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Volte-face des Aurdally pour garder Tipo
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Volte-face des Aurdally pour garder Tipo
Un uppercut logé en plein estomac. C?est l?effet qu?a eu l?annulation par la Cour suprême de l?adoption plénière de Mohamad Toofany, alias Tipo, six ans, sur Ameenah et Mahmad Aurdally. Le couple avait justement obtenu l?adoption plénière de l?enfant. Il ne comptait pas faire appel du jugement. Mais il a changé d?avis dans la journée d?hier, après consultation avec son avocat, Raouf Jaddoo.
?Ce jugement nous a pris par surprise. Nous ne nous attendions pas à un tel dénouement. D?autant plus que notre avocat paraissait confiant que nous allions l?emporter. Quand Shenaz, la s?ur de Mahmad, a téléphoné jeudi après-midi pour dire que nous avions perdu Mohamad, nous étions anéantis?, explique Ameenah Aurdally.
Le couple pense qu?un élément de taille n?a pas été considéré dans toute cette histoire : l?avenir de Mohamad. ?Chez nous, son avenir était assuré. Comme nous n?avons pas d?enfant et que nous avons les moyens, nous aurions tout fait pour lui. Nou nou ti pe get sa pli divant la pou li.?
Quand on leur fait remarquer que ces propos pourraient être interprétés comme une tentative d?utiliser leur argent comme moyen de persuasion, Mahmad réplique que s?il désirait monnayer pour avoir l?enfant, dès le début, il l?aurait fait. ?Cela n?a jamais été notre intention. Nous aimons Mohamad du fond du c?ur et nous voulions, vu son intelligence vive et son potentiel, qu?il devienne quelqu?un dans la vie. Nous aurions tout fait pour lui.?
Jusqu?à 11 heures 30 hier, les Aurdally rejetaient ainsi l?idée de faire appel au jugement Matadeen, arguant que malgré leur surprise et leur déception, ils respectaient le verdict de la Cour suprême.
Mais les conseils de leur avocat, Raouf Jaddoo, les ont convaincus. C?est d?ailleurs avec une voix plus déterminée que Mahmad a repris contact pour dire que lui et son épouse allaient faire appel. ?Notre avocat nous a fait entendre raison. Nous allons de l?avant avec l?appel. Le dossier est en préparation.?
En attendant d?être fixés, ils ne comptent pas prendre contact avec Mohamad. ?Jusqu?avant le jugement, nous étions encore légalement ses parents et de ce fait, nous allions le voir durant la petite pause du matin à l?école Jean Lebrun pour lui porter des choses qu?il aime manger. Nous en profitions pour interroger son institutrice sur ses performances scolaires. Maintenant que le jugement est tombé, nous tenons à rassurer Marianne Alfred. Bien qu?il reste toujours notre fils dans notre c?ur, nous n?irons pas le voir à l?école. Nous le laisserons tranquille. Ce n?est pas nécessaire qu?elle envisage son transfert d?école. De toutes les façons, zame nou ti pou fer ditor Mohamad. Nou tro kontan li pou sa. Si ena en dimounn ki kone ki kantite nou kontan sa zenfan la, se bien Marianne Alfred??
L?accablement est palpable. Autant lors de notre première rencontre avec les Aurdally en juin dernier, Ameenah paraissait la plus affectée par la contestation de l?adoption plénière de Mohamad par Marianne Alfred, autant, cette fois, Mahmad, semble effondré par le récent jugement de la Cour suprême. ?Ne vous fiez pas aux apparences?, confie Ameenah lorsque Mahmad va répondre au téléphone. ?Je suis obligée de me montrer plus forte pour lui donner du courage mais c?est dur pour nous deux.?
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