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« Football ki direction ? »

10 février 2007, 20:00

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Il y a quelques semaines, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) organisait un débat sur le football. Louable initiative sans doute mais qui, hélas, nous avait laissés sur notre faim. « Football ki direction ? » était le titre de l?émission mais à bien regarder, c?est l?émission elle-même qui n?avait aucune direction car journalistes, invités et autres se sont retrouvés dans un véritable méli-mélo en raison de l?absence totale d?un fil conducteur.

En effet, tantôt on parlait du passé, tantôt du futur avec pour résultat que cette émission n?avait ni queue ni tête. On avait l?impression que tout le monde tournait en rond, et essayait tant bien que mal de placer un mot par-ci, un mot par-là sans avoir réellement la chance de développer ses idées. À chaque fois que quelqu?un tentait d?aller plus loin dans son exposé, il était coupé court car le « temps faisait cruellement défaut ».

L?émission était si mal faite, les intervenants si mal choisis qu?au bout du compte et ce, après plusieurs heures de discussions, on est arrivé à la conclusion que l?avenir du football se trouve dans son passé. Le cri unanime a été qu?il faut recommunaliser le football. L?un des intervenants allant même jusqu?à faire affront à tous ceux qui regardaient l?émission en disant que chaque Mauricien a un fort taux de communalisme en lui. Le pauvre, visiblement il se trompe d?époque. Il ne faut pas prendre son cas pour une généralité.

Il n?a pas été facile d?éradiquer le communalisme dans le football. Cette nouvelle donne a pris du temps pour faire son petit bonhomme de chemin et il serait vraiment dommage qu?aujourd?hui, d?un simple trait de plume, on permet à ce monstre à plusieurs têtes de renaître de ses cendres.

C?est de l?irresponsabilité pure et simple. Qu?on ne cherche pas la facilité ! Ce qu?il nous faut c?est une structure, des hommes de bonne volonté, animés de bonnes intentions, un plan de relance, digne de ce nom, fait pour répondre aux besoins footballistiques et non politiques.

Il faut donner au football non seulement tous les moyens dont il a besoin pour se relever mais aussi tout notre soutien.

Toutefois, si les autorités veulent vraiment redonner vie au football et aux autres disciplines qui sont toutes sur la pente descendante, il faut impérativement penser à un plan à long terme et faire de l?éducation physique un sujet obligatoire dès le primaire.

Comment veut-on construire une nation sportive ou à la rigueur former des sportifs sans qu?on inculque l?éducation physique à nos enfants dès leur plus jeune âge ? On ne devient pas footballeur, volleyeur ou basketteur du jour au lendemain. C?est un travail de longue haleine qui demande, beaucoup, de sacrifices que ce soit de la part des pratiquants, des autorités, des dirigeants ou des parents.

Au lieu de s?occuper de l?élite ? si on peut appeler ça élite ?, il faut avant tout investir dans la base et, ici, il ne s?agit pas uniquement des écoles de football. Il faut descendre encore plus bas et organiser de façon très professionnelle des tournois pour les plus petits qui, du coup, prendront goût non seulement à la discipline mais aussi à la compétition. Il faut revaloriser les petits clubs régionaux en leur donnant les moyens pour se rencontrer régulièrement sur des terrains. Les différents championnats intercollèges exigent un lifting radical afin de servir de pépinière aux équipes.

La régionalisation n?a pas porté les résultats escomptés pour la simple et bonne raison qu?on ne lui a pas donné les moyens et la chance de réussir. Au lieu de faciliter le changement, les autorités ont imposé plusieurs contraintes aux équipes et aux joueurs. À tel point que les dirigeants ont eu à trouver toutes sortes de solutions pour contourner les paramètres imposés. Par hasard, avez-vous déjà entendu parler d?un quelconque texte de loi dans le football anglais ou français ?

La régionalisation ne veut pas dire qu?on doit défendre uniquement les couleurs de Beau Bassin-Rose-Hill, de Port-Louis ou de Rivière-Noire.

On peut aussi avoir des clubs bien structurés, avec des noms qui n?ont rien à faire avec le district où ils se trouvent. Les joueurs doivent être libres de leurs mouvements. C?est aux dirigeants de travailler et d?attirer les meilleurs. On ne peut obliger un excellent élément à jouer, continuellement, pour une équipe médiocre car, alors, on tuera à coup sûr sa motivation. Un bon joueur cherche toujours à gagner des matches et des titres et ce n?est certainement pas en s?associant à une équipe quelconque qu?il parviendra à satisfaire ses ambitions.

Cette semaine, j?ai lu avec attention le plan de relance préconisé par un entraîneur. Hier, il plaidait en faveur d?un retour au passé et aujourd?hui, il sort un plan à quatre axes. Encore une fois, il se trompe grossièrement car ce n?est pas un plan pour l?« élite » qu?il nous faut, mais, de toute évidence, une structure pyramidale, en commençant bien évidemment par la base. Au fait, il ne s?agit pas de sauver l?« élite » actuelle car ici nous avons bien peur que la bataille soit déjà perdue. Notre objectif, c?est de mettre en place un système à la fois audacieux et révolutionnaire qui nous permettrait de sortir une fois pour toutes de l?impasse.

Le football mauricien est gravement malade. Il est dans le coma depuis plusieurs années tout simplement parce que les soins nécessaires ne lui ont jamais été prodigués. Il ne faut pas s?attendre à une solution miracle. Ce n?est ni dans un an, ni dans cinq ans qu?on pourra trouver ne serait-ce qu?une lueur d?espoir au bout du tunnel.

La mission n?est pas impossible. Il suffit d?avoir le courage de commencer là où il le faut et se montrer patient. Ne construisons pas un chateau de cartes, construisons plutôt une forteresse !

<B>Un fana du sport</B>

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