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Vive la politique !
Le pays vit actuellement une transition historique vitale pour son devenir. Les enjeux et les défis à relever sont graves. Ce qui exige de tous les citoyens mauriciens, donc les hommes politiques, un comportement responsable. Afin que la transition soit la plus concrète, efficace et juste qui soit. Il s?agit tout simplement d?être raisonné, réfléchi et sérieux. Ce sont là les conditions de base requises pour faire avancer le pays. Aux politiques de passer le test.
Il est impérieux que l?économie mauricienne reste sur les rails sur lesquels elle a été remise. Ceci afin de mieux faire face aux défis dus aux changements dans l?environnement global, qui provoquent des crises : financière, énergétique, alimentaire et environnementale. Notre gouvernement n?a aucune prise sur ces facteurs et leurs impacts sur la compétitivité de nos entreprises et le pouvoir d?achat de la population.
Le dernier « MCB-Focus » a révisé à la baisse (5,3 %) le taux de croissance de l?économie mauricienne, même si le FMI maintient la fourchette de 6,5 à 7 % pour 2007-2008. Actuellement, les problèmes de la zone franche, plus précisément du textile-habillement avec au centre le comportement « yo-yo » de la monnaie nationale, font débat ; Xavier-Luc Duval a tiré la sonnette d?alar-me : 2008 sera une année difficile pour le tourisme. Le prix de l?or noir continue de flamber, précipitant la récession mondiale. Le débat sur la valeur de la roupie et la politique monétaire renvoie au « trade off » ? et l?équilibre à trouver ? entre la création d?emplois dans les secteurs sensibles, et l?inflation et son impact sur le pouvoir d?achat.
La menace de la récession demande une actualisation de la politique de réforme pour réussir la transition. Transition d?un nouveau genre, complexe, multiple, avec ses formidables enjeux économiques, sociaux, culturels et environnementaux, et les grandes problématiques sociétales que sont les valeurs républicaines, les inégalités, la pauvreté, la création et le partage des richesses, les pratiques de gouvernance saines, l?administration de la justice, l?équité, le goût de l?effort et la solidarité nationale.
Cette transition historique implique une profonde mutation sociologique mettant en mouvement tous les rapports sociaux actuels et l?invention d?autres ? axés notamment sur l?ouverture tous azimuts. Il y a tout un travail de repositionnement à effectuer pour saisir les nouvelles opportunités qu?offrent les dynamiques en cours. L?heure est aux comportements responsables, aux attitudes empreintes de maturité et à une mentalité ouverte. La mutation a dépassé l?état embryonnaire.
La dynamique animant cette mutation est porteuse, à terme, d?une société responsable, efficace, juste et solidaire, fondée sur de réels partenariats État-entreprises-société civile. De nombreux acteurs du développement et d?autres forces de la société civile se préparent pour réussir la transition. Il y a des signes dans ce sens. On sent un début de rupture avec le con-fort paresseux de la part d?une partie de plus en plus importante de la population. On trouve des entreprises voulant assumer leur politique sociale et citoyenne. On constate que davantage d?entreprises sont conscientes que leur pérennité ne se conjugue plus avec protection et dérogations. C?est simple pour les entreprises : être les meilleures dans leurs catégories. Mais quid des politiques ?
La transition historique souffre d?une crise de la politique mauricienne. Pour s?en sortir, une révolution tranquille s?impose. Il s?agit de revoir la façon de penser, de concevoir et de faire la politique. Pour qu?elle apporte sa contribution à une dynamique porteuse d?une intégration réussie dans la socio-économie mondiale. Corrigeons l?importance accordée à la guerre de places et les conflits de personnalités. Vivement qu?on débatte sur les vrais enjeux et les solutions concrètes pour une vraie renaissance.
Après avoir dénoncé le « bluff » du budget Sithanen, l?opposition exploite les problèmes du secteur du textile et le ralentissement dans celui du tourisme pour critiquer l?attitude de Rama Sithanen, accusé de tout peindre en rose alors qu?il y a de gros nuages à l?horizon. Face à cela, ce dernier dénonce le double langage et soutient que le pays est en train de récolter les fruits de la politique menée depuis 2005, et que le pays est mieux armé avec la réforme pour résister aux effets d?une récession mondiale.
Le débat actuel sur les enjeux nationaux est nécessaire et important. Faisons de la mise en perspective, prenons du recul et n?hésitons pas à être autocritiques, gage d?une plus grande objectivité.
Le débat demande aussi plus de « focusing ». L?enjeu fondamental est comment faire pour qu?un pays puisse survivre, vivre et veiller à assurer une qualité de vie à sa population dans un environnement d?économie de marché axé sur la compétitivité et le rapport qualité-prix.
Dans une démocratie saine, on attend de tous ceux qui sont conscients des enjeux, des dangers et des opportunités de se comporter et d?agir de manière responsable. Soit d?être celui qui ne se contente pas de constater et de critiquer avec un argumentaire simpliste, démagogique et populiste qui objectivement est bloquant. D?être celui qui privilégie la politique qui fait l?appel à la raison, à l?intelligence et au c?ur, et non celle qui se nourrit des peurs, des frustrations et des angoisses existentielles. Que chacun d?entre nous mesure pleinement les conséquences de ses actes et de ses propos. Vivement le temps de propositions concrètes ? gage de responsabilité assumée envers la population. Et prions pour que la transition historique ne bute pas sur l?incapacité de notre classe politique à surmonter sa crise d?identité, de sens? et de maturité !
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