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Vicky Lanza «Sense and sensibility»
par Marie-Annick SAVRIPÈNE
Au moment où elle nous reçoit, Vicky Lanza revient d?une farewell party organisée par les employés du bureau de la BA au Caudan Waterfront. Ses yeux rougis attestent d?une émotivité qu?elle masque généralement bien sous des dehors de femme forte et inattaquable. Etrange que la direction de la BA ne retienne pas une manageuse qui l?a si efficacement servie. Elle s?en explique.
«J?aurais pu rester jusqu?à l?année prochaine mais la compagnie veut procéder à certains changements et m?a offert un package de retraite intéressant. J?ai décidé de partir car je crois que je suis arrivée à la fin de mon parcours à la BA. La préparation mentale a été difficile. J?ai même cru que je ne serais jamais prête à partir. Et pourtant, je le suis aujourd?hui. Cela n?atténue toutefois en rien mon chagrin de quitter mon personnel.»
Si elle apprécie le travail et le dévouement des employés ayant travaillé sous ses directives, elle a une mention spéciale pour Marie-France Tse, sa secrétaire, qui avec son départ, n?a plus sa raison d?être au bureau de la BA. Les yeux à nouveau embués, Vicky loue «le professionnalisme, la loyauté et le sens de l?engagement» de sa secrétaire. «Marie-France a été mon roc, surtout quand je venais d?arriver. Elle est comme de ma famille. Je ne peux que lui souhaiter ce qu?il y a de meilleur.»
Une des grandes forces de Vicky est son naturel. Elle n?a jamais mis de barrière entre son personnel et elle. D?ailleurs, la porte de son bureau reste ouverte quand elle n?est pas en rendez-vous. Elle a aussi un mal fou à vouvoyer les gens. Et puis, le fait qu?elle soit Seychelloise et parle créole, a facilité ses rapports.
Ses connaissances du management acquises lors des différentes sessions de formation offertes par «la BA d?autrefois» ont fait le reste, permettant au bureau de faire progresser son chiffre d?affaires durant les trois dernières années par plus de 10 %. Elle reconnaît son apport. «C?est vrai que j?ai eu un impact sur les choses. D?ailleurs un de mes amis me compare à un cyclone. Mais je crois que c?était une situation réciproque. Si j?ai pu agir ainsi, c?est en raison de l?accueil que j?ai reçu. Le fait que je ne sois pas une expatriée et que je parle créole a aussi été un plus pour moi.»
L?histoire d?amour entre Vicky Lanza, née L?Efèvre et la compagnie qui se nommait autrefois la BOAC, a débuté, il y a 34 ans à son retour d?études en secretarial management à Londres. La BOAC venait juste de commencer à atterrir aux Seychelles et chaque arrivée suscitait un déplacement massif de la population qui tenait absolument à voir de près le «gros oiseau». Vicky qui rêve de voyages et de découverte du monde, postule.
Ce qu?elle ignore, c?est que le terrain a déjà été aplani pour elle par sa mère qui a contacté le manager de la BOAC fraîchement débarqué. Celui-ci connaissait la s?ur aînée de Vicky pour avoir été sa collègue à Londres. Vicky fait donc ses premières armes comme secrétaire au manager.
Formée dans plusieurs domaines
Après quoi, elle se joint à l?équipe des ventes et s?y sent dans son élément. Elle a aussi l?occasion de se former dans plusieurs domaines liés à l?aviation et au service. «La BA d?autrefois s?assurait que son personnel reçoive une formation continue. Maintenant, elle regarde les coûts de près et a une différente façon de percevoir les besoins de la clientèle.»
Dans cette carrière longue de 34 ans, plusieurs dates pèsent de tout leur poids pour Vicky. Ainsi, en 1981, lorsque la BA cesse ses vols entre Londres et les Seychelles, elle a la présence d?esprit de suggérer le maintien d?un poste de superviseur des opérations dans l?île puisqu?un vol hebdomadaire y est maintenu. Sa proposition est acceptée et c?est elle qui est désignée pour occuper la fonction.
En 1983, la BA reprend ses opérations à plein régime aux Seychelles et Vicky est appelée à agir comme responsable des ventes. En 1986, elle est nommée manageuse du bureau seychellois. Nomination qui constitue un de ses meilleurs souvenirs professionnels. «C?était une récompense extraordinaire car nous étions persuadés que la compagnie n?allait nommer qu?un Anglais à la tête du bureau. Je crois que ce qui a joué en ma faveur, c?était qu?étant une fille du sol, je connais bien les mentalités seychelloises. Et puis, il y a eu mon tempérament. Quand je veux quelque chose, je fais tout pour l?obtenir.»
1998 est l?année qui verra sa promotion comme Commercial manager Indian Ocean et son aménagement à Maurice. Depuis qu?elle y est, elle a réussi à déplacer le bureau de la Place d?Armes qu?elle trouvait «peu approprié et peu incitatif au travail» jusqu?au local du Caudan Waterfront.
A cela, il faut ajouter les fruits de son lobbying intense auprès de la maison mère pour toujours obtenir un meilleur deal pour la clientèle. «Il faut toujours batailler dur pour ton bureau, pour le pays que tu représentes et surtout pour la clientèle que tu sers. C?est vrai que cela devient de plus en plus difficile de concilier les besoins de la clientèle à la réduction des coûts mais quand tu as une marque et une image de renom, tout devient plus simple.»
Prendre le temps de vivre
Dans ses archives professionnelles, elle classe la fermeture du bureau seychellois en 2004 comme un cauchemar. «D?un coup, je voyais s?écrouler tout ce que j?avais construit depuis 1983. J?ai été très blessée. J?avais aussi mal pour mon personnel. A partir de là, j?ai perdu certaines de mes croyances et réalisé que la compagnie avait changé drastiquement et qu?elle continuerait sur cette voie. C?est la tendance actuelle des affaires», explique Vicky en soupirant.
Au niveau de sa satisfaction personnelle, elle cite son voyage à bord du Concorde avec son mari Van et leurs deux filles, Vanessa et Véronique.
Maintenant qu?à 54 ans, elle se retrouve à la retraite, Vicky veut prendre le temps de vivre pour elle et pour les siens. Au cas où elle reprendrait des activités professionnelles, ce serait à son compte et à mi-temps. «Ce sera soit du service-conseil, soit de la formation de base. Mais quoi que je fasse, je travaillerai pour moi et à mon rythme. Les huit dernières années ont été stressantes. Entre l?administration, les déplacements outre-mer et les représentations dans les cocktails, cela ne m?a pas laissé beaucoup de temps pour ma vie personnelle. Je vais me consacrer un peu à moi.»
Fare thee well dallon?
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