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Vers un oui massif pour la réconciliation
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Vers un oui massif pour la réconciliation
Les électeurs algériens se sont prononcés à une très large majorité en faveur de la charte pour la paix et la réconciliation visant à refermer la page de la guerre civile, selon un haut responsable proche du gouvernement. «On se dirige à l?évidence vers un ?oui? massif de la population à ce référendum», a-t-il dit à Reuters. «C?est une victoire pour la paix», a-t-il ajouté.
D?après le ministre de l?Intérieur, Noureddine Zerhouni, la participation enregistrée jeudi a atteint 79,49 % des 18,3 millions d?inscrits. «Ce niveau de participation démontre une volonté de notre peuple de régler la crise avec sérieux et pour de bon», a commenté le ministre à la télévision publique. La mobilisation aurait dépassé les 90 % dans les provinces les plus durement touchées par la décennie de violences et de massacres qui a fait plus de 150,000 morts en Algérie, selon le haut responsable s?exprimant sous le couvert de l?anonymat. Les résultats officiels du scrutin étaient attendus hier dans la matinée.
La charte du président Abdelaziz Bouteflika propose une amnistie aux combattants acceptant de déposer les armes, à l?exception de ceux «impliqués dans des massacres collectifs, des viols ou des attentats à l?explosif dans des lieux publics». Les autorités estiment que 800 à 1,000 rebelles vivent toujours dans la clandestinité, contre 25,000 au plus fort de l?insurrection, au milieu des années 1990. Quelques centaines seulement, membres pour la plupart du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), mènent encore des actions violentes. Cette consultation avait été boycottée par l?opposition et critiquée par des défenseurs des droits de l?homme, s?inquiétant d?un déni de justice.
Plébiscite pour bouteflika ?
Ce référendum intervient six ans après le projet de «concorde civile» approuvé à 98 % par référendum et qui prévoyait déjà une amnistie partielle des islamistes armés. La charte maintient cependant les islamistes à l?écart de la vie politique. Or, le conflit avait été provoqué par l?annulation du second tour des élections législatives promises au Front islamique du salut (Fis), en janvier 1992.
Trois partis d?opposition avaient appelé au boycottage du scrutin, accusant le chef de l?Etat de rechercher un plébiscite personnel destiné à préparer une révision de la Constitution, qui lui permettrait de briguer un troisième mandat à partir de 2009. Plusieurs quotidiens indépendants ont de leur côté déploré l?interdiction de tout débat libre sur le sujet, tant les médias publics ont ouvertement fait campagne en faveur du «oui».
Les associations représentant les familles des disparus craignent de voir leurs espoirs d?obtenir justice anéantis par le mot d?ordre de la réconciliation. Les organisations de défense des droits de l?homme dénoncent pour leur part un texte qui disculpe les forces de sécurité, pourtant soupçonnées d?avoir joué un rôle important dans certaines des quelque 6 000 disparitions officiellement reconnues.
«La jeunesse algérienne a besoin de travail, pas d?un référendum», tranche Ahmed Kennache, chômeur algérois de 27 ans. «Et je suis contre l?idée de pardonner aux tueurs, ils doivent subir le même sort que leurs victimes.» A Blida, l?une des villes qui paya le plus lourd tribut à la décennie sanglante, plusieurs dizaines d?habitants ayant perdu un ou plusieurs membres de leur famille ont enterré leurs cartes d?électeurs dans les tombes de leurs proches afin de manifester leur colère. A l?instar d?Amina, une enseignante algéroise de 37 ans, une partie de la population se dit pourtant «lassée des larmes». «Il est temps d?oublier le passé et de construire l?avenir», expliquait-elle en votant.
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