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A votre service
Voix basse. Regard posé. Prêt à servir. Sunil Beerbul s?est totalement imprégné de la culture hôtelière. Remarquez qu?en trois décennies, il a eu le temps.
Trente ans et jamais il n?est allé voir ailleurs. Comme s?il lui avait juré fidélité ! Il l?aime, ce secteur. ?J?avais eu la possibilité de devenir policier ou enseignant du primaire, j?ai refusé. Je ne le regrette pas un instant. L?hôtellerie m?a tellement donné. J?ai évolué.?
Ce ne sont pas les aléas du métier tels que les clients exigeants ? ils sont nombreux ? qui lui font peur. C?est naturel pour lui. ?Quand un client fait une réservation dans un grand hôtel, sa perception, c?est que l?erreur n?est pas permise. D?autant plus qu?il paie pour le service.?
Sunil Beerbul, c?est un homme qui a su mener sa barque. Vous allez comprendre pourquoi. C?est à 18 ans qu?il fait ses débuts à l?hôtel Touessrok comme barman. Il devient ensuite tour à tour réceptionniste, caissier, chef caissier, superviseur à la réception. Aujourd?hui, il est Front Office Manager à l?hôtel. Et ce depuis 1998. Il n?a pas perdu de temps pendant ces années ; une vingtaine de certificats, une poignée de diplômes, quelques années au Qatar, à Oman et à Singapour?
Il est un chargé de cours enregistré auprès de la Mauritius Qualifications Authority en hospitality et customer care. Il est aussi l?initiateur des Jeux de l?Est, président du club de football Sunderland à Trou-d?Eau-Douce. Il fait partie des membres du jury de l?école hôtelière chargé de sélectionner les élèves pour les différents cours. Il est aussi président de la Chambre de commerce de l?Est, propriétaire de Resto Sept, un restaurant non loin de l?hôtel Touessrok, propriétaire d?un bungalow et de bateaux de plaisance?
Pour sa réussite, il est reconnaissant envers? l?hôtellerie. ?S?il n?y avait pas d?hôtels dans les villages côtiers, ces endroits seraient des faubourgs. Si ces villageois ont pu améliorer leur mode de vie, c?est grâce à la présence des hôtels?. Il cite son exemple parmi d?autres, lui enfant de Trou- d?Eau-Douce.
Si lui, a pu faire trente ans dans l?hôtellerie, son regard sur la jeunesse n?est pas tendre. ?Pour être franc, d?ici 2010, on va retourner vers les années 1970-1980 avec des jeunes peu enclins à travailler dur. A mon époque, dans l?hôtellerie, nous travaillions 15, 16 heures par jour sans congé. Aujourd?hui, les jeunes rechignent quand ils ont à travailler une heure de plus. Il faudra réfléchir aux moyens de motiver les jeunes, sinon les expatriés prendront toute la place.?
En juin dernier, Sunil a animé un symposium sur le développement touristique dans l?Est. Sa conclusion : il y a beaucoup de perspectives dans les métiers du tourisme comme dans les activités annexes. La condition sine qua non : l?esprit d?entreprise. Il conseille aux jeunes de foncer. ?Fleuriste, pâtisserie, une discothèque de haute facture? Tellement de choses manquent à l?Est. C?est pourquoi les clients ne quittent pas l?hôtel.?
Il ne faut toutefois pas penser que l?homme ne songe à rien d?autre qu?à sa carrière. Le social le préoccupe tout autant. Et ce depuis 1979. C?est dans le sang chez lui. Ses parents ont toujours été très impliqués dans le social. Son intime conviction : ?Quand vous aidez votre prochain, Dieu vous aide.?
?Quand un client fait une réservation dans un grand hôtel, sa perception, c?est que l?erreur n?est pas permise. D?autant plus qu?il paie pour le service.?
Dieu fort probablement, mais les gens un peu moins? Sunil garde un peu d?amertume de n?avoir pas été élu aux élections villageoises en 2005. Et il exprime crûment son opinion. ?De plus en plus, les élections ne sont que du folklore. Où l?on vote uniquement ceux qui distribuent certains avantages et organisent des rallyes !?
Qu?importe ces mauvais moments. Pourvu qu?il ait sa famille. Et qu?on s?entende. C?est ce qui lui a permis de tenir debout face à l?adversité. Comme pour le décès de sa mère l?année dernière et celui de son père cette année-ci. ?C?est à la base de tout progrès. Travailler dur, avoir plein d?argent, d?accord mais s?il n?y a pas d?entente, c?est fichu.?
L?entente. Un argument qui est valable au travail aussi. Si Sunil est ?très sérieux?, il se définit également comme quelqu?un de ?très ouvert, qui sait écouter?. Les 55 personnes qui travaillent sous ses ordres sont pour lui des team members. Preuve s?il en faut : il ne se contente pas de rester calé derrière son bureau mais met la main à la pâte lui aussi.
A la maison, par contre, il est plutôt du genre ?très sévère? qui accepte à peine que ses enfants regardent la télévision au lieu de discuter autour d?une table.
Son v?u aujourd?hui est de grimper encore les échelons sur le plan professionnel. Côté personnel, un voyage en Europe ? où il n?a jamais mis les pieds une fois les études de ses enfants terminées ? est en haut de sa liste. Entre bon voyage et bonne continuation dans son métier, on hésite. Allez, on va lui souhaiter les deux, tiens? !
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