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Virus mortels à vendre sur Internet

18 juin 2006, 00:00

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Le Guardian tire la sonnette d’alarme dans son édition du 14 juin : des terroristes pourraient recréer le virus de la variole et d’autres virus mortels, en les achetant en toute légalité à des sociétés distributrices d’échantillons biologiques sur Internet. Car la loi britannique est très laxiste en la matière.

Pour appuyer cette information, le quotidien britannique déclare qu’il s’est ainsi procuré une courte séquence d’ADN du virus de la variole et qu’il l’a envoyée à une adresse à Londres. L’échantillon au préalable avait subi trois petites modifications afin de le rendre inoffensif.

<B>Aucun règlement précis</B>

Le journal relève que le virus mortel de la variole existe uniquement dans des laboratoires depuis l’éradication de la maladie il y a une trentaine d’années. Cependant, une étude aurait montré que la plupart des personnes sont dans l’incapacité de résister à ce virus et qu’une réapparition de celui-ci chez seulement dix d’entre elles, pourrait en contaminer jusqu’à deux millions en l’espace de 180 jours.

Si des chercheurs ont des raisons légitimes d’acheter des fragments d’ADN tirés d’agents pathogènes afin de mettre au point des traitements ou des vaccins, cette activité nouvelle ne fait pas l’objet de règlements précis. Aucune des quatre principales sociétés spécialisées en Gran-de-Bretagne ne vérifient d’une façon régulière l’origine des commandes.

« C’est l’histoire la plus inquiétante que j’ai entendue depuis un certain temps », a déclaré au Guardian Phil Willis, membre du Parlement, qui est à la tête du comité parlementaire de la science et de la technologie. « Il y a clairement un important vide juridique. Il est nécessaire de légiférer dans ce domaine », a-t-il souligné.

Pour sa part, Alistair Hay, un expert en armes biologiques et chimiques à l’université de Leeds et conseiller du gouvernement et de la police, s’est déclaré surpris de voir qu’il était « aussi facile » pour une société de fournir des fragments d’ADN.

<B>@ 2 006 Le Monde – AFP –

(Distribué par The New York Times Syndicate)</B>

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