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Venir à bout de la schizophrénie
À 34 ans, Sanjiv est ravi de pouvoir s?ouvrir à la vie après 12 ans de schizophrénie. Grâce aux soins prodigués chez Friends in Hope, il est sorti de sa coquille, s?est fait des amis et gagne sa vie. « Avant, raconte-t-il, je pouvais rester assis sur une chaise sans bouger. J?entendais des voix et je piquais des colères effroyables. C?était terrible ».
Sa vie a basculé quand il a eu 18 ans. « Maladie vine enn derier lot. » Sanjiv se débat pour participer aux examens du School Certificate. Comme il s?y attendait, ses résultats ne sont guère brillants. Encore un coup dur pour ce jeune déjà fragilisé. Il croit alors sombrer dans la folie. Et pour corser le tout, les traitements à l?hôpital psychiatrique ne lui réussissent pas. Il garde d?ailleurs un souvenir cuisant des électrochocs?
Il passe ses courts moments de répit, replié sur lui-même, et l?ombre de la rechute plane sur lui. « J?ai alors commencé un va-et-vient entre la maison et l?hôpital. Un enfer? » Les traitements et les internements se suivent sans que son état ne s?améliore.
Mais à 30 ans, il entend parler de Friends in Hope. « Premie zafer monn apran laba se socialize. Banne terapeut permet nou exprim nou lemosion, pa kouma dans lopital. Fami oussi, tigit tigit, zot sanz latitid vizavi moi. » Il s?intéresse aux cours de Chantal Dallone, un médecin venu apprendre aux adhérents à gérer leur stress. Aux parents, souvent impuissants face à la maladie mentale, elle leur apprend la meilleure façon de vivre avec un malade mental.
Sanjiv conserve un bon souvenir de ses années passées là-bas. « On avait des problèmes de concentration. Alors pour que notre cerveau soit toujours actif, on jouait la comédie, on inventait des jeux. » Après son embauche dans une compagnie para-publique, le jeune homme s?y rend rarement, faute de temps. D?ailleurs, il sent qu?il n?en a plus besoin. S?il remet les pieds dans la jolie maison, c?est plus pour rendre visite aux thérapeutes et aux adhérents.
<B>L?association veut faire encore plus</B>
Sur la voie de la guérison, il y a Dornis, Jordas, Mitans (noms fictifs).
« Ici, j?ai appris à vaincre ma timidité », explique le jeune Dornis. Jordas, un jeune homme d?environ 25 ans, avait développé une peur de se déplacer. « Je ne pouvais pas me rendre à Port-Louis par exemple. Mais grâce au Centre, j?ai surmonté tout cela. Je ne suis plus timide. »
Dans leur classe, où rien ne distingue l?adhérent du thérapeute, il n?y a pas le moindre indice de l?image que l?on se fait du malade mental. Les adhérents parlent de leur passé, de leur expérience et de leur désir de mener une vie normale en société. Ils sont encadrés par deux thérapeutes qualifiés qui travaillent à plein temps, une psychologue clinicienne et un thérapeute, tous employés à temps partiel.
L?association veut faire plus qu?elle ne fait actuellement. « Nous souhaitons recevoir une cinquantaine d?adhérents au lieu de trente actuellement et de faire de l?association une structure-témoin pour que d?autres, dont l?État, puissent s?en inspirer. Nous serions aussi disposés à collaborer avec l?État pour ouvrir d?autres centres », explique Monica Maurel, la présidente de Friends in Hope. La construction d?un centre d?accueil plus important est prévue à Réduit. L?association souhaite aussi y créer un centre pour des micro-entreprises.
« L?expérience nous a appris que les malades stabilisés aspirent à un emploi rémunérateur. Ce qui améliore leur autonomie financière. »
<B>Halte aux idées préconçues </B>
Les deux heures consacrées aux maladies mentales lors d?une conférence organisée hier matin à l?université de Maurice par Friends in Hope ont laissé l?assistance sur sa faim. «Il y a une soif d?information», soutient Vidula Nababsingh. L?apport des psychiatres, Sohan Raghoo, Maryam Timol et le consultant Parmanun Jagarnath ont été d?une grande aide dans le cadre de la campagne de Friends in Hope en vue de destigmatiser les maladies mentales. Outre la démarche de Friends in Hope, il existe quelques bonnes nouvelles pour les malades mentaux : -de nouveaux médicaments tels le rispéridone et l?olanzapine ne provoquant que des effets secondaires minimals et qui sont destinés à des personnes souffrant de schizophrénie sont disponibles dans les hôpitaux -le traitement des maladies mentales minimes sera effectué au niveau du système de santé primaire.
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