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Musique

Véronique Forget, une voix sans frontières

9 septembre 2026, 22:00

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Véronique Forget, une voix sans frontières

La «self-made singer» mauricienne est de retour à la maison après avoir tourné autour du monde. Elle s’auto-produit le 10 octobre au Caudan Arts Centre avec d’anciens et des nouveaux complices de scène. L’occasion de revenir sur sa brillante carrière.

Sa diversité musicale, sa présence sur scène, sa voix, son art de l’interprétation, la durée de sa carrière en font une artiste inégalable. Elle s’est modelée à Maurice au début des années 1980, notamment à l’ouverture du Domaine Les Pailles, en compagnie du regretté Belingo Faro, grand pianiste, et de Linley Marthe, un de nos meilleurs bassistes à l’international. Sa voix ensorcelle d’emblée le public dans des comédies musicales comme Starmania et Les Misérables, que produit Gérard Sullivan. Pour tracer son sillon, elle répond à l’appel du large.

Globe-trotteuse polyglotte

Son premier point de chute sera Dubaï, au Burj-al-Arab (le célèbre gratte-ciel dubaïote en forme de voile). Véronique n’a jamais eu d’agent. Sa renommée s’est faite au bouche-à-oreille sur des notes de jazz et de soul lors de soirées privées où elle brille en tant que freelance.

Au menu musical : Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Aretha Franklin, Roberta Flack, Tina Turner, Sade, Alicia Keys… Un de ses modèles est Barbra Streisand. Elle est aussitôt demandée dans les Émirats voisins, où elle se produit également, mais Dubaï reste son point d’ancrage. Sa réputation grandit.

Notre chanteuse y va au culot, ce qui lui vaut des contrats. Elle y reverra Belingo Faro et, surtout, elle fera des rencontres de haut calibre, comme avec feue Cesária Évora, la reine de la morna du Cap-Vert. Un soir, elle interprète Fragile, de Sting. Au bar, un peu plus tard, elle tombe nez à nez avec… Sting ! Un brin de causette professionnelle.

Pour aller encore plus loin dans sa carrière, elle va ensuite en Europe sans vraiment avoir les contacts nécessaires. En Belgique, ce sont des compatriotes qui la guident. Parfois, elle est seule sur scène, parfois entourée d’un grand orchestre. Elle assure quelques week-ends à Londres avec, pour répertoire, du jazz. Au grand festival annuel de jazz à Marciac, en France, où seules de grosses pointures sont invitées, elle retrouve Linley Marthe à la basse.

Elle avait déjà chanté à Singapour, où on la réclame à nouveau. Véronique reste marquée par de superbes soirées dans des clubs de jazz à Bangkok, où elle chante même en… thaï ! Au total, elle a chanté en au moins 11 langues, dont le russe, le portugais, l’espagnol, l’italien, le chinois… Globe-trotteuse et polyglotte. Excusez du peu.

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Véronique Forget passe parfois pour «a French singer» en raison de sa fidélité aux grands noms de la chanson française. Ce qui lui servira par la suite à San Diego, aux États-Unis, où elle résidera pendant cinq ans. Dans des restaurants, elle chante du Édith Piaf, Serge Gainsbourg, Charles Aznavour, Charles Trenet et même du Joe Dassin. Elle profite de ce long séjour pour agrandir sa palette musicale.

À San Diego, elle célèbre la chanson française, mais elle va aussi s’initier au latino. À Washington, elle s’approprie cette fois le jazz manouche (gitan) à la Django Reinhardt. Sa voix et son ouverture musicale s’avèrent être une éponge. En réalité, avec le temps et la diversité musicale, Véronique Forget pratique la world music.

Rallumer le jazz à la maison

Les départs sont toujours déchirants à chaque longue escale, surtout quand on s’est habitué à une famille, à des amis et à des musiciens. Mais au fond d’ellemême, elle reste fidèle à ses racines.

Ainsi, le 10 octobre, nous aurons droit à un kaléidoscope musical. Elle ne cache pas sa joie de se retrouver avec des musiciens locaux comme les anciens complices Jocelyn Armandine aux claviers, Steve et Patrick Desveaux aux guitares, Djamil Auckbarally à la batterie, mais aussi de nouveaux musiciens comme Vincent Nombro au piano et Samuel Laval au saxophone.

Son fonds de commerce reste le jazz, mais pour ce come-back, elle proposera aussi quelques chansons latino et de jazz manouche. Mais ce n’est pas tout. Notre chanteuse s’est mise à composer. Au Caudan Arts Centre, pour ce concert qu’elle produit elle-même, elle interprétera quelques-unes de ses créations. Une chanson en créole n’est pas à exclure. D’ailleurs, elle souhaite travailler avec des compositeurs et des paroliers locaux dans le but ultime d’enregistrer un album dans un studio local. Elle prend encore du galon, change de dimension, en composant et en se réinstallant dans son île natale.

Une aventure sans cesse renouvelée. Malgré toutes ses pérégrinations, Véronique Forget revient sur scène à Maurice, ce qui nous promet quelques belles soirées en perspective. Welcome back… into the groove.

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