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Venu chercher l?Eldorado, un Malgache déchante

11 mai 2008, 00:00

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«Salon de coiffure Sebastian International recrute coiffeur/coiffeuse/esthéticienne, billet gratuit, logé, nourri. Tél.: 7? ». Cette annonce parue dans un quotidien malgache a, de prime abord, l?air très alléchante. Mais elle se serait avérée être une véritable arnaque pour un ressortissant malgache.

C?est en février dernier, dans un hôtel à Madagascar, que Michel (prénom modifié) rencontre, pour la première fois, son employeur mauricien. « Après avoir vu l?annonce dans le journal, j?ai contacté cette personne. Elle m?a expliqué que je serais employé en tant que coiffeur dans son salon, pour un salaire de 300 euros (environ Rs 12 000) par mois, avec un supplément de Rs 800 pour la nourriture », explique Michel. Logé, nourri et rémunéré, c?est en toute quiétude que Michel s?envole pour Maurice le 27 mars pour prendre cet emploi.

Mais à peine débarqué à Plaisance, Michel comprend que son nouvel employeur n?aurait pas joué franc jeu avec lui. « Deux autres personnes, employées elles aussi au salon, ont fait le voyage avec moi et nous étions logés au même endroit. Le jour de notre arrivée, je m?attendais à recevoir Rs 800 pour la nourriture. Finalement, nous avons eu Rs 2 000 à se partager à trois pour le mois. Nous n?avons pu tenir qu?une semaine! », s?indigne Michel.

Ce dernier fait appel à des amis malgaches vivant à Maurice pour l?aider à se nourrir durant les semaines qui vont suivre. Parallèlement, les conditions de travail sont, semble-t-il tout aussi déplorables. « J?ai travaillé dans son second salon à Riche-Terre, non pas en tant que coiffeur, mais en tant que peintre ! », explique t-il.

En effet, Michel aurait été embauché pour faire les travaux en vue de l?ouverture prochaine du nouveau salon de coiffure à Riche-Terre. De 8 heures à 17 heures, ce dernier aurait assuré les travaux dans le salon. Mais ses tâches ne se seraient pas arrêtées là. De retour à la maison, il aurait eu à s?occuper du jardin de son employeur. « Je rentrais à 18 heures et là, je devais tondre la pelouse, ou encore tailler les haies de sa maison », raconte Michel.

« Il s?est énervé et m?a insulté »

Ce sinistre scénario aurait duré trois semaines, jusqu?au jour où Michel décide d?avoir une explication avec son employeur. « Je lui ai dit que je n?étais pas venu pour faire le ménage, mais pour faire de la coiffure. À ce moment, il s?est énervé et m?a insulté », relate-t-il.

Sans argent, Michel décide de faire appel aux autorités pour l?aider à retourner à Madagascar. Il commence par se rendre à l?ambassade malgache, puis au ministère du Travail. C?est finalement l?inspection du travail qui obligera l?employeur à payer trois semaines de salaire à Michel, ainsi que son billet retour vers Madagascar.

Contacté par téléphone, l?employeur a reconnu avoir embauché des travailleurs malgaches dans son salon de coiffure, mais pas de s?être rendu à Madagascar pour le recrutement. « J?ai contacté une agence de recrutement internationale, dont j?ai oublié le nom. Michel n?a jamais voulu faire de la coiffure, il était venu pour travailler dans le domaine de l?informatique. Il s?est énervé en voyant qu?il avait été recruté pour être coiffeur », se défend Soobash Chand Sewsiran.

Une version que conteste Michel. «Pendant treize ans, j?ai tenu un salon de coiffure à Antananarivo. Malheureusement, j?ai dû le fermer. J?ai décidé de travailler à l?étranger pour avoir une vie meilleure, mais ça a été une vraie galère », conclut-il attristé.

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