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Vols de légumes : gros risques pour les consommateurs

6 septembre 2008, 00:00

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Les légumes ne sont pas toujours bons pour la santé. Les époux Dhoorghen peuvent en témoigner. Empoisonnée après avoir ingurgité du jus de calebasses, Rookmanee Dhoorghen, 49 ans, est dans le coma depuis trois jours. Son époux, quant à lui, s?en est sorti de peu. Les calebasses peuvent-elles être vraiment la cause d?une réaction aussi grave ? Il n?est pas dit que les légumes qu?a achetés l?époux de Rookmanee Dhoorghen sont à l?origine de son état de santé. Les résultats des analyses sont attendus pour bientôt.

Mais il n?empêche que le problème demeure. Pour les vendeurs de légumes, comme pour les planteurs, c?est simple. Ce sont les voleurs de légumes qui font courir des risques énormes aux consommateurs. Les consommateurs sont ici victimes de gens sans scrupules.

Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association, explique que des procédures existent quant à la culture des légumes, surtout lorsqu?il s?agit de l?ajout d?insecticides ou de pesticides. Afin que la plante puisse se débarrasser d?un insecticide systémique qu?elle a absorbé, «un minimum de sept jours est nécessaire», dit-il. Si ce délai n?est pas respecté, le consommateur court des risques d?empoisonnement s?il mange ces légumes. Car il est impossible de savoir à l??il nu si un légume peut être consommé ou pas.

«Il faut que les résidus soient éliminés», continue l?agriculteur. Toutefois, les voleurs sont loin de respecter ces délais importants, autant par ignorance que par cupidité. Kreepalloo Sunghoon explique que les vols récurrents dans les champs des petits planteurs peuvent être à l?origine de nombre de problèmes. «Les consommateurs doivent faire attention à ce qu?ils achètent», conseille le secrétaire. Pour lui, il est clair que des tests devraient être effectués régulièrement sur les produits en vente dans les marchés ou sur le trottoir. Le but est de faire connaître au public les dangers qu?il court, et démasquer ceux qui ne respectent pas les règles.

«Ce ne sont pas seulement les légumes, mais également le poisson ou la viande qui sont vendus sur le trottoir», affirme Nasser Peerally, président de la Market Traders Association. Il estime que cela peut être à l?origine de graves problèmes sanitaires. A qui la faute ? Peut-être est-ce à cause des municipalités, qui délivrent des permis ou ne s?assurent pas que de tels vendeurs n?envahissent pas les trottoirs. C?est une des raisons avancées par le vendeur pour expliquer la prolifération de ce business parallèle.

<B>Recuperes dans les poubelles</B>

Les voleurs sont également un des soucis principaux de Nasser Peerally. En tant que commerçant, il n?a pas affaire aux mêmes bandits que les planteurs de légumes. Alors que ceux-là affrontent de véritables bandes organisées qui «nettoient» leurs champs, les maraîchers doivent faire face aux petits voleurs. Ils peuvent toutefois être à l?origine de graves problèmes, moins par la nature de leur activité que par la provenance de leurs produits. Comme nous l?explique le président de l?association des commerçants de marché, «ils volent dans les poubelles».

Cette phrase fait penser aux clochards, qui prennent dans les poubelles de quoi se remplir l?estomac. Les gens dont parle Nasser Peerally n?ont pas exactement le même souci. Eux volent pour vendre.

Les produits ainsi «récupérés» sont avariés. Après tout, ils n?étaient pas à la poubelle pour rien. Cette pratique peut gravement nuire à la santé de ceux qui achètent les produits de ces arnaqueurs. Ce phénomène, le maraîcher l?observe depuis quelques années déjà. Pour Nasser Peerally, les autorités auraient déjà dû agir pour mettre fin à cette activité illégale.

Du côté de la Consumer Protection Unit, Amita Gunesh explique que des permis sont donnés par les municipalités à ceux qui souhaitent faire du commerce, légalement. «Nous faisons des vérifications au niveau des cartes bleues», dit-elle. Ces cartes sont en fait les permis d?opération des vendeurs. Sur ces permis figurent non seulement le nom, mais aussi la photo du vendeur. Aux consommateurs donc de prendre certaines précautions lors de leurs achats.

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