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Vente à la barre : graves allégations contre un policier
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Vente à la barre : graves allégations contre un policier
par Jane L. O?NEILL
Harish Boodhoo poursuit sa lutte sur la vente à la barre. Dans une lettre à la police et au Premier ministre par intérim, il fait des allégations de conflit d?intérêts contre un ancien enquêteur de la Land Fraud Squad, Krishnalall Gobin. Ce dernier, qui aurait pris une déposition d?une des victimes de la vente à la barre, Suress Bhojraz, est lui-même propriétaire de la maison de ce dernier.
Le policier, qui est toujours en fonction, nie les allégations portées contre lui, mais reconnaît avoir acheté la maison de cette personne. C?est sur le nom de son fils que cette maison a été achetée.
Harish Boodhoo a rencontré la presse hier pour donner les détails de cette affaire. Il allègue que l?enquêteur a acheté la maison auprès d?un « casseur », qui a prêté Rs 550 000 à Suress Bhojraz le 1er novembre 2004. La maison serait, elle, d?une valeur de Rs 2 millions.
Ces faits soumis par Harish Boodhoo ne sont pas contestés par Krishnalall Gobin. «J?ai le droit comme n?importe quel citoyen d?acheter une maison d?une personne. Il n?y a pas eu de conflit d?intérêts car je ne travaillais pas sur une enquête contre ce casseur. C?est faux de dire que c?est moi qui ai pris les dépositions. Il n?y a rien d?illégal dans ce que j?ai fait.»
L?ancien enquêteur de la Land Fraud Squad avance que «la démarche de Suress Bhojraz, est motivée par le fait qu?il doit maintenant évacuer la maison. C?est pour cela qu?il se met à faire toutes ces allégations fausses visant à ternir mon image.» Il est représenté par Me Iqbal Dauhoo, avoué.
«Il y a eu connivence»
Un porte-parole de la police affirme qu?une enquête sera instituée pour faire la lumière sur ces allégations. Le policier, sur qui pèse les allégations, a été transféré depuis quelque temps de la Land Fraud Squad à un autre département de la police.
Lors de sa conférence de presse, Harish Boodhoo soutient que «c?est inacceptable qu?une telle situation ait pu se produire. Il est clair qu?il y a eu une connivence et c?est très grave».
Depuis septembre 2003, alors qu?il a réalisé qu?il s?est fait duper par le « casseur », Suress Bhojraz est allé à la police. Il dit avoir fait une première déposition le 19 septembre 2003 au policier de la Land Fraud Unit qu?il montre aujourd?hui du doigt.
La victime connaît l?enquêteur car ce dernier habite dans la même région qu?elle, à savoir Piton. Le 29 septembre de la même année, une autre déposition est faite à la police. Le 14 avril 2004, une troisième déposition est consignée. «Je m?étonne que deux ans après, rien n?a été fait dans cette enquête policière. Alors qu?actuellement, nous voyons que les choses bougent positivement», soutient Suress Bhojraz.
En mars 2001, Suress Bhojraz rencontre un courtier du «casseur». Après discussions, il est convenu qu?il empruntera Rs 700 000 à un «casseur», très connu. Sa maison sur 10 perches de terrain où il vit est alors hypothéquée.
Dans un premier temps, Suress Bhojraz dit n?avoir reçu que Rs 210 000. Le reste de l?argent, soit Rs 490 000, devait lui être donné par le «casseur» dans une semaine. La victime allègue que l?argent ne lui a jamais été remis. Après avoir payé les commissions du notaire, il ne reçoit finalement que Rs 153 000.
En mars 2002, Suress Bhojraz, souhaite rembourser les Rs 153 000 au «casseur». «Le courtier m?a même emmené voir le notaire pour enlever la prescription sur ma terre et pour que je rembourse les Rs 153 000. Rien ne sera fait néanmoins.»
Deux ans plus tard, soit le 14 mars 2004, le «casseur» fait vendre la maison de Suress Bhojraz. Il achètera lui-même la maison pour Rs 450 000. L?an dernier, ne sachant plus, vers qui se tourner, il frappe cette fois à la porte de l?Independent Commission against Corruption en mai et octobre 2005. C?est cette année-là que Suress Bhojraz découvre que le policier a initié des démarches pour le faire quitter sa maison.
Dans sa lettre, Harish Boodhoo allègue que le 31 mars 2005, le policier a aussi «promis d?aider financièrement Suress Bhojraz. Il a même proposé d?acheter un terrain à Rivière-du-Rempart. Mais les papiers étaient des faux». S?expliquant, l?enquêteur fait ressortir : «Quel mal y a-t-il à aider quelqu?un qui se dit en difficulté ?»
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