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Variables inconnues

4 janvier 2007, 00:00

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C?est un mystère qui reste difficile à percer. Le calcul qu?effectuent les autorités pour fixer le prix des produits pétroliers et celui du gaz est entouré d?une totale incompréhension. C?est toujours avec une grande surprise que l?on prend connaissance du communiqué trimestriel de la State Trading Corporation (STC) annonçant ses nouveaux prix. Pourtant, si l?équation était aussi transparente qu?on le prétend, les conclusions de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) auraient été parfaitement prévisibles.

La STC affirme que seuls trois facteurs déterminent le prix des produits pétroliers. Il s?agit du cours mondial, du taux de change et du volume commercialisé. Cela a l?air assez simple mais, en vérité, les changements de prix qu?elle décrète sont aléatoires. Ainsi, en octobre dernier, alors que le brut subissait une baisse sur le marché international, la STC avait revu à la hausse le prix de l?essence. Non seulement la baisse du cours du brut aurait dû se répercuter sur le prix de l?essence et du diesel mais les ?économies? de Rs 350 millions réalisées grâce à un accord d?approvisionnement avec la Mangalore Refinery and Petrochemicals laissait présager une bonne nouvelle pour les automobilistes. L?essence était néanmoins passée de Rs 37,55 à Rs 40,60 le litre en octobre dernier. Quand une action est aussi peu lisible, cela ouvre la voie à des soupçons de manipulation politique.

On ne sait pas, non plus, si le prix de l?essence comprend une composante qui sert à financer le transport gratuit. Le député, Shekar Naidu, a cherché à le savoir mais s?est heurté à une fin de non-recevoir au Parlement. Il avait demandé au gouvernement des éclaircissements sur la contribution que verse la STC à la Road Development Authority et dont l?APM tient compte.

?Ce mécanisme a la prétention de tenir compte de données réelles du prix des produits sur les marchés internationaux et de les répercuter dans le prix pratiqué localement?, dit un texte qu?on peut lire sur le site de la STC. Objectif tout à fait louable ! Mais, comment explique-t-on alors le gel du prix du gaz pour les dix prochains mois alors que cette commodité atteint des prix astronomiques sur le marché mondial ?

Ranjit Soomarooah, directeur de la STC, admet l?écart entre le prix réel et le prix administré du gaz : ?Quand on prend en considération les pertes cumulées sur le gaz ménager, le prix réel de la bonbonne de 12 kg aurait dû être de Rs 571,20 mais le gouvernement a décidé que le prix restera à Rs 315.? Cet écart n?a aucun sens économique et constitue une entorse à la vérité des prix.

Manifestement, l?Etat, par le biais de la STC, subventionne le gaz. Le montant de son aide sera augmenté du fait que le gouvernement s?est engagé auprès des revendeurs de gaz de majorer leur marge bénéficiaire de Rs 7. Décidément, il faut être bien naïf pour croire que la formule de l?APM a pour vocation d?épouser fidèlement les courbes des prix à la source.

Au 30 juin 2006, les pertes de la STC s?élevaient à Rs 634 millions. Pour éponger ses dettes, l?organisme aura probablement recours à la subvention croisée. Ce serait alors une nouvelle distorsion de l?économie de marché. A ce propos, Ranjit Soomarooah dit ne pas ?pouvoir répondre pour l?instant?.

Drôle de transparence.

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