Publicité
Y en a marre de regarder la mer
Le quotidien de plusieurs jeunes au Morne se passe au rythme du repos au bord de la mer, la sieste l?après-midi ou une demi-journée de pêche pour gagner un peu de sous. De quoi faire rêver plus d?un. Toutefois, mener une vie oisive n?est pas agréable surtout quand on est au chômage.
Cet état de chose a assez duré selon les jeunes du village. La plupart d?entre eux ont quitté l?école depuis plusieurs années, mais n?ont pu trouver de l?emploi. Karine Verloppe a terminé brillamment ses études secondaires depuis trois ans. Malgré sa formation en Pitman 1st Diploma lui permettant de travailler dans le secrétariat, elle attend. Vainement. La jeune fille a postulé dans la fonction publique. Elle espère avoir un courrier lui annonçant une bonne nouvelle.
«Les postes vacants sont normalement en ville ou dans des régions développées. Nous trouvons difficilement du travail. C?est très décourageant pour les jeunes qui ont entrepris des études. Je ne sais que faire», dit-elle. Sa journée résume à aider les parents dans le snack familial. De son côté, Sébastien Deize lorgne du côté des hôtels de la région. Ce jeune homme de 22 ans a une formation en électricité et en plomberie. Il a même quelque expérience dans la maintenance. «Travail bien mizer isi. Mo tann dir lotel pe pran dimoun, me nou pa pe gagn travail», regrette-il.
Il faut bien trouver un moyen pour se faire un peu argent de poche. Donovan Melidor, autre jeune chômeur, accompagne les pêcheurs pour se faire un peu d?argent de poche. «Si je ne pars pas à la pêche, j?attends qu?il y ait un petit boulot pour bat-bate.» Le président du village, Enrico Albert, compatit avec ces jeunes chômeurs. «Bien qu?il y ait plusieurs hôtels dans la région de l?ouest, le chômage est une dure réalité au Morne». Il sait que la plupart des employés de ces établissements viennent de régions éloignées.
Pourtant, les jeunes chômeurs estiment qu?ils sont en mesure de travailler dans un de ces hôtels. «Faut-il un grand diplôme pour faire du jardinage ou être apprenti dans une cuisine», disent-ils. Yoann Osman qui a fait jusqu?à la Form IV est amer : «Au fur et à mesure que nous tournons la page, nous voyons la même image.» Il veut tout simplement dire que c?est toujours la même réponse quand il postule pour un emploi.
Cette situation n?exaspère pas seulement les jeunes. Les adultes sont d?avis qu?il faut développer la localité. «Bann zeness enn zourne get lamer. Bann etranzers pe gagn travail dan Moris alor ki bann morisiens pe gob ler. Nepli kapav kontinie», déclare Dario Labeauté, un adulte. Manfraise Ramalingum, conseiller du village propose la construction de villas IRS au Morne comme c?est le cas à Anita où les habitants de la région auront priorité pour l?embauche. Mais il sait que ne sera pas réalisable du jour au lendemain. Alors, que reste-t-il à jeunes : continuer à scruter l?horizon ? En espérant des jours meilleurs.
UN VILLAGE TOURISTIQUE A L?ETUDE
■ Hootesh Ramburn, le directeur de la «National Empowerment Foundation» annonce à «l?express-ouest» que la NEF étudie la possibilité d?aménager un village touristique au Morne dans le cadre d?un plan intégré pour le développement du village. Ce projet fait suite à l?inscription de la montagne au patrimoine mondial. Il faudrait d?abord identifier le site et ensuite réunir les autres organismes responsables du développement du Morne. Il pense que ce village peut aider à résorber le chômage.
Publicité
Publicité
Les plus récents