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« CT Power moins cher »
L?intéressant article paru dans votre journal en date du 30 mai 2007 sous la plume de MR, ayant pour objectif je suppose d?éclairer l?opinion sur certains aspects du projet CT Power à Pointe-aux-Caves, comporte des inexactitudes et des faits erronés et requiert à mon avis un complément d?information nécessaire à la bonne compréhension du public.
Il est un fait que le projet initial de CT Power comprenait trois tranches de 50 MW. Etant donné la problématique des futures centrales bagasse-charbon qui, pour le CEB, est d?une importance prioritaire dans son programme 2006-2013, le promoteur a ac-cepté de revoir à la baisse la puissance installée, avec la mise en service de deux tranches de 55 MW.
«Development Costs»
En ce qui concerne les development costs, il s?agit de bien comprendre ici ce que regroupe ce terme, et que cet élément fait l?objet actuellement d?une analyse pointue et approfondie par nos consultants (rien n?est encore décidé ni accepté). Vos lecteurs seront surpris et étonnés de savoir que le coût global de la centrale au kW installée est bien inférieur aux coûts mentionnés par les centrales bagasse-charbon des promoteurs locaux et que de toute façon, CT Power s?est engagé depuis son offre initiale à un prix garanti-arrêté plus intéressant que celui mentionné dans le cadre des autres projets qui nous ont été récemment soumis. Aussi, contrairement aux autres offres reçues, l?offre initiale de CT Power nous garantissait un prix very attractive.
<B>«Pre-development Bond»
Quant au Pre-development Bond, il convient de préciser qu?après considération de tous les aspects, le montant a été effectivement fixé par le conseil d?administration à 25 millions de roupies, étant donné que le promoteur est disposé à entrer en partenariat avec le CEB. Pourquoi nous faire payer à nous-mêmes une charge additionnelle et non nécessaire du fait que nous serons partenaires? Il est bon de préciser à la population qu?à ce jour, aucun autre groupe local n?a accepté de s?associer au CEB pour un projet de production d?électricité.
<B>"Requests for Proposal"
Les Requests for Proposal ? Ils ont été franchement décevants dans le passé, d?abord celui de 2002 qui a abouti à la centrale uniquement charbon de CTDS alors qu?il fallait privilégier la bagasse, et même par la suite avec le projet CTSav avec en finale une seule offre effective alors que pas moins de huit candidats avaient acheté les documents d?appel d?offres. Quelle mascarade ! Il n?est par ailleurs pas vrai de dire que tous les précédents appels d?offres avaient été faits au niveau international. Dans le cas de CTDS, l?appel d?offres n?était que sur une base sélective (selon une décision du gouvernement du jour) et seulement trois soumissionnaires furent invités à bid.
Le groupe malaisien, sur lequel s?interroge l?auteur de l?article, est essentiellement un groupe financier disposé à investir 6 milliards de roupies dans un projet à Maurice. L?aspect technique est du ressort de son EPC Contractor et l?opération de la centrale se fera dans le cadre d?un Operation and Mainte-nance Contract tout comme le font nos partenaires de l?industrie su-crière avec un partenaire stratégique (SIDEC).
Il va de soi que le CEB exigera des références du EPC Contractor et ses ingénieurs et consultants prévoient d?aller constater de visu ce qui a été réalisé en Chine et en Malaisie. Il est évident que celui qui investit dans une formule 1 ne confie pas les commandes à un apprenti pilote.
Il est un fait que le CEB a retenu un cabinet d?avocats de réputation internationale pour la partie administrative et légale du Power Purchase Agreement alors que l?EDF a été sollicitée pour les aspects techniques et financiers qu?il maîtrise bien dans le cadre de tels projets. Ces deux consultants ont déjà donné entière satisfaction au CEB dans le passé, et connaissent bien le contexte local. Il faut souligner que l?EDF opère des centrales charbon en France depuis plus de cinquante ans.
La question du transport du charbon a été l?objet d?un Traffic Impact Assessment soumis aux autorités compétentes locales, tout comme l?Environment Impact Assessment actuellement à l?étude. Nous avons confiance dans nos spécialistes locaux pour la considération de ces dossiers.
Pour revenir à l?utilisation de la bagasse, le programme d?expansion du CEB prévoit de doubler la production actuelle (de 300 GWh à 600 GWh) d?ici 2012 en conformité avec son Action Plan. C?est dans cette optique qu?une extension de 15 MW est actuellement en négociation avec Savannah alors que deux projets de 25 MW chacun sont en gestation avec FUEL et Médine. Par conséquent, nous maintenons que quand ces trois centrales seront en opération vers 2010, toute la bagasse disponible sera utilisée avec une efficacité optimale. Mais les besoins futurs d?énergie pour la même période sont de l?ordre de 1 000 GWh au moins, d?où la nécessité d?un complément. Notre choix pour ce complément est dans la technologie bien éprouvée du charbon pulvérisé qui a l?avantage de produire 20 % plus d?énergie par tonne de charbon par rapport à la technologie Spreader Stocker utilisée dans les centrales bagasse-charbon existantes. Il est bon de rappeler au public que ces centrales n?ont jamais trouvé utile de moderniser leurs équipements avec la technologie du charbon pulvérisé.
Sur cette même question, il faut rappeler que la Chine, la troisième puissance spatiale dans le monde depuis 2003, n?a rien à envier à l?Europe dans la fabrication de chaudières à charbon. Ils maîtrisent bien ce créneau et construisent les chaudières opérant à 98 bars depuis les années 70 ! Pour ce qui est des turbines, ils ont développé des équipements en coopération avec les constructeurs prestigieux tels que Siemens et Westinghouse.
Il est à noter que de nouveaux projets industriels sont en gestation depuis peu, et que ces projets nécessitent la mise en place des infrastructures de base nécessaires dans le plus bref délai. La récupération politique par certains de certains points mineurs est tout simplement de mauvais goût et certes antipatriotique. Le souci premier du CEB demeure une desserte sans faille de tous les acteurs économiques du pays au moindre coût et dans les conditions environnementa-les acceptables.
Patrick ASSIRVADEN Président ? Central Electricity Board
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