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NADC

La décriminalisation des drogues devrait être recommandée

7 septembre 2026, 15:00

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La décriminalisation des drogues devrait être recommandée

■ Le rapport est le résultat des travaux d’un groupe de 12 experts, constitué par la NADC et présidé par son CEO.

Le rapport sur la politique nationale en matière de drogues est enfin prêt. Selon nos informations, il devrait être remis au Premier ministre cette semaine. Tout porte à croire que le document préconisera une décriminalisation des drogues, ouvrant ainsi un débat majeur sur l’approche adoptée jusqu’ici à Maurice face aux consommateurs.

Le rapport est le résultat des travaux d’un technical working group de 12 experts, constitué par la National Agency for Drug Control (NADC) et présidé par son Chief Executive Officer (CEO), Kunal Naik. Il ne s’agit donc pas d’un document élaboré directement par la NADC mais d’une compilation des analyses et avis des différents spécialistes réunis au sein de ce groupe.

Parmi eux figurent un sociologue, un anthropologue, un scientifique du Forensic Science Laboratory, un médecin spécialisé dans le traitement des addictions au cannabis délégué par le ministère de la Santé et un neurologue ainsi que des représentants, du bureau de l’Attorney General, du State Law Office, du parquet et de la National Human Rights Commission. Des représentants des ministères du Tourisme et des Finances et trois organisations non gouvernementales ont également participé aux travaux.

L’un des constats ayant nourri la réflexion concerne la population carcérale. Selon les données examinées par le groupe, environ 80 % des personnes incarcérées pour des délits liés à la drogue le sont pour possession de drogue et non pour trafic. Cette réalité aurait contribué à remettre en question la pertinence de l’approche strictement pénale envers les consommateurs. Chaque expert a été chargé d’évaluer l’impact de la politique actuelle ainsi que les différentes options envisageables.

Le groupe s’est également penché sur les expériences d’autres pays afin d’évaluer les conséquences d’une éventuelle décriminalisation et de déterminer si les systèmes mauriciens de justice, de santé et d’accompagnement social seraient en mesure de s’adapter. Une consultation nationale a parallèlement permis de recueillir l’avis du public. La question de l’acceptabilité sociale de la décriminalisation a ainsi occupé une place importante dans les travaux.

La conclusion du rapport devrait donc aller dans le sens de la décriminalisation, même si les modalités précises et l’étendue de celle-ci ne seront connues qu’à la lecture du document. Une interrogation demeure toutefois : la société mauricienne est-elle prête à une telle évolution de sa politique antidrogue ?

Cette perspective intervient après les propos tenus récemment par Kunal Naik sur une radio privée. Il avait alors évoqué, à titre personnel et sans s’exprimer avec sa casquette de CEO de la NADC, l’idée de décriminaliser toutes les drogues. Une prise de position qui avait provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

La remise du rapport au Premier ministre devrait désormais permettre au gouvernement de prendre connaissance des recommandations issues de cette vaste réflexion. Elle pourrait surtout relancer le débat sur le passage d’une approche principalement répressive à une politique davantage axée sur la santé publique et la prise en charge des consommateurs à Maurice.

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