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Yves L?Onflé ou le Salut par la Beauté sur toiles
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Yves L?Onflé ou le Salut par la Beauté sur toiles
Nous avons jusqu?au dimanche 19 octobre pour prendre le temps d?une halte, et répondre à la question : un surcroît de présence esthétique dans notre quotidien peut-il nous permettre de mieux conserver l?espoir d?un monde plus fraternel, plus beau, nous permettre de garder la tête hors de la laideur environnante, pouvant à tout moment nous asphyxier, nous entraîner dans une désespérance sans fond ?
Yves L?Onflé sait ce qu?il convient de faire en cas d?enlisement dans des sables mouvants. Il sait devoir laisser passer l?orage, comme la tempête de sable. Il étend donc, l?Homme, l?Adam, prototype d?Humanité, dans sa nudité originelle, ou encore notre paille en queue emblématique. Il les couche sur lit de feuilles mortes ou de bulbes de pesanteur. Il leur permet de s?étendre tout leur long, tout leur large même, de déployer ailes, pour offrir la résistance maximale à l?attraction de la pesanteur.
Homme ou oiseau planeur, fort de toute l?espérance de jours meilleurs qui bouillonne en eux et qui les incite à dire « non » à tout ce qui détruit l?Homme, à tout ce qui abîme l?Homme.
Yves L?Onflé sait trouver les couleurs les plus nobles pour peindre ce combat de l?Homme contre le Mal. Il jette son dévolu sur le bleu nuit, avec juste ce qu?il faut de nuance éclairée pour vaincre le Néant et nous permettre d?apercevoir la lueur d?espoir du courage retrouvé. Bleu nuit, bleu profond comme le bleu illuminant les plus beaux vitraux de Chartes ou encore la belle rosace de Notre-Dame à Paris.
Il n?y a pas que la couleur. Il y a aussi le traitement auquel le soumet un Yves L?Onflé, n?arrêtant jamais de chercher, d?explorer de nouvelles voies esthétiques, de peaufiner encore ses précédentes réussites. Du coup, il se hausse au niveau des plus grands, d?un Mondrian par exemple, ou encore d?un Cézanne de la Montagne Sainte-Victoire, d?un Van Gogh de l?Eglise d?Auvers-sur-Oise. A travers
un jeu de taches colorées, feuilles mortes ou flammes vives, il parvient à donner une part d?illumination à nos ténèbres.
Refléter la beauté infinitésimale des êtres nous entourant
Il excelle dans l?art de donner du relief à de grands élans esthétiques. Après le lancement de la trame fondamentale, il trouve la patience pour ciseler le moindre trait de création qui permet à son ?uvre de refléter la beauté infinitésimale et parfois microscopique des êtres et des choses nous entourant. Ses enfants, superbement africains, dansent de joie devant un Soleil les irradiant, grâce à un rayonnement, fait de mille filaments de jade, alignés ou contorsionnés, les uns à côté des autres.
La ville regarde le monde autant que ce dernier la regarde. Monde décomposé en petits carreaux, à l?image d?une ville que subdivise les milles espaces rectangulaires de chacun des milles immeubles la composant. Le tout baignant dans cette lumière bleuâtre dont il possède le secret.
L?Onflé utilise aussi une résine incolore, donnant de la profondeur à certaines de ses toiles, qui sont autant sculptées que simplement peintes. Cette résine lui permet de donner à certaines toiles (Danse avec les dauphins, par exemple) la consistance d?une céramique.
L?exposition d?Yves L?Onflé reste ouverte jusqu?au 19 octobre au centre culturel de Tamarin, se trouvant près du débarcadère. Profitons de cette aubaine. Une vingtaine de tableaux que nous devons interroger jusqu?à pouvoir comprendre le message qu?il nous prodigue. Avant, hélas, l?inévitable dispersion de ces chefs-d??uvre, ayant pour la plupart déjà trouvé acquéreurs. Hier Marco au Caudan, ce mois-ci L?Onflé, dans l?ancienne coopérative de pêche... Tamarin devient-il un haut lieu de la peinture mauricienne ? Si oui, réjouissons-nous ! Faut-il encore savoir profiter de la chance de ces rendez-vous artistiques...
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