Publicité
« Je ne suis pas ?enn roder bout? ! »
Par
Partager cet article
« Je ne suis pas ?enn roder bout? ! »
<B>Votre contrat à la tête de la National Prevention Unit (NPU) n?a pas été renouvelé. Pourquoi selon vous ? </B>
Mon contrat n?a pas été renouvelé à cause de pressions exercées sur la ministre Sheila Bappoo. Selon mes renseignements, plusieurs personnes lui ont donné des informations erronées dans le but de nuire au travail de la NPU.
<B>N?y avait-il pas de signes avant-coureurs du non-renouvellement de votre contrat ? </B>
Ce que je sais, c?est que dès la nomination de Sheila Bappoo, comme ministre de la Sécurité sociale, il y a eu une première tentative de me faire partir. Un travailleur social très connu de Plaine-Verte en est à l?origine. Le management de la Natresa a dû soumettre un rapport complet sur mon travail et celui de mon équipe de la NPU. Je pense que la ministre Bappoo a dû être très satisfaite de ce rapport, car, peu après, elle a proposé à la NPU d?agir dans un certain nombre de régions.
<B>Le non-renouvellement de votre contrat serait donc la conséquence d?une « cabale » contre vous et la NPU ? </B>
Il n?y a pas de doute là-dessus. Un travailleur social, un compagnon de lutte a été à la base de cette cabale. Je ne sais pas pourquoi il a fait cela. Je dirai simplement qu?il se trompe d?adversaire, surtout à un moment où le problème de la drogue et du sida chez les toxicomanes est alarmant. Nous aurions dû nous serrer les coudes et travailler ensemble. Je préfère également ne pas m?attarder sur cette employée de la Natresa qui a tout fait pour nous discréditer.
<B>Avez-vous pu rencontrer Sheila Bappoo pour vous expliquer par rapport au non-renouvellement de votre contrat ? </B>
Je ne l?ai pas rencontrée depuis que j?ai appris que mon contrat ne serait pas renouvelé. Je dois préciser que, comme les années précédentes, il se terminait le 10 octobre. Le 11, j?étais à mon poste et on ne m?a rien dit. Ce n?est que le 17, à 16 heures, alors que je quittais la cure de Cassis, après une réunion de travail avec les responsables de la paroisse, que j?ai reçu un appel m?informant que dès le lendemain, je devais report back to prison !
Avant le 11, j?avais soumis divers projets et plans d?action, et la ministre Bappoo m?avait même encouragé, personnellement, à être présent dans certaines régions et quartiers. J?estime que l?on aurait pu me prévenir, au moins le 10 octobre, que mon contrat n?allait pas être renouvelé. Jusqu?à présent, je n?ai pas encore reçu de lettre officielle m?informant du non-renouvellement de mon contrat et que je devais reprendre mon poste à la prison.
<B>Au Parlement, Sheila Bappoo a parlé de « zones d?ombre » dans la gestion de la Natresa et a souhaité une enquête sur cet organisme?</B>
Je souhaite que l?enquête couvre toute la Natresa et que l?on étudie comment le budget est utilisé dans les autres unités de l?organisme. On ne peut pas parler de gaspillage à la NPU. Nos volontaires, que nous appelons « soldats », sont des vrais bénévoles. Pour leur participation au programme Dibut pu nu landrwa, ils étaient présents de 17 heures à minuit, et n?avaient droit qu?à un jus et un pain? J?invite la ministre à revoir les dépenses pour certains projets menés par ses « very qualified officers », où l?on invitait une cinquantaine de fonctionnaires, bénéficiant de time off, pour une demi-journée de parlottes avant de profiter d?un bryani ou d?un curry de poisson.
Je souhaiterais que Mme Bappoo compare le travail accompli par la petite équipe de la NPU en trois ans et celui fait par ses « very qualified officers » depuis l?existence du Trust Fund (1986) et natresa.
