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Washington déplore que certains alliés ne s?engagent pas en Irak

11 décembre 2004, 00:00

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Malgré les professions de foi sur le rétablissement de bonnes relations transatlantiques, les Alliés, qui ont décidé jeudi 9 décembre de renforcer modestement la mission de formation à Bagdad, n?en restent pas moins divisés sur l?Irak et Colin Powell a critiqué l?attitude des cinq pays européens qui refusent d?autoriser leurs officiers affectés à l?Otan à participer à la mission à Bagdad, tout en ayant approuvé son principe.

«Nous pensons que cela pose un problème», a affirmé Colin Powell, en soulignant que ces pays ?la France, l?Allemagne, l?Espagne, la Belgique et la Grèce ? risquaient de porter atteinte à la «crédibilité et à la cohésion» de l?Alliance.

«Il nous semble que dès lors que des unités ou personnes sont affectées à un organisme international, ces personnes travaillent pour ces organismes et en sont un élément clé», a-t-il poursuivi.

«Ainsi, lorsqu?il s?agit d?entreprendre une mission, il nous semble assez étrange de voir soudainement ces personnes dire +je ne peux pas y aller du fait...de cette entrave nationale», a ajouté Colin Powell, qui a reçu jeudi un hommage appuyé de ses pairs à l?occasion de sa dernière réunion ministérielle .

<B>REFUS DE LA FRANCE DE TOUTE PRÉSENCE</B>

Le ministre français Michel Barnier a répliqué que Paris avait émis de longue date des réserves sur cette mission et jugeait, «au vu des conditions de sécurité actuelles», qu?il serait plus judicieux d?organiser cette formation en dehors de l?Irak.

«La règle du jeu est claire», a ajouté Michel Barnier, réaffirmant le refus de la France de toute présence de ses officiers ou soldats en Irak.

La mission de formation à Bagdad va passer «de 60 à environ 300» personnes, a annoncé le secrétaire général de l?Otan, Jaap de Hoop Scheffer. Sur ce nombre, un tiers environ seulement seront des instructeurs, le reste étant composé de «personnels de soutien», a précisé un responsable de l?Otan.

Ces personnels participeront à la formation d?officiers de l?armée irakienne dans la «zone verte» où sont installées les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis, ainsi que le nouveau Quartier général de l?Otan inauguré hier dernier par de Hoop Scheffer dans la capitale irakienne.

Une deuxième phase concerne la mise en place d?une «académie militaire» à Al-Rustimayah, dans la périphérie de Bagdad, mais celle-ci ne devrait pas être opérationnelle avant le «printemps», a précisé le secrétaire général.

Selon des sources au sein de l?Alliance, cet horizon pourrait même s?avérer «optimiste» étant donné les difficultés en matière de sécurité et de logistique sur place.

Sur l?Afghanistan, les pays alliés ont confirmé leur volonté d?offrir des renforts en vue des élections législatives au printemps ? la France entend faire «un effort supplémentaire», selon Barnier ?, comme lors du scrutin présidentiel du 9 octobre.

En revanche, les ministres ne sont pas parvenus à concrétiser, comme l?espéraient des responsables de l?Otan, l?expansion de la Force internationale d?assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan à l?ouest du pays, repoussant cette décision à l?année prochaine.

Sur un autre front, l?Ukraine, les ministres ont adopté contre toute attente une déclaration commune avec la Russie appelant à des élections «libres et équitables» lors du nouveau scrutin présidentiel le 26 décembre.

Moscou avait accusé en début de semaine les puissances occidentales d?ingérence dans ce pays. L?Otan et la Russie ont en outre approuvé un «plan d?action» contre le terrorisme et Moscou a confirmé sa participation, avec deux navires, à l?opération antiterroriste de surveillance maritime menée par l?Alliance en mer Méditerranée.

Enfin, l?annonce de la visite à Bruxelles le 22 février du président américain George W. Bush a été saluée par les Européens et présentée comme l?occasion de parvenir à un «nouveau consensus transatlantique», selon le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer.

«C?est un acte hautement symbolique que Bush vienne en Europe immédiatement après sa prestation de serment pour rendre viste aux deux organisations, l?UE et l?Otan», a renchéri Joschka Fischer.

@ 2004 Le Monde-Distribué par The New York Times Syndicate

Annan : La sécurité n?est pas le seul problème

L?Irak doit faire davantage pour panser ses plaies politiques et relancer son économie, sans quoi les élections prévues en janvier ne lui apporteront ni stabilité ni légitimité, a déclaré jeudi le secrétaire général de l?Onu, Kofi Annan. «La transition politique doit inclure tout le monde afin de panser les plaies de l?Irak plutôt que de prolonger ses souffrances», a déclaré Annan dans un compte-rendu au Conseil de sécurité. «Les Irakiens doivent savoir que le processus de transition est lancé, ce qui devrait leur permettre de voir la lumière au bout du tunnel. «Cela requiert des progrès simultanés dans trois domaines qui sont étroitement liés: celui de la sécurité, celui de la politique et celui de l?économie», a-t-il poursuivi. «Ces trois dimensions doivent être abordées en même temps et avec une attention égale.» Sur le plan politique, Annan faisait peut-être allusion au fait que le gouvernement provisoire irakien n?a pas toujours tendu la main à des factions qui lui sont hostiles, certains groupes ayant menacé par conséquent de boycotter les élections. Les Nations unies, que l?administration Bush presse de s?impliquer davantage en Irak, ont porté à 59 les effectifs de leur personnel international dans ce pays, et devraient y déployer bientôt 25 personnes pour préparer les élections, ont indiqué des sources au sein de l?Onu.

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