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Vladimir Poutine rafle la mise à la Douma
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Vladimir Poutine rafle la mise à la Douma
<B>LES ELECTEURS</B> russes ont comme prévu voté en masse pour le parti Edinaïa Rossia (Russie unie), le nouveau parti du pouvoir, créé par et pour Vladimir Poutine. Après décompte, Russie unie arrivait en tête avec 36,8 % des voix, a annoncé Vladimir Lysenkov, un des membres de la Commission centrale électorale.
Le parti de Vladimir Poutine était suivi de loin, par le Parti communiste qui, avec 12,7 % des votes, dépassait de peu le Parti libéral démocratique de Russie du leader ultra-nationaliste Vladimir Jirinovski, qui a obtenu 11,8% des voix. Le Parti communiste, à l?origine considéré comme le rival traditionnel de Russie unie, a effectué une petite percée, prenant la deuxième place devant le Parti libéral démocratique de Russie, véritable surprise de ces élections législatives.
Autre percée surprise, celle de La Patrie (Rodina), à 8,7 %, selon Alexandre Vechniakov. Ce nouveau parti nationaliste de gauche est largement considéré comme un outil du Kremlin pour voler des électeurs au Parti communiste. C?est donc un triomphe pour Poutine, qui peut désormais se préparer très sereinement à la présidentielle du 14 mars.
A Moscou, le chef de l?Etat a d?ailleurs été parmi les premiers à se présenter au bureau de vote, où il a refusé de révéler pour qui il avait voté: ?Mes préférences sont bien connues.? Le couple présidentiel, a confié son épouse, venait de passer une nuit blanche, leur chienne labrador venant de mettre bas une portée de huit chiots. Cette nouvelle Douma devrait être encore plus soumise que la précédente, dans laquelle le Président devait composer avec différents groupes pour faire passer ses lois.
La participation au scrutin a été moins forte qu?il y a quatre ans, en raison d?une propagande massive en faveur des candidats du pouvoir, devenant moins intéressants pour les électeurs.
Parmi eux, Mikhaïl Khodorkovski, le patron du géant pétrolier Ioukos, dont l?arrestation en novembre a permis au parti proprésidentiel de se présenter comme le champion de la lutte contre les oligarques, les hommes d?affaires enrichis à l?époque de Boris Eltsine. Les communistes ont subi une grave défaite. Ils s?y attendaient. En apprenant les résultats, le numéro un du KPRF, Guennadi Ziouganov, a dénoncé ?une farce honteuse? et pointé de nombreuses irrégularités, annonçant le dépôt de plaintes.
Il faut souligner la montée en force des nationalistes. Le parti Rodina (nationalistes de gauche) a été créé il y a quatre mois dans le but d?attirer l?électorat communiste. ?Cette stratégie de destruction du Parti communiste s?est avérée payante?, a commenté hier le politologue Viatcheslav Nikonov, président de la Fondation Politika.
Le scrutin s?est déroulé sans incidents notables, si ce n?est l?oeuf lancé contre le Premier ministre, Mikhaïl Kassianov, apparemment par une agitatrice nationaliste. Ou quelques fausses alertes à la bombe qui ont mis la police sur les dents deux jours après un grave attentat ayant fait plus de 40 morts près de la Tchétchénie. Les libéraux ont dénoncé des ?tentatives d?agitation en faveur du parti au pouvoir? le jour du vote à Moscou.
Le taux de participation semblait inférieur aux précédentes élections, selon les résultats préliminaires. Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation était de 47,6%, un chiffre nettement inférieur au 53,9% obtenu lors des dernières élections législatives en 1999. Pour ce scrutin s?étendant sur 11 fuseaux horaires et 22 heures, quelque 109 millions d?électeurs étaient appelés à renouveler les 450 sièges de la chambre basse du Parlement russe.
La Russie occupe cette année la première place, dans le monde, en termes de demandes d?asile politique. Sur les neuf premiers mois de l?année, 23 700 citoyens russes ont accompli cette démarche.
droits de l?homme
Les disparitions de civils persistent dans le Caucase</B>
Soixante civils disparaissent en moyenne chaque mois en Tchétchénie, après avoir été enlevés par des hommes armés. C?est l?évaluation de l?organisation russe de défense des droits de l?homme Memorial, alors que ce conflit dans le Caucase est entré dans sa cinquième année, sans signe d?un règlement négocié à l?horizon. Memorial a documenté, de janvier à novembre 2003, 431 cas d?enlèvements de civils. Cent trente-sept personnes ont été libérées ? le plus souvent au moyen de versements de rançon ? 47 ont été retrouvées mortes, 247 sont toujours portées disparues. Comme Memorial ne peut recueillir des données que sur un tiers du territoire, ses responsables estiment que le nombre total des disparus est en fait «trois à quatre fois supérieur. Des ?forces de l?ordre? sont le plus souvent à l?origine de ces exactions. ?Ce ne sont pas forcément les forces fédérales russes?, note Oleg Orlov de Memorial. Les combattants tchétchènes aussi commettent des enlèvements. Mais la majorité des cas relève de structures placées sous le contrôle des forces russes. Il s?agit de plus en plus souvent des hommes armés d?Akhmed Kadyrov, nommé à la tête de l?administration par Moscou en 2000, et désigné ?président? lors d?une parodie d?élections en octobre 2003.
Ces hommes, au nombre de 5 000 environ, agissent comme des supplétifs de l?armée russe. La poursuite des violences en Tchétchénie, la montée du sentiment xénophobe et les mesures discriminatoires envers les Tchétchènes dans la société russe expliquent que, d?après des statistiques de l?ONU, la Russie occupe cette année la première place, dans le monde, en termes de demandes d?asile politique à l?étranger par ses habitants. Sur les neuf premiers mois de l?année, 23 700 citoyens russes ont accompli cette démarche, dont une bonne moitié, selon des responsables du Haut-Commissariat aux réfugiés de l?ONU, sont des Tchétchènes.
Natalie Nougayrède
Hélène DESPIC-POPOVIC
© Le Monde 2003distribué par The News York Times Syndicate
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