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Vidhu Madhub-Dassyne, victime collatérale ?

14 août 2004, 20:00

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Elle a été projetée au devant de la scène depuis l?explosion meurtrière de Grand-Baie. Le transfert de Vidhu Madhub-Dassyne du Scientific Support Service (SSS), aussi appelé Soco, au Forensic Science Laboratory (FSL) provoque des remous à n?en plus finir.

Dans cette affaire, plusieurs versions s?affrontent. D?abord la cause de l?explosion elle-même. La confirmation, par le FSL, qu?une substance hautement explosive aurait été utilisée à Grand-Baie divise. L?hôtel du gouvernement, qui avait fait allusion à l?explosion due au gaz avant même l?analyse des débris, préfère la thèse défendue par le FBI dans son rapport intérimaire, c?est-à-dire l?explosion due à un « heavy gas leak ». Le FSL, dont les indices ont été recueillis par le service dirigé par Vidhu Madhub-Dassyne, a d?ailleurs été appelé à « revoir sa copie ».

Une autre hypothèse avancée pour expliquer le transfert inattendu de la scientifique a trait aux rapports difficiles que celle-ci entretenait avec Rex Stockham et Ronald Kelly, les deux experts américains du FBI. « Il y a eu des accrochages », confie un enquêteur de la police. Ce que confirme une source proche du gouvernement. «Elle avait eu des problèmes au FSL, c?est la raison de son transfert au Soco en 2002. Mais là aussi, sa présence avait crée certaines frictions. Elle avait du mal à s?entendre avec les enquêteurs du FBI. »

Un proche de la profession médico-légale met, lui, les déboires de Vidhu Madhub-Dassyne sur le compte de son caractère difficile. « Ses relations n?ont pas été des plus cordiales avec les responsables du département FSL. D?ailleurs, son retour à ce département commence à faire des vagues?» D?autres personnes déclarent encore qu?elle est une « meneuse d?hommes. »

Troisième hypothèse : le transfert de la scientifique serait lié à la fuite d?informations dans la presse. Le chef du gouvernement lui reproche d?avoir abusé de son droit de réserve. « Le mauvais signal, c?est qu?une personne affectée au Soco fasse des déclarations à la presse au nom du FSL», devait-il déclarer en réponse à une PNQ du leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, mardi. C?est ainsi qu?il n?a pas objecté au transfert, décidé conjointement avec le commissaire de police et le secrétaire aux affaires intérieures.

Le fait d?avoir confirmé que des traces de nitroglycérine ont été retrouvées sur le site de l?explosion peut également expliquer la mutation, selon d?autres sources. Le gouvernement a d?ailleurs décidé de rechercher une expertise de l?Afrique du Sud quand le FSL et le FBI auront soumis les rapports finaux. Jusqu?ici, ces deux instances n?ont soumis que des rapports intérimaires. Et ces rapports sont contradictoires, répète inlassablement Paul Bérenger

Finalement, et malgré elle, Vidhu Madhub-Dassyne se retrouve au c?ur d?un règlement de compte politique. « Se enn transfer punitif», a déclaré Navin Ramgoolam lors d?un point de presse, hier. Il affirme que des pressions sont exercées sur le FSL. « Ena la tet pou tonbe si bann exper sud-africain pa konfirme ki finn trouv tras explosif a Grand-Baie.» Selon le journal La Gazette, proche de l?opposition, Vidhu Madhub-Dassyne est une autre « victime du gouvernement de Bérenger, après Indira Manrakhan, l?ex-directrice de l?Economic Crime Office ».

À tout cela, Vidhu Madhub-Dassyne préfère ne pas répondre. « Je vous prie de m?excuser, je ne peux pas vous parler », nous a-t-elle déclaré vendredi, alors qu?on l?interrogeait sur les raisons de son transfert.

Pourtant dans d?autres circonstances, autres que professionnelles, Vidhu Madhub-Dassyne se prête au jeu des questions-réponses. Dans les colonnes de l?express-dimanche, le 18 juillet 2004, dans celles de Cinq-Plus le 1er août 2004 ou Expresso en 2001, l?experte légale exprime sa passion pour son métier et parle de la mission qu?elle s?est attribué, celle de la quête de la vérité. Récemment encore, on l?a vue souriante dans un somptueux sari grenat, face à l?objectif du photographe, lors de son accession à la présidence du Rotary Club de Phoenix. « Je travaille pour la lumière », nous déclarait-elle. Mais aujourd?hui les raisons de son transfert sont encore obscures?

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