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« Aedes albopictus », qui es-tu ?

20 août 2006, 00:00

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Sur tous les continents, on réclame la tête de l?Aedes albopictus. C?est l?ennemi public numéro un, le fléau dont il faut se débarrasser coûte que coûte. Voici un moustique auquel l?on a consacré environ 281 000 sites sur Internet.

Et pour cause, l?Aedes albopictus peut inoculer, en zone tropicale, une trentaine de virus, propageant ainsi le chikungunya, le virus du Nil occidental, l?encéphalite de St-Louis, ou encore la dengue.

Dans un article paru la semaine dernière, Frédéric Lewino spécialiste animalier et grand reporter au Point, fait la lumière sur ce moustique d?apparence plutôt insignifiante. Le reporter décrypte son comportement et, fait intéressant, explique de quelle manière l?insecte inocule le virus.

C?est la femelle qui se délecte

Identifiable par son corps noir aux zébrures blanches et ses grandes pattes d?araignée, l?insecte se nourrit du nectar des fleurs et possède deux antennes plumeuses. L?auteur explique que c?est la femelle qui se délecte du sang de mammifère ou d?oiseau lorsqu?elle est fécondée. Elle y trouve en effet les protéines nécessaires au développement de sa couvée.

Et Madame albopictus attaque de préférence à l?aube ou au crépuscule.

Sa proie repérée, le femelle moustique perce la peau avec sa trompe acérée. Elle injecte une salive anesthésiante à sa victime pour qu?elle ne ressente aucune douleur. La propagation du virus, poursuit le reporter, ne se fait pas par la trompe souillée par le sang. En fait c?est beaucoup plus complexe que cela.

La trompe de l?insecte possède deux canaux, l?un pour injecter la salive et l?autre pour pomper le sang. Le virus passe donc plusieurs jours dans le corps du moustique avant de passer d?une personne à une autre. Pendant ce temps, le virus en profite pour se multiplier.

Le virus présent dans le sang atterrit ensuite dans l?estomac de l?insecte. Il lui faut absolument s?en échapper s?il veut éviter d?être digéré. Il trouvera la sortie en passant par la paroi stomacale. Les virus qui en sont capables sont rares. C?est pour cette raison que l?Aedes albopictus ne transmet pas toutes les maladies virales.

Mme moustique est maintenant prête à mettre au monde une soixantaine d??ufs. En une semaine elle en pondra entre 150 à 400. Les gîtes ne manquent pas. Un pneu usagé, le tronc d?un arbre, une boîte de conserve, la maman n?est pas regardante. Pourvu qu?il y ait suffisamment d?eau pour que les ?ufs puissent se transformer en larves. Après cinq à dix jours, ces larves passent à l?état de nymphes d?où émergeront des moustiques adultes après deux jours.

Le succès de son expansion

Le succès de l?expansion du moustique tient au choix de ses gîtes. Le transport ou le stockage de vieux pneus dans lesquels de l?eau stagne toujours lui sert de véhicule principal. On pense que c?est de cette manière qu?il est parvenu à Houston, aux États-Unis, d?où il a conquis une majeure partie du continent américain.

En Europe, il est présent sur une grande partie de l?Italie depuis le début des années 1990. Il a même été repéré en Suisse et en Belgique. En France, il a réussi depuis 2005, à s?établir sur la côte des Alpes maritimes. Notre moustique a donc conquis l?Afrique, l?Australie et l?Europe.

Agressif, l?Aedes albopictus est aussi très tenace. Il est dès lors difficile d?en venir à bout. Si on arrive à exterminer des milliers d?individus, il en restera toujours quelques-uns pour nous mener la vie dure. Ils résistent aux insecticides, selon certains scientifiques, et donnent naissance à une nouvelle population.

Chik attack

Nous avons décidé de lancer une nouvelle rubrique pour contribuer à la lutte contre le chikungunya. Nous publierons chaque dimanche la photo d?un gîte potentiel pour l?Aedes albopictus. L?insalubrité fait le nid du moustique et il est temps pour chacun de nous de réagir. Nous invitions nos lecteurs, dans un souci de salubrité publique, à nous envoyer des photos sur l?adresse électronique [email protected] en mentionnant le lieu où la photo a été prise.

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