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Virapoullé claironne contre les tambours

8 juin 2007, 00:00

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Le sujet a fait la Une du Journal de l?Île avant-hier, a provoqué un tollé dans la communauté tamoule et fait couler beaucoup de salive sur les ondes de Radio Freedom, à l?île soeur.

Après les révélations faites par le journal cité plus haut sur la menace pesant sur la fête de Draupadi qui doit se dérouler au temple Maryen Peroumal de Saint-André, précédant la cérémonie de marche sur le feu le 8 juillet prochain, le Tavsi et l?Alvan Cadépouli ? deux cérémonies ponctuées, par intermittence, de petites séquences de tambours ? qui étaient prévues à partir de 20 heures jusqu?à l?aube et qui incommodait la mairie, beaucoup d?encre a coulé et des mesures ont été prises.

Emmanuel Ranganayaguy a reçu la visite de la police municipale qui lui a fait part des requêtes des riverains contre le bruit provoqué par ces cérémonies. Le président de l?association Temple Maryen Peroumal est ensuite allé voir le sénateur-maire, Jean-Paul Virapoullé.

?Il m?a dit fait out z?histoirs en silence parce qu?il fallait respecter les voisins?, aurait confié Emmanuel Ranganayaguy au Journal de l?Ile .

Le premier magistrat lui promet ainsi la présence de policiers municipaux aux abords du temple qui borde la quatre-voies pour veiller sur la circulation.

Cependant, décidé à ne pas en rester là, Emmanuel Ranganayaguy fait appel au président de la fédération de temples, Krishna Badamia, qui le soutient et l?encourage à lancer des pétitions. Mardi, il avait déjà reçu quelque 500 signatures...

Un accord trouvé

Suite à l?article du Journal de l?Ile d? avant-hier, donc, Emmanuel Ranganayaguy a été appelé à l?aube par le premier adjoint Serge Camatchy pour une réunion en mairie avec la police municipale, afin de trouver une solution. Étaient présents Serge Camatchy, Emmanuel Ranganayaguy et Jean-Wilson Savignan, chef du service de la police municipale.

Jean-Paul Virapoullé n?aurait pas daigné assister à cette réunion. Mais au final, un accord a été trouvé. Accord signé par le sénateur-maire et daté du 6 juin 2007, le jour de l?article du Journal de l?Ile (JIR)...

Le président de temple s?est engagé à ?veiller à la tranquillité du voisinage en limitant le bruit en ne jouant que du morlon la nuit, débuter les cérémonies à 5 h 30, informer par écrit le voisinage de l?organisation.? Le morlon est un instrument à percussions où on tape avec les mains et non pas avec une baguette.

Suite à la parution de l? article avant-hier, Jean-Paul Virapoullé est par ailleurs sorti de ses gonds, lors d?une conférence de presse. ?C?est un article malveillant, mensonger, ordurier, indigne d?un journal dans une démocratie ! C?est un coup de poignard politique dans le dos à trois jours des législatives?, a-t-il affirmé.

Le sénateur-maire explique encore : ?La presse ne peut pas à trois jours des élections(NdlR législatives) utiliser la religion, l?unité des Réunionnais, la paix à des fins de règlement de comptes politique?.

Il rappelle qu?il ?a toujours été pour la promotion de toutes les religions?, qu?il a donné ?un conseil d?ami? à Emmanuel Ranganayaguy et que ?ce sont les journalistes du JIR et non Virapoullé qui jouent avec le feu?.

Enfin, Jean-Paul Virapoullé a parlé de ?coup monté par le JIR, un torchon !? et annonce qu?il va porter plainte contre ce journal.

À peine la conférence de presse achevée, le sénateur-maire s?est empressé d?appeler Radio Freedom pour répéter les propos tenus un peu avant devant les journalistes...

Au final, dans cette histoire, Emmanuel Ranganayaguy a pu obtenir gain de cause. Il pourra faire jouer du morlon. Dans la communauté tamoule, on se félicite de ?cette solution qui a donné la priorité à la religion?.

Juliane PONIN-BALLOM <I>Source : Clicanoo.com (publié avec l?aimable accord du Journal de l?Ile) </I>

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