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Wensheila et Fred, un couple qui décoiffe
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Wensheila et Fred, un couple qui décoiffe
«Lorsque le projet est honnête. Lorsqu?on fait son travail avec sérieux et pas dans l?à-peu-près. Ça ne peut que marcher. » Partant de ce principe, Fred Cusin, le photographe Suisse qui vit à Maurice, avance à grands pas. « Après mon SC, ma famille a voulu me convaincre que j?avais trop de potentiel pour n?être que coiffeuse. Mais je savais exactement ce que je voulais faire », explique de son côté la coiffeuse Wensheila Cusin, qui pour rien au monde ne voulait perdre de vue son rêve.
Qui sont les deux têtes fortes derrière ces philosophies ? Lui, c?est Fred, un homme aux talents pluriels. Il a fait de la radio, il fait parfois de l?animation dans les supermarchés. Mais son métier est celui de photographe freelance, avant tout, et il travaille seul à son propre compte dans sa boîte Photopirate. Elle, c?est Wensheila qui personnifie la force tranquille. Derrière sa frimousse gracile, son regard effervescent, il y a une certaine rigueur. Elle a ouvert il y a deux ans son salon, Euro coiffure, à Mahébourg et y travaille seule.
Ces deux-là se sont rencontrés à travers des amis, se sont aimés et se sont mariés. Pourtant, quand Fred vient passer des vacances à Maurice en 2001 à l?invitation d?un ami, il le prévient. Pas question qu?on le marie à une Mauricienne. Finalement, il ne résistera pas à Wensheila. Ses vacances finies, les tourtereaux restent en contact pendant dix mois par voie de correspondance.
En août 2002, Fred reçoit une proposition pour gérer une boat house à l?ex-Croix du Sud. Il remet le cap sur Maurice, mais à défaut d?un permis de travail, il retourne en Suisse. Cette fois, c?est Wensheila qui le suit dans son pays.
En 2003, le couple décide de s?installer définitivement à Maurice. Fred apprend alors par une annonce à travers Internet qu?on recherche un photographe ici pour travailler sur un catamaran. Il postule, il est recruté.
Leurs parcours à tous deux sont parsemés de hauts et de bas. Fred avait été photographe dans l?armée Suisse, et c?est ainsi qu?il a décidé de suivre le filon de photographe sur catamaran. Mais notre homme en a eu marre après un certain temps. « Je me sentais mal de harceler des clients de l?îlot-Gabriel, de les baratiner pour qu?ils achètent les photos que j?avais prises d?eux. Je ne faisais pas mon travail avec plaisir », explique-t-il.
« Les challenges ne me font pas peur »
Il décide donc de tout arrêter pour se consacrer au rêve de Wensheila : ouvrir un salon. Les deux louent un emplacement encore en construction. Fred suivra les travaux jusqu?au bout et aidera même Wensheila à se faire une clientèle, avant de se consacrer à sa propre carrière.
Tout commence réellement pour lui par une commande de reproductions de photos des tableaux d?un artiste-peintre suisse basé à Maurice. Il s?aménage alors un studio, fait plusieurs essais au niveau des couleurs, et finit au bout du compte à satisfaire l?exigence de son client. À partir de là, Fred ne s?arrête plus. Sa réputation se construit grâce au bouche-à-oreille.
Dans sa vieille voiture, il sillonne l?île et les hôtels à la recherche de contrats.
Il frappe aux portes des boutiques pour leur proposer de faire leurs photos, il lance un site Internet (www.photopirate.com) à travers lequel il se fait de plus en plus connaître. « Les challenges ne me font pas peur. Je me débrouille toujours pour réussir », affirme-t-il.
Et puis, il fait son métier avec amour, il aime qu?après un shooting, les gens lui disent qu?ils se sont éclatés. « C?est important d?avoir un briefing avant les séances de photo, que les gens se sentent à l?aise, c?est ainsi qu?on peut ensuite construire quelque chose de beau. » Certes, cela se voit dans ses photos, surtout dans ses portraits où les expressions sont parlantes, mais aussi dans ses clichés de mariages qui sortent de l?ordinaire. Ses photos sont empreintes d?émotions, ne serait-ce que dans le regard des photographiés.
Pendant que Fred balade son appareil photo, Wensheila coupe, coiffe, lisse, tresse, mais il ne s?agit pas seulement de ça. « Le coiffeur est aussi un confident, j?aime bien écouter mes clients, on partage des choses. » Pas de file chez elle, le service est personnalisé. Son salon marche comme sur des roulettes.
Pourtant, quand il y a quelques années de cela Wensheila termine son SC et annonce que c?est dans la coiffure qu?elle veut se lancer, cette nouvelle? décoiffe sa famille. Mais la jeune femme persévère. Trois fois par semaine, de Bambous-Virieux, elle va prendre des cours de coiffure à Rose-Hill. Chez elle, sur la terrasse, elle aménage un salon : un miroir posé sur une caisse en bois décoré d?un paréo. Elle est sollicitée même très tard, car en même temps, elle est embauchée dans un salon à Bel-Air-Rivière-Sèche.
Intuition et courage
Ses cours terminés, Wensheila décroche un poste de coiffeuse à l?hôtel Saint Géran. « C?était enrichissant. J?ai eu affaire à des stars, mais je n?en pouvais plus avec les horaires. » C?est ainsi qu?elle décide d?avoir son propre salon et choisit Mahébourg comme lieu d?emplacement. En janvier 2005, son bébé voit le jour, elle l?appelle Euro coiffure. Grâce au bouche-à-oreille aussi, elle se fait sa clientèle, surtout des expatriés de l?association des femmes de pilotes. Wensheila ne travaille que sur rendez-vous. Mais elle devrait bientôt ralentir le rythme, car un autre bébé l?attend, un petit être cette fois.
Fred et Wensheila sont heureux, car ils ont suivi leur intuition. Ils ont forgé leur présent. Ils ont eu le courage d?effacer et de recommencer plein de choses. Ils ont galéré pendant un certain temps, mais ce qui compte pour eux aujourd?hui, c?est de pouvoir voler de leurs propres ailes en toute honnêteté. Être des professionnels dans leur domaine, c?est leur leitmotiv.
« Passe dibère », « couilloné », dire oui quand ce n?est pas possible, ce n?est pas leur truc. Ils insistent tous deux sur ces points, fondamentaux pour eux.
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