Publicité
Yannick Lincoln, un vélo en or
En enfer en 2004 alors qu?il avait fait du Tour de Maurice son objectif principal de la saison, Yannick Lincoln, l?espoir du cyclisme mauricien, fit sien le maillot jaune en 2005.
Mais que ça a été dur. Le plus dur, en fait, n?a pas été cette saison 2005 qui lui a pour le moins bien réussi. Mais pour se retrouver après l?échec de 2004, il lui a fallu trouver des ressources mentales.
Tour 2004. Lors de cette deuxième étape remontant la nationale de Plaine-Magnien vers Curepipe, c?était le vide total. La grosse galère. Les jambes ne répondaient plus, le visage crispé par la douleur et la respiration saccadée. Yannick cherche plus de l?air qu?autre chose. Il est à bout. Le maillot jaune craque et abandonne.
2005, une nouvelle année. Un nouveau Yannick Lincoln. Après avoir fait une partie de la saison en France sous les couleurs du GS Blagnac, l?aîné des Lincoln retourne sur ses terres. Il écrase alors la concurrence avec ses lieutenants du Vélo Club des Jeunes de Curepipe, dont son jeune frère Christophe, Philippe Colin, Loic Mamet, Cédric Bathfield et Arnaud de Comarmond.
Avant de s?attaquer au Tour de Maurice, il se refait les jambes à l?Étoile de l?océan Indien à la Réunion. Il prend une deuxième place sur une étape et finit 9e au général à près de cinq minutes du vainqueur, Mike Ferrère.
Tour 2005. Son heure de gloire était enfin arrivé. Ce dimanche 4 septembre, Yannick Lincoln franchit la ligne d?arrivée devant le Plaza à Rose-Hill avec le maillot jaune sur le dos. Il avait réussi son pari. Mais que c?était dur.
Après avoir pris le jaune à l?issue du prologue et assuré, sur le fil, la défense de ce maillot lors de la première étape, Yannick Lincoln se fit une grosse frayeur sur la deuxième étape. Il croyait même que le scénario de 2004 allait se répéter.
Sorti de nulle part, le Sud-Africain Chris Froome se mit dans un rythme fou pour reprendre les échappés à la montée Gaston avant de filer tout droit vers l?arrivée. Yannick Lincoln accusa le coup et perdait en même temps le jaune au profit de ce longiligne Sud-Africain.
La reconquête du jaune se fit à deux, voire à trois. Aidé de Sébastien Hacques et de Thomas Desvaux, premier Mauricien au classement alors, Yannick Lincoln attaqua, à la surprise générale, presqu?au kilomètre zéro. La route fut longue et pénible. Repris par un groupe de costauds puis échappé à nouveau, Yannick Lincoln aura un sérieux coup de pouce de son frère, Christophe, et du Sud-Africain de la Quick Step, Gary Flint, pour reconquérir le jaune. Le plus difficile était fait.
Le lendemain à Rose-Hill, Yannick Lincoln devenait le troisième Mauricien à remporter le Tour de Maurice après Eric Pitchen et Patrick Haberland. Son frère, Christophe, prit une incroyable deuxième place. La boucle était bouclée.
Publicité
Publicité
Les plus récents