerte.
La Télévison numérique terrestre, (TNT) a été introduite en France le 31 mars. Pensez-vous réellement qu?elle va bouleverser le paysage audiovisuel français comme l?affirme ses adeptes ?
Je ne sais pas si elle sera aussi révolutionnaire qu?on voudrait le faire croire. De nouvelles chaînes de meilleure qualité, c?est bien. Mais je pars du principe que la quantité n?est rien comparée à la qualité. Avoir le choix c?est agréable, mais il y a le risque que le téléspectateur devienne un « téléphage », qu?il consomme la télévision des heures durant, sans en tirer profit. Il est important de prendre du recul par rapport à tout cela.
■ Propos recueillis par Martine LUCHMUN
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