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« Il est souhaitable que les entraîneurs aient un passé de joueurs »
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« Il est souhaitable que les entraîneurs aient un passé de joueurs »
Interview réalisée par Neeta PERSAND
■ Monsieur Gunther Huber, présentez-vous.
? Je suis le directeur de Développement et de Performance de la Fédération internationale de badminton. J?ai la responsabilité de développer la discipline à travers le monde, notamment à travers l?éducation des entraîneurs. Nous avons également un programme destiné aux enseignants des écoles primaires et secondaires et un parents? guide. Je suis, aussi, responsable des trois IBF World Training Centres situés notamment en Bulgarie, en Chine et en Allemagne. J?ai également été entraîneur des sélections nationales d?Allemagne, du Canada et de la Suisse. J?ai participé à trois Jeux olympiques en tant qu?entraîneur et chef de délégation.
■ Vous avez animé un stage à l?intention des entraîneurs mauriciens. Comment avez-vous trouvé leur niveau ?
? Les entraîneurs mauriciens manquent d?expérience, car votre pays est coupé du niveau international. La plupart de ceux qui ont participé à ce stage n?ont aucun vécu du badminton de compétition. Je pense qu?un bon entraîneur est celui qui a côtoyé le haut niveau et qui possède une connaissance en sports science. Il est souhaitable que les entraîneurs aient un passé de joueur. L?apprentissage se fait en copiant. Vous ne pouvez pas enseigner la mauvaise technique.
■ Selon vous, y a-t-il des entraîneurs de calibre qui pourraient prendre en main la sélection mauricienne ?
? Vous avez quelques bons éléments qui peuvent éventuellement prendre la responsabilité de la sélection nationale. Il faut leur offrir la formation appropriée, notamment à travers des stages de plusieurs semaines à l?étranger. Vous devez privilégier les entraîneurs locaux, car l?expertise étrangère coûte cher, et, bien souvent, les entraîneurs ne connaissent pas la culture du pays et les gens. Je pense que vous devriez encourager les anciens joueurs à se lancer dans ce domaine. C?est aussi un retour d?investissement.
« Vous devez privilégier les entraîneurs locaux, car l?expertise étrangère coûte cher, et, bien souvent, les entraîneurs ne connaissent pas la culture du pays et les gens. Je pense que vous devriez encourager les anciens joueurs à se lancer dans ce domaine.»
■ Quels sont les objectifs des IBF World Training Centres ?
? La fédération internationale veut aider les pays dont les joueurs sont classés après les 50 premiers mondiaux. Souvent, ils ont du talent mais pas les moyens et l?encadrement approprié pour réussir. Nous leur offrons, donc, l?opportunité de se préparer et d?évoluer dans les mêmes conditions que les joueurs des pays développés. Mais la FIB le fait également par égoïsme, car elle souhaite une meilleure représentativité des continents aux JO.
Nos centres oeuvrent également pour le progrès des entraîneurs. Car une fois de retour dans leurs pays, les joueurs doivent avoir un encadrement de qualité pour qu?ils puissent maintenir le niveau.
■ Combien d?argent est investi par joueur ?
? Nous dépensons, environ, 200 000 euros par an pour garantir une formation de qualité à la vingtaine de participants. Ce chiffre, comprend, également les salaires des entraîneurs. Il faut savoir que la Fédération internationale a consacré un budget de 4 000 000 de dollars américains pour assurer le développement des joueurs et des entraîneurs pour les quatre prochaines années.
■ Pour en revenir aux entraîneurs, quel genre de formation leur offrez-vous ?
? À Saarbrücken nous n?avons pas de projet pour les entraîneurs car l?objectif du centre est de préparer les joueurs pour les Jeux olympiques. Par contre, le centre de Sophia est également ouvert aux entraîneurs. Nous avons des sessions de travail axées sur la théorie et la pratique. Mais si vous voulez que Maurice en profite vous devez envoyer the right person not the secretary general for instance.
■ Karen Foo Kune a intégré récemment le centre de Saarbrücken. Comment se porte-t-elle ?
? Karen est chez nous depuis trois semaines seulement. Donc, nous ne pouvons pas dire grand-chose sur son niveau. Elle a été soumise à une série d?examens pour évaluer ses capacités et son potentiel. Elle doit tout d?abord améliorer sa condition physique et développer sa puissance avant qu?elle puisse être soumise à une préparation spécifique. Elle sera, par la suite, évaluée en fonction de sa performance dans les compétitions et de son classement mondial.
■ Quels sont les projets de l?IBF pour l?Afrique ?
? Avec la fédération africaine de badminton nous devrons, tout d?abord, identifier les besoins dans les pays en développement et sous-développés. Les exigences ne seront certainement pas les mêmes. Nous devrons commencer par l?éducation des entraîneurs et aussi des dirigeants. Mais, pour réussir, il faudra que le continent ait la volonté. Je pense que l?Afrique devrait avoir un site web. Et puis, il faudrait organiser davantage de circuit sur le continent et mettre sur pied des centres de formation. L?objectif serait d?avoir une équipe africaine capable de tenir tête aux Asiatiques et aux Européens.
■ L?écart entre les joueurs africains et ceux des autres continents est considérable...
? Je pense qu?il y a plusieurs facteurs. Tout d?abord il y a un manque de connaissance du haut niveau. Et puis, le badminton n?est pas, forcément, le premier choix des enfants à l?école. Dans certains pays, les jeunes préfèrent se tourner vers le football, et d?autres, vers l?athlétisme dépendant de la culture sportive du pays. Et puis, le badminton n?est pas dans le programme scolaire.
■ L?IBF veut faire du badminton le numéro un des sports de raquette dans le monde d?ici 2012. Est-ce réalisable ?
? Nous avons besoin d?une vision pour réussir. Nous devons changer d?attitude et essayer toujours de nous surpasser. Les résultats ne sont pas importants. C?est l?effort qui compte. Il faut que tout le monde s?y mette pour améliorer l?image du badminton. Nous pourrons atteindre notre objectif en améliorant la qualité de nos compétitions pour attirer davantage les médias dont la télévision et aussi en augmentant les cash prizes et en rendant la présentation du jeu plus attirante. Le tennis éprouve actuellement des difficultés à maintenir sa position, profitons-en pour promouvoir le badminton !
■ En augmentant les cash prizes, n?encourageriez-vous pas le dopage ?
? Le badminton est un sport très complexe. Les produits dopants peuvent agir sur un aspect particulier du jeu et peuvent être néfastes dans un autre domaine. Nous avons eu quelques cas de dopage en badminton, mais, souvent, les produits avaient été pris par mégarde. Mais je pense qu?il faut éduquer les athlètes sur les effets néfastes des produits dopants.
■ Vous avez rencontré le chief executive du Trust Fund for Excellence in sports Michael Glover. Peut-on connaître les suites de cette entrevue ?
?Nous avons eu une rencontre très positive. Il est fort probable que la FIB s?associe à la fondation pour lancer le badminton dans les écoles. C?est une brillante initiative de la part de cette institution. Je pense que l?Association mauricienne de badminton (AMB) devrait également s?investir dans ce projet. Vous avez des entraîneurs capables pour relever le défi. Au niveau de la fédération internationale nous pourrons aider sur le plan technique et aussi à trouver des sponsors.
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