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Zimbabwe : l?impasse s?accentue, les voisins s?inquiètent

11 avril 2008, 00:00

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L?impasse électorale au Zimbabwe s?est encore accentuée ces derniers jours, ce qui fait craindre un basculement dans la violence et a incité les pays voisins à se mobiliser pour un règlement rapide de la crise.

Le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a affirmé que les décomptes de l?élection présidentielle du 29 mars effectués par le parti au pouvoir (Zanu-PF) montraient qu?il faudrait un second tour de scrutin pour départager le président Robert Mugabe de son challenger de l?opposition Morgan Tsvangirai. «Le résultat total montre qu?aucun candidat n?a réussi à obtenir les suffrages requis par la loi pour éviter un second tour», a-t-il dit.

Il a ajouté que la commission électorale avait ordonné un nouveau décompte des suffrages dans cinq circonscriptions dans le cadre des législatives, qui se sont aussi tenues le 29 mars et ont été officiellement remportées par le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), le principal parti d?opposition. Le MDC, qui estime que son chef de file Tsvangirai l?a emporté dès le premier tour de la présidentielle, rejette à la fois l?idée d?un second tour et celle d?un nouveau décompte.

Il a déposé un recours devant la justice pour obtenir la publication immédiate des résultats de la présidentielle, une requête qui sera examinée lundi par la Haute Cour.

Un avocat de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a cependant prévenu qu?il serait «dangereux» que la Haute Cour ordonne la publication des résultats comme l?a réclamé le MDC. «Il serait dangereux à mon sens de donner un ordre parce qu?il se pourrait qu?il ne soit pas respecté (...) en raison de contingences extérieures que la partie (ZEC) ne sera pas en mesure de contrôler», a expliqué devant la Haute Cour George Chikumbirike, l?un des avocats de la ZEC.

Il n?a pas donné de précisions mais a paru faire allusion à des tensions croissantes liées au blocage politique.

Réunion d?urgence

George Chikumbirike a refusé d?indiquer le délai dans lequel les résultats étaient susceptibles d?être annoncés, faisant valoir que cela relevait des prérogatives de la ZEC et que celle-ci les rendrait publics lorsqu?ils seraient prêts.

Pour sortir de l?impasse, la Zambie a demandé avant-hier aux pays d?Afrique australe de consacrer une réunion d?urgence à la situation au Zimbabwe.

Le président zambien Levy Manawasa, qui préside la Communauté pour le développement de l?Afrique australe (SADC), a estimé à Lusaka que la crise exigeait des efforts concertés de tous les pays de la région afin de trouver une solution. C?est la première fois que les voisins du Zimbabwe interviennent depuis les élections du 29 mars.

A Bruxelles, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, s?est dit «très préoccupé» et a lancé un appel en faveur d?une phase de transition sans heurts.

Barroso a engagé les pays de la région à favoriser le processus de transition, ajoutant que l?UE et le reste de la communauté internationale étaient prêts à aider les Zimbabwéens à sortir de l?extrême pauvreté où ils se trouvent.

Jacob Zuma, chef du parti au pouvoir en Afrique du Sud, s?était joint auparavant aux voix de plus en plus nombreuses qui réclament un dénouement de la crise. Le troisième candidat à la présidence du Zimbabwe, l?ancien ministre Simba Makoni, a aussi demandé un règlement rapide.

Muchena ZIGOMO

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