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« Ce qui est particulier à Maurice, c?est la difficulté à dire non »
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« Ce qui est particulier à Maurice, c?est la difficulté à dire non »
Vous serez à Maurice pour animer des séminaires sur la gestion du stress et le plaisir de vi-vre. Cela fait un moment qu?on parle de ce mal, et pourtant on reste stressé. Pourquoi ?
C?est parce qu?on ne met pas en application tout ce qu?on préconise pour guérir du stress. On ne fait pas de la prévention une priorité. On nous apprend, quand on est enfant, à nous brosser les dents, à faire notre toilette, à nous occuper de notre hygiène corporelle, mais il y a aussi une hygiène mentale à maintenir. De même, on a plus tendance à traiter les symptômes des maux de têtes et de dos, mais pas la cause première, qui est souvent le stress.
C?est vrai aussi que la vie est plus stressante aujourd?hui, il y a plus de compétitivité au sein de l?entreprise, etc. Mais il n?empêche que, malgré le surplus de travail, si on est bien encadré, s?il y a le bon système de communication à tous les niveaux, on peut s?en sortir. Il ne suffit pas de se dire stressé, il faut oser mettre en pratique les techniques anti-stress pour gérer et éviter les tensions quand c?est possible.
Vous connaissez bien Maurice, quel est votre état des lieux de la situation ? Est-ce qu?on est moins stressés qu?en Europe par exemple ?
La situation est la même partout. On croit à tort que quand on vit dans une île, c?est le farniente tous les jours. En fait, la pression familiale pèse souvent lourd, et c?est d?ailleurs le constat d?une étude entreprise chez vous concernant les tentatives de suicide. Et selon certaines études, il y a plus de suicides dans les îles, sans doute à cause de l?insularité et de l?enfermement. Ce qui est particulier aussi à Maurice, c?est la difficulté à dire non. C?est presque culturel. On n?ose pas dire non même quand on ne veut ou qu?on ne peut pas faire quelque chose. Résultat : on se retrouve en porte-à-faux.
Le travail est le lieu où l?on passe le plus de temps, et il est souvent perçu comme un lieu de supplice. De même, souvent les gens n?arrivent pas à se déconnecter du bureau, même à la maison. Y a-t-il une solution ?
Il est faux de dire qu?on peut avoir un problème chez soi et le laisser derrière une fois qu?on franchit la porte du bureau et vice versa. Mon livre est précisément écrit pour ceux qui n?y arrivent pas. D?abord, nous avons une responsabilité personnelle. Nous devons introduire dans notre vie des techniques pour gérer le stress, comme le cri du lion (voir encadré).
Il y a tout le côté communication avec ses collègues et ses chefs à améliorer. Nous ne pouvons pas prétendre nous détresser en faisant une pause café ou cigarette avec les collègues et en ruminant des problèmes avec eux. J?ai d?ailleurs joint un CD de relaxation à mon livre. On peut l?écouter pendant dix minutes au bureau et se relaxer profondément.
Les entreprises ont une responsabilité et dans certains pays, on est conscient que l?absentéisme et le man-que d?innovation découlent du stress et on s?en occupe sérieusement. En Inde, on a introduit des séances de rire dans les entreprises et c?est un anti-stress extraordinaire. Au Japon, le punching ball dans les entreprises aide à extirper sa colère.
En gros, que proposez-vous, dans votre livre, pour venir à bout du stress et retrouver le plaisir de vivre ?
Mieux communiquer, entre autres. 85 % de notre stress vient du fait que nous ne savons pas le faire. On doit être conscient de ce qu?on dit et de notre façon de l?exprimer. Cela implique de transmettre un message le mieux possible et d?é-couter vraiment ce que l?autre a à dire. Il faut éviter par exemple, les questions perverses, l?ironie, les jugements de valeur.
Mieux vaut dire les choses con-crètement, et de manière transparente. Comme le psychologue Jacques Salomé, je suis convaincue qu?on devrait, dès l?école, appren-dre aux enfants à se détendre et à communiquer, avant même qu?ils ne rencontrent le stress.
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