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Viande de cerf : l?aide de l?Union européenne sollicitée
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Viande de cerf : l?aide de l?Union européenne sollicitée
La production de viande de cerf stagne. Depuis cinq ans, l?élevage de cervidés plafonne à 70 000 têtes par an. Les raisons de cette insuffisance : des zones de pâturage limitées, la prolifération de la ?stomoxe? (mouche-b?uf) dans les régions humides, le prix élevé du son de blé utilisé pour l?alimentation des bêtes. En outre, le secteur note l?absence d?un réseau de commercialisation approprié pour la viande de cerf et ses dérivés.
Les éleveurs ont envisagé diverses mesures pour relancer leur activité. Outre la collaboration des unités de recherches de Maurice et de la Réunion pour trouver les moyens d?augmenter le cheptel, l?aide de l?Union européenne (UE) sera recherchée. L?UE financera une étude de faisabilité sur la création d?une centrale d?achats et d?une unité de transformation de la viande de cerf en saucisses, burgers et autres produits.
?Nous produisons 425 tonnes de cerf par an. Notre objectif est d?atteindre les 625 tonnes dans dix ans. La centrale d?achat et de marketing assurera la commercialisation de la viande de cerf selon les normes sanitaires internationales. Nous écoulerons cette viande dans les grandes surfaces, les hypermarchés et nos divers points de vente?, explique Jean-Cyril Monty, secrétaire de la Mauritius Meat Producers? Association (MMPA) et responsable de la diversification agricole à la Chambre d?agriculture.
Pour réaliser cette ambition, l?association des éleveurs s?est attelée à résoudre divers problèmes. Le premier touche à la prolifération de la ?stomoxe?, un insecte nuisible à la santé et à la reproduction des cervidés. Ces mouches pondent leurs ?ufs dans les pailles de canne et causent plus de Rs 1 million de pertes aux élevages tous les ans. Les ?stomoxe? sucent le sang des cerfs, b?ufs, moutons, cabris et autres bêtes vivant en plein air. A l?approche de l?été, entre septembre et mars, ces insectes sévissent dans les régions humides, là où se concentrent particulièrement les élevages de cerfs : Plaine-Sophie, Midlands, Plaine-Champagne, Salazie. Seules les régions sèches, dont Rivière-Noire, sont préservées de la prolifération de la ?stomoxe?.
?Pour contrôler la stomoxe, les éleveurs recouraient auparavant à la fumigation des champs avec des insecticides, explique Jean-Cyril Monty. Cette méthode s?est révélée inefficace et était nuisible à l?environnement. On utilise désormais des parasites pour limiter la prolifération. Cependant le nombre de parasites mis à la disposition des éleveurs est insuffisant.?
Soutien de l?AREU
Avec la collaboration technique de l?Agricultural Research and Extension Unit (AREU) et l?aide financière du Mauritius Research Council, des trappes ont été installées dans les zones d?élevage. Ces trappes sont du même type que celles employées au Kenya pour piéger les mouches tsé-tsé responsables de la maladie du sommeil. Si ces trappes ont donné des résultats concluants, elles n?ont toutefois pas résisté aux intempéries de l?île.
La coopération régionale a été sollicitée pour venir au secours du secteur de l?élevage. Et avec la collaboration du Groupement régional de défense du bétail de la Réunion, un nouveau modèle de trappe a été introduit. Il sera identique à celui choisi pour attraper les mouches ?stomoxe?dans les hautes régions de l?île s?ur.
Avec le soutien de l?AREU, un laboratoire de Beau-Champ oeuvre à la production de parasites à raison de 200 000 par semaine. Ils seront bientôt lâchés, toutes les quinzaines, dans les élevages appartenant aux 25 membres de la MMPA. S?étendant sur 15 000 hectares, ces élevages comptent près de 35 000 cerfs.
Prix du son de blé
?Cette synergie entre secteurs privé et public devrait permettre de réduire la population de stomoxe de manière drastique dans les régions humides, explique Jean-Cyril Monty. Si nous atteignons ce but, nous pourrons améliorer le taux de reproduction du cerf et introduire d?autres types d?élevage dans les régions affectées. Outre l?intérêt financier pour les éleveurs, ce projet aura un impact sur l?élevage de cerfs au niveau national.?
Ce qui est essentiel, ajoute le secrétaire de la MMPA, c?est que les éleveurs disposent davantage de terres de l?Etat pour développer leurs élevages. Des recherches sont effectuées sur la qualité des pâturages et l?introduction de nouveaux compléments alimentaires pour obtenir une viande de meilleure qualité. ?L?autre contrainte que nous connaissons, c?est le prix du son de blé. Près de 25 000 tonnes de son de blé sont produites par an. Or le son est vendu sur le marché local au même prix qu?à l?exportation. Il faudra trouver une solution pour assurer l?avenir du secteur de l?élevage.?
La question de pâturage et celle du prix du son de blé figurent à l?agenda de l?une des dix Task Forces mises sur pied par le ministère de l?Agriculture pour formuler des recommandations visant à relancer l?élevage à Maurice.
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