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Yago, y en a trop

6 août 2007, 00:00

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Littérature et politique, même combat. De mots. Il ne s?agit pas ici de savoir qui aura le dernier. Il ne s?agit pas ici de savoir si l?une doit fuir l?autre comme une pestiférée. Il ne s?agit pas non plus de disserter savamment sur le pouvoir de l?une pour influer sur l?autre. Tant d?autres s?y sont cassé les dents.

Posons simplement qu?il nous semble évident que l?on écrit de la (vraie) littérature qu?en croyant dans une forme d?organisation du pouvoir et de la société. Quelle qu?elle soit.

Avec son Honourable Yago, Vidya Golam ne se contente pas de nous servir du Shakespeare à la sauce rougaille. Certes, il joue sur les mots, fait une allusion à ?minis potsam?, à une estrade qui s?écroule sous les adversaires d?hier aujourd?hui en alliance. Tout en opinant dans la direction d?un personnage qui aurait entre autres caractéristiques : une moustache, un statut de secrétaire général de parti et une ambition dévorante.

Mais quel est son propos ? Ce serait imbécile de croire que cet enseignant qui a passé les vingt dernières années de sa vie à enseigner la littérature en langue anglaise, manque d?imagination au point de traduire une ?uvre qu?il a écrite il y a neuf ans, du créole à l?anglais. Alors qu?est-ce qui le fait courir ?

L?auteur ne joue pas les faux-semblants. Yago y a trop? marre. Partout, tout le temps. Du ?président américain avec toutes ses contradictions?, à la classe politique locale. Vidya Golam est cerné. Sauf qu?il refuse de se rendre. Heureusement. Sa ?mémoire de militant? refuse d?être ?complice de ce qui se passe?.

Lane ale, lane vini, l?enseignant -observateur averti a regardé se jouer la tragicomédie des consultations populaires. Son ?il a exploré les larges avenues du pouvoir, les sentiers du karo kann. Comment en est ressortie sa prose ( pardon, ses vers satiriques) ? Plus acides que jamais. Plus désillusionnée aussi.

C?est là le danger. Ecrire pour dire que tout est mauvais. Qu?il n?y a pas de rédemption possible. La caricature tourne au vinaigre. Restera-t-il des mots pour nous sauver ?

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