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Vouloir libère

26 février 2005, 00:00

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Belle surprise que la pièce Resistans offerte par la Troupe Carpe Diem, la semaine dernière. Une pièce qui a surpris par un texte et une mise en scène sûrement aussi ingénieux que les moyens de la troupe étaient limités et qui témoigne ainsi du réel dynamisme de cette jeunesse artistique, prête à tous les sacrifices pour monter sur scène.

La troupe s?est pourtant attaquée à un gros morceau, un thème dans l?air du temps, l?esclavage, revu et corrigé à la sauce vérité et inspiré du livre de Jean Claude de l?Estrac, Mauriciens, enfants de mille races. Aux ingrédients nécessaires à la réussite classique d?une pièce de théâtre, ils ont ajouté une énergie créatrice, la volonté de bien faire, d?innover, de marquer le public, avec quelques chansons, du rythme, de jeunes comédiens, et metteurs en scène bourrés de talents et qui mériteraient d?être plus encouragés.

On ne voit pas ici une simple bande de jeunes qui s?essaient à la scène, mais une jeune troupe de théâtre qui veut secouer un public endormi.Et un public étrange, qui, au fil de la pièce, se met à trouver comiques les scènes les plus tragiques, à remplir les silences de commentaires souvent inutiles.

Seuls comme des grands, ils ont résisté, eux aussi, aux salles à moitié remplies, aux loges inconfortables, au manque de soutien du ministère des Arts et de la Culture.

Ils se sont débrouillés, comme ils en ont l?habitude, à perdre un temps précieux en requêtes administratives, face à des fonctionnaires illuminés.

Ils ont produit, écrit, mis en scène, décoré, joué, une pièce de théâtre, qui, sans être un chef-d??uvre du répertoire, mérite sincèrement d?être remarquée. Le tout en à peine un mois et demi de travail, avec l?unique soutien du Grup Zénes Sainte Croix.

Modestement, ils se disent encore être une petite troupe d?amateurs. Mais cette pièce, Resistans, trop peu encouragée, trop peu vue, surtout trop peu jouée, et leur courage, sont leur passeport pour la cour des grands. Qu?on les laisse entrer.

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