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Vers une crise sans précédent au sommet de l?état

26 juillet 2005, 00:00

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L?échéance du 29 juillet approche. C?est le jour choisi par le nouveau gouvernement de Navin Ramgoolam pour présenter son programme à l?Assemblée nationale. Un programme qui est déjà bouclé et qui doit être lu par le président de la République? dans un contexte de crise entre le gouvernement et la State House. Si le président ne fait pas l?ouverture de la prochaine session parlementaire, qui va s?en charger ? Personne n?ose encore se prononcer.

Mais, au gouvernement, on donne déjà le ton. ?L?énoncé du discours-programme, c?est une tradition héritée de l?époque coloniale?, indique sans détour un travailliste influent dans le gouvernement de l?Alliance sociale. Va-t-on vers une entorse à la tradition ? Il n?y a tout simplement pas de précédent, dans l?histoire parlementaire de Maurice. La situation, si elle perdure, pourrait aboutir à une impasse. ?Si le président est en poste et s?il ne souffre d?aucune incapacité physique ou mentale, c?est lui qui doit s?adresser à l?Assemblée, lors de la première session?, insiste le légiste Razack Peeroo.

Cet expert en droit constitutionnel estime que seul le vice-président ou, en cas de force majeure, le chef juge peuvent suppléer le président. Mais, pour Razack Peeroo, dans le cas qui nous intéresse, il n?y a ?personne d?autre que le président lui-même à pouvoir lire le discours-programme?, vendredi.

Lorsque Sir Seewoosagur Ramgoolam était gouverneur général, en 1983, il n?avait pu prononcer le discours-programme, pour cause de maladie. C?est le speaker qui l?avait remplacé. Mais le gouverneur général était présent à la cérémonie.

?Il n?y a pas de précédent dans le Commonwealth et la réputation de Maurice est en jeu. Il faudrait distinguer l?homme de l?institution?, insiste pour sa part, un autre spécialiste de la vie parlementaire. ?Qui va proroger l?Assemblée lorsqu?il faudra le faire si ce n?est pas le président?, laisse échapper notre spécialiste. Même interrogation pour tout ce qui concerne la ratification des projets de loi. Autrement dit, le rôle présidentiel reste incontournable.

De nouvelles orientations

De son côté, l?opposition a déjà défini sa stratégie, au cas où le président ne lirait pas le discours-programme, vendredi. Elle boycotterait la séance parlementaire, ou elle aurait recours à la Cour suprême. Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, estime en effet que le président aurait pu s?adresser à l?Assemblée nationale, dès la première séance, qui s?est tenue le 12 juillet, comme le prévoit l?article 56 (3) de la Constitution. ?Si le président vient s?adresser au Parlement à l?invitation du gouvernement vendredi, il est probable que nous en restions là?, a laissé entendre Paul Bérenger.

Or, rien n?est moins sûr. Dans les milieux proches de la présidence, on est dans l?attente. ?Si le président est invité à s?adresser à l?Assemblée, il devrait le faire?, laisse-t-on entendre. Mais, à hier soir, la présidence n?avait visiblement reçu aucune indication. L?Assemblée nationale est toujours suspendue à la décision du gouvernement et de son chef, Navin Ramgoolam.

De son côté, le gouvernement ne semble pas se démonter pour autant. L?exercice d?élaboration du discours-programme est terminé. Cet exercice prévoit une participation de différents ministères, conformément à ce qui a été énoncé dans le manifeste électoral de l?Alliance sociale.

Les grandes lignes d?action de ces ministères seront respectées et elles seront étalées sur les cinq prochaines années. De plus, selon les premières indications, il ne ?devrait pas y avoir de coupure mais plutôt de nouvelles orientations?. C?est en tout cas ce que semblent indiquer les sources gouvernementales. Globalement, il ne devrait pas y avoir d?abandon de projets en cours mais le gouvernement voudrait donner une nouvelle impulsion à certains dossiers.

Pas d?empressement donc. Ni du côté de l?hôtel du gouvernement, ni à la State House. Le bras de fer à distance continue. Mais l?étape de vendredi prochain risque d?être décisive dans la crise qui secoue les deux plus hautes institutions de l?État mauricien.

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