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Y. Fanchette : Investir dans les forces vives par le sport
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Y. Fanchette : Investir dans les forces vives par le sport
L?actualité de notre mois d?août 2006 est incontestablement dominée par les Jeux des jeunes de l?océan Indien et par les championnats d?Afrique d?athlétisme, se déroulant tous deux au Stade Germain-Comarmond, entre Bambous et Petite-Rivière, deux localités, donnant parfois l?image de poches de pauvreté. Les clameurs, saluant les meilleurs athlètes locaux, régionaux et continentaux, les propos pompeux tenus, lors des discours ministériels et officiels, prononcés à cette occasion, nous font-ils penser, avec Yves Fanchette, que la pratique du sport par les masses permet de mesurer la bonne santé physique et morale d?une population donnée et que, investir dans le sport, c?est miser sur ses forces vives ?
C?est du moins les propos que tient, à la mi-août 1981, celui que nous pouvons considérer comme un des meilleurs, sinon le meilleur, de tous nos chroniqueurs sportifs et connaisseurs de la geste et des techniques sportives. Depuis cette mi-août 1981, la forte, mais agréable, personnalité d?Yves Fanchette est connue de l?ensemble de la population mauricienne, en raison de sa contribution décisive car prépondérante au succès des premiers Jeux des îles, se déroulant à Maurice, à la fin d?août 1985. Nul n?oublie que le surmenage, auquel il s?exposa jour et nuit pendant les mois qui précédèrent cette grand-messe de la jeunesse sportive de notre océan Indien, fut telle qu?il finit par mettre ses jours en danger. Lui, qui fut, jour et nuit, à la peine, ne put donc être à l?honneur au moment et de la tenue de l?ouverture de ces 2es Jeux des îles indocéaniques, alors que tant d?autres, n?ayant fait qu?apparition, lors de réunions officielles et autres conférences de presse, prenaient d?assaut le podium d?honneur et les places réservées aux VIP, dans l?espoir que l?on puisse considérer ces mouches du coche, qu?ils sont, comme la cheville ouvrière permettant la réussite exemplaire de ces Jeux. Celle-ci, ayant pu se faire, en dépit de l?alitement forcé de son chef d?orchestre, dit bien combien cette symphonie sportive était réglée par lui comme du papier à musique. Beethoven n?aurait pas fait mieux.
Yves Fanchette eut, depuis, l?occasion, à travers de nombreuses interviews, débats et autres prises de position, de partager ses idées sur la pratique du sport à Maurice, tant au niveau de l?élite qu?à celui des masses et ce, pour notre plus grand profit à tous. Il y eut par la suite d?autres grands rassemblements sportifs, connaissant des réussites comparables à celle des Jeux d?août 1985. Plus ou moins condamné par la Faculté, sinon au repos du moins à des activités réduites, Yves Fanchette ne peut, aujourd?hui, se dévouer autant que par le passé à la mise en pratique de ses convictions sportives. Il contribue cependant, même indirectement, au succès de toutes nos réalisations sportives d?hier, d?aujourd?hui et de demain, pour la bonne raison qu?il a montré à tous et une fois pour toutes, y compris au niveau régional, la voie à suivre pour atteindre toujours la plus grande réussite qui soit. Il a su placer la barre le plus haut possible pour notre île Maurice, assez haut en tout cas pour que tout responsable de la chose sportive, à quelque niveau que ce soit, sache que ne pas pouvoir se hausser au niveau de perfection, imposé par lui, c?est déjà déchoir.
Quand Yves Fanchette rappelle à tous, à la mi-août 1981, qu?investir dans le sport, c?est miser sur nos forces vives, il est surtout connu pour ses chroniques sportives dans la presse locale et surtout pour ses commentaires documentés sur le Tour de France, faisant de lui l?Antoine Blondin mauricien. Il est un des rares Mauriciens à se souvenir que Jean Robic remporte les 21 étapes et les 4 642 kilomètres de la Grande Boucle de 1947, la première après la seconde Guerre mondiale, avec 3mn58s., d?avance sur le Français Fachleitner et 10mn7s. sur l?Italien et meilleur grimpeur Brambilla, que ?le vieux? Gino Bartali remporte, l?année suivante, son deuxième Tour de France à 10 ans d?intervalle, que le Grand Fusil à dû finalement concéder, en 1958, 3mn41s. à l?Ange de la Montagne et céder le trophée du meilleur grimpeur à l?Aigle de Tolède, que le Campionissimo délaissa la Dame Blanche pour la Dame Noire ou vice-versa, que si Stan Ockers, en 1952 est le dauphin du grand Fausto ? qu?il convient aussi de saluer localement ? avec 28mn17s. de retard, Laurent Fignon concède pour huit malheureuses secondes le maillot jaune à Greg Lemond aux Champs-Elysées, en 1989, année du bicentenaire de la Révolution française.
Yves Fanchette est toutefois plus intéressant et surtout plus instructif quand il commente la place du sport de masse dans l?île Maurice de 1981, subissant bien moins que celle de 2006, l?emprise des fléaux sociaux que sont la drogue, le sida, la violence sexuelle et domestique, la pédophilie, la fraude, la corruption, l?éducation d?Etat élitiste, en dépit de la prise du pouvoir par des prétendus socialistes. Mais écoutons plutôt Fanchette.
Le sport est une tranche de vie d?un pays, d?une société. Il est éducation et animation. Nous avons besoin d?une définition de la philosophie sportive. Toute éducation est incomplète si l?on ne dispense que l?instruction. Les pays pauvres ont davantage besoin que les pays riches d?un programme sportif national. La richesse d?un pays est sa jeunesse. Si celle-ci est globalement et adéquatement sportive, plus grande encore est la richesse morale de ce pays. Augmenter le budget du sport des masses c?est diminuer celui de la Santé. Investir dans le sport, c?est aussi investir dans la productivité. L?esprit sportif encourage la sociabilité, l?esprit de tolérance, un plus grand respect de l?Autre. Quoi de plus triste et de plus désespérant qu?un terrain de jeu inoccupé. Le sport commence au primaire. L?esprit sportif s?apprend à l?école. Le sport d?élite coupé de la masse c?est une locomotive ultra-rapide mais sans wagons. Il devient alors inutile et fait plus de tort que de bien. Le sport doit devenir un facteur d?unité. Les rêves d?Yves Fanchette sont-ils devenus notre réalité ?
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