<B> « J?avoue que j?ai été blessé par la manière dont on m?a demandé de vider les lieux. Je ne peux accepter qu?on doute de mon intégrité. » </B>
<B>Que faisait au juste la NPU ? Les O.N.G. n?ont eu que des compliments à son sujet?</B>
Nous étions une petite équipe, mais pleine de dévouement et de dynamisme. Notre travail consistait à former des « soldats » qui devraient être présents en réseau sur le terrain pour combattre la toxicomanie et venir en aide aux toxicomanes séropositifs. En trois ans, nous avons formé 1 300 Community Social Leaders dans 35 régions. Nous avons toujours voulu nous attaquer aux racines du problème de la toxicomanie ? pauvreté, environnement, manque de loisirs? ? et tenter d?être à l?écoute des gens et de répondre à leurs besoins.
Pour ce faire, nos partenaires privilégiés ont été, entre autres, le groupe A de Cassis, Pils, le Centre de solidarité, le centre d?accueil de Terre-Rouge, le centre Idrice Goomany, le Centre SSS, Help? Je crois que j?ai été victime du succès de la NPU, car nous travaillions de 8 h 30 à 23 heures ou minuit. Les membres actuels et passés de la NPU sont passionnés par leur engagement et nous avons toujours bénéficié du soutien sans faille d?Anunkumar Ghallu, le responsable de la Natresa et de MM. Seeburn et Siddick, nos Audiovisual Officer et chauffeur.
<B>Êtes-vous surpris par les réactions de la société civile à la suite de votre révocation ? </B>
Je trouve très positif tout ce qui a suivi. Mon renvoi de la Natresa a provoqué des remous et a réveillé la conscience nationale. Tout le soutien et les marques de solidarité que j?ai reçus m?ont beaucoup touché. J?avoue avoir été très ému du soutien que j?ai reçu des députés des deux bords et des O.N.G. Mais j?ai surtout été sensible aux messages de personnes anonymes qui m?ont écrit ou téléphoné pour m?encourager.
Mais cela dépasse ma petite personne, car il doit y avoir une conscience pour la lutte nationale contre la toxicomanie et le virus du sida. Les autorités se doivent d?agir rapidement.
<B>C?est-à-dire ? </B>
Nous avons proposé plusieurs solutions : programme d?échanges de seringues, outreach programme? La situation est alarmante ! Il y avait 20 000 toxicomanes recensés il y a deux ans, dont 15 % séropositifs ou sidéens. Sur ces 20 000, seul, un millier fréquentent les centres de désintoxication. Le taux de réussite est de 30 %. Comment toucher ces 19 000 et ces 700 autres ?
Comment voulez-vous que les « very qualified officers » de Mme Bappoo arrivent à des résultats, s?ils ne passent leur temps que dans leurs bureaux, de 10 à 15 heures, cinq jours sur sept ? Cela alors que le nombre de séropositifs atteindra un millier en décembre.
La ministre Sheila Bappoo a démenti toute idée de démanteler la NPU?
Je souhaite simplement que la NPU puisse poursuivre son travail sereinement. Cadress Rungen n?est pas indispensable?
<B>De quoi sera fait son avenir ? </B>
J?ai été agréablement surpris de recevoir des offres fermes de certaines entreprises qui voulaient m?avoir pour coordonner ou identifier des projets dans le cadre de leur engagement social.
Pour l?instant, je me suis déjà investi dans mon travail comme Senior Hospital Officer à la prison centrale. J?interprète cela comme la volonté de Dieu.
Quand j?ai débarqué à la prison, Bill Duff m?a dit : « I don?t know whether you are happy to be back home, but we are very happy to greet you again home and we have many projects for you ! » Et nous avons tout de suite mis en chantier un programme de travail avec les toxicos et les séropositifs. Je compte également donner un coup de main ponctuel à mes amis de la NPU, mais sans intégrer la Natresa.
<B>Et si Sheila Bappoo vous demandait de réintégrer la NPU ? </B>
Là, je suis catégorique : Non ! Non ! Et non ! J?avoue que j?ai été blessé par la manière dont on m?a demandé de vider les lieux. Je ne peux pas accepter également que l?on laisse planer un doute sur mon intégrité et qu?on livre en pâture mon salaire comme si j?étais une personne malhonnête? Je ne suis pas enn roder bout !
Publicité
Publicité
Les plus récents