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« Aux politiques de décider s?il faut une loi anti-transfuges »
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« Aux politiques de décider s?il faut une loi anti-transfuges »
Vous venez d?un milieu proche du PMSD. Pourquoi avez-vous adhéré d?abord au Mouvement militant mauricien ?
C?est un fait que je viens d?une famille qui a dans le temps soutenu le PMSD. Mon oncle Cyril a même été député. Après le décès de sir Gaëtan Duval, son frère Hervé m?avait approché pour m?inviter à me joindre au parti, mais comme le PMSD était secoué par un différend entre Hervé et Xavier, j?ai préféré rester à l?écart.
Qui vous a poussé à entrer au MMM et pourquoi ?
C?est à l?invitation de mon ami Motee Ramdass. Je me sens néanmoins bien plus porté vers le travail social. J?ai commencé au sein du MMM parce que c?est un parti structuré avec une certaine discipline et avec à sa tête quelqu?un pour qui j?éprouve du respect.
Pourquoi avez-vous claqué la porte ?
Parce que la direction ne m?a pas donné la possibilité de m?expliquer par rapport à un différend avec mon colistier Sunil Dowarkassing.
À propos de quoi ?
C?est du passé et je ne souhaite pas m?y attarder. Disons tout simplement que je n?ai pas apprécié son mode de fonctionnement sur le terrain.
À quand remonte votre différend ?
À plusieurs années, mais c?était devenu intenable durant la campagne législative. Lorsque j?ai porté l?affaire à l?attention de la direction de mon parti, on ne m?a pas donné la possibilité de m?expliquer et on a donné raison à Sunil Dowarkassing.
Pourquoi avoir attendu les élections pour vous décider ?
Je pensais en mon âme et conscience que j?avais un devoir envers le parti et les militants. Je voulais démissionner du parti dès le lendemain du scrutin pour siéger en indépendant. Plusieurs dirigeants du parti me l?ont déconseillé. La situation devenait de plus en plus difficile et je n?avais plus le droit à la parole. Puis Maurice Allet m?a approché. Je me suis alors dit mieux vaut habiter ene ti la caze tole même si li coule, ki reste dans ene grand la caze cotte pas ena liberté de parole. Cela dit, je tiens néanmoins à dire que je conserve toute mon estime pour les militants.
« Que je sois au gouvernement ou dans l?opposition, je reste le député de tous. »
Pourquoi avez-vous quitté un parti de l?opposition pour un autre parti qui était alors de l?opposition ?
Parce que les gens m?auraient alors traité de transfuge. C?est pourtant le qualificatif que certains vous donnent actuellement? Actuellement, c?est tout à fait différent. C?est le parti auquel j?appartiens qui a choisi de rallier la majorité gouvernementale et ce n?est pas nouveau. D?autres l?ont fait dans le passé.
Que répondez-vous à ceux qui vous demandent de démissionner pour donner la parole à vos mandants ?
Je pense que la conjoncture économique ne s?y prête pas. Le pays traverse une mauvaise passe et je ne suis pas disposé à provoquer une élection partielle qui coûterait au bas mot Rs 40 millions au pays. Ma présence au sein de la majorité ne remet nullement en cause ma responsabilité envers ceux qui ont voté pour moi. Que je sois au gouvernement ou dans l?opposition, je reste le député de tous.
Que pensez-vous d?une loi anti-transfuge ?
Je pense que c?est aux responsables de partis politiques de venir avec une telle loi. On en parle depuis de nombreuses années, mais à ce jour, il n?y a rien eu.
D?aucuns prétendent que votre décision de vous joindre à la majorité avait pour but de piéger le leader du MMM. Vos commentaires ?
Nullement.
Pourquoi maintenant ?
Parce que la situation au sein de l?opposition était devenue malsaine et le PMSD ne voulait surtout pas se mêler à cette guerre.
Et votre leader et celui de l?Alliance sociale persistent à dire que le PMSD a rallié la majorité sans aucune condition. Si tel est le cas, pourquoi l?avez-vous fait ?
Nous n?avons réclamé aucune condition, ou devrions-nous dire aucun avantage personnel. Par contre nous avons l?intime conviction que notre présence au gouvernement va aider à améliorer le climat de confiance entre l?hôtel du gouvernement et les investisseurs. Tout le monde sait que le PMSD a toujours prôné la libre entreprise. Notre souci c?est de créer le climat propice à la création d?emplois.
Est-ce à dire que le PMSD est demeuré le représentant exclusif du gros capital ?
Pas du tout. Quand je parle d?investisseurs, j?inclus à la fois les gros investisseurs et l?investisseur moyen, celui qui aspire à lancer une petite entreprise. Et quand je parle de création d?emplois, j?entends aussi et surtout des emplois PME.
Mais l?État accorde déjà de nombreuses facilités aux PME.
J?en conviens, mais mon penchant pour le social me pousse à réclamer l?implantation de zones planifiées pour les PME comme cela se fait à la Réunion et en Afrique du Sud. Je pense qu?il y a lieu de créer de telles zones pour regrouper le petit menuisier, le petit soudeur et le petit artisan qui pour l?instant opèrent dans l?arrière-cour et qui souhaiteraient agrandir leur business et offrir de l?emploi à un plus grand nombre de personnes.
Malgré toutes les incitations accordées aux investisseurs, on a le sentiment que la relance tarde à venir?
Nous pensons qu?il faut tout faire pour encourager les gens à investir et c?est à cela que nous comptons nous atteler. Il y va de l?avenir de tous. C?est pourquoi nous avons décidé d?apporter notre soutien au gouvernement plutôt que de perdre du temps dans des querelles inutiles au sein de l?opposition.
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