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« Donner une nouvelle saveur à la terre curepipienne »

11 septembre 2004, 20:00

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«La drogue, c’est comme une pieuvre à plusieurs tentacules. Elle attire un jeune puis un autre et le nombre de toxicomanes afflue… Il était urgent de s’activer car ce fléau décime notre société. On ne peut pas rester éternellement les bras croisés » : tel est le cri du cœur des membres de Terre Nouvelle. En participant à des réunions sur la drogue, ces Curepipiens constatent une véritable prolifération de la drogue et de l’alcool parmi les jeunes de Curepipe. « Nous avons réalisé que nous n’étions nous-mêmes pas au courant des véritables méfaits de la drogue. En nous y consacrant, nous avons recueilli un bon nombre de témoignages de jeunes influencés par des amis et qui se laissent prendre dans l’engrenage de l’alcool », explique Clet Adolphe, président de l’association. Ce qui fait fureur en ce moment, ce sont les boissons alcoolisées aromatisées.

Ainsi, le 3 février 2004, a commencé un travail laborieux ! Pendant 12 semaines, 86 volontaires et membres de la future association, suivent une formation – le Demand Reduction Integration Programme (DRIP) – de la Natresa. Cela leur permet de s’informer sur les dangers des drogues et d’être orientés pour l’organisation des campagnes de prévention. Hormis la drogue et l’alcool, plusieurs thèmes ont été abordés dont la cigarette et le travail de terrain effectué par l’Anti Drug and Smuggling Unit.

Après cette formation, Terre Nouvelle prend vie et surtout son appellation. Que symbolise donc cette nouvelle organisation et quels en sont les objectifs ? « Avec Terre Nouvelle, nous voulons déraciner les mauvaises herbes de la drogue », souligne Maryse Harel. Et au président de Terre Nouvelle d’ajouter : « Nous souhaitons donner une nouvelle saveur à la terre curepipienne. Notre objectif est d’apporter notre contribution aux jeunes pour qu’ils aspirent à un avenir meilleur physiquement, émotionnellement et socialement et pour les aider à découvrir les valeurs de vivre au sein de la famille ». L’association est un projet chapeauté par la paroisse de Ste-Thérèse et Raymonde Eynaud, du Centre de Solidarité, qui œuvre pour la réinsertion des toxicomanes.

Clet Adolphe, Maryse Harel, Brigitte Michel, Patricia René, Jocelyne Nohar, et bien d’autres membres de Terre Nouvelle ciblent les jeunes pour mieux les sensibiliser à ce fléau. Beaucoup d’entre eux ne tardent pas à réagir. « Sans les jeunes, nous ne sommes rien. On veut qu’ils s’expriment, qu’ils partagent leurs craintes et leurs opinions », confie notre interlocutrice. Un groupe de jeunes – la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) – vient leur prêter main forte. Le 3 septembre dernier, jeunes et adultes mettent la main à la pâte pour la première campagne de sensibilisation et établissent une nouvelle formule d’approche. « Il faut que les jeunes soient intéressés. Leur déballer une causerie pendant des heures ne va pas les mobiliser. Il faut les conscientiser, oui, mais aussi les encourager à prendre une part plus active. Par exemple, nous avons organisé des chants, des sketchs et une animation, illustrant les méfaits de la drogue. Cela porte davantage à réagir », soutiennent les cinq membres.

Dans le hall du Couvent de Lorette de Curepipe où a lieu cette manifestation, les échanges vont bon train. Les jeunes posent des questions et veulent surtout savoir quelles sont les alternatives à ces fléaux. « Bien souvent, ils sont conscients des risques mais les négligent. Je crois que la drogue découle d’un manque de loisirs mais aussi de la pauvreté. Il faut leur proposer des solutions. Peut-être qu’il faut organiser plus d’activités sportives ou des moments axés sur la détente », déclare notre interlocuteur. Le financement de Terre Nouvelle se fait par une contribution des membres. Dansles mois à venir, une collecte de fonds aura lieu.

<B>Des campagnes intensives</B>

Après la première campagne de prévention, les membres de Terre Nouvelle se penchent déjà sur la prochaine édition. Dans 5 jours, soit le 17 septembre, une conférence aura lieu au Couvent de Lorette de Curepipe vers 18 heures. Les thèmes évoqués seront le gandia et les autres drogues ainsi que le sida. Puis le 8 octobre, une autre manifestation est prévue avec des débats sur la prolifération de l’alcool et les lois relatives aux délits de drogue à la même heure. Un représentant d l’ADSU fera une intervention. Terre Nouvelle se penchera aussi sur la prévention avec le programme Anou Diboute pour nou l’endroit pendant une semaine.

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