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Vaasiliifiti Moelagi Jackson
● Quelle est votre fonction au «Community Vilaj» ?
Je représente une association qui regroupe les organisations non gouvernementales (ONG) des Samoa, appelée Ombrelle des ONG (OONG) des Samoa. J?ai mis sur pied une organisation qui promeut la conservation. Dans mon rôle de chef tribal, je tente d?identifier des problèmes et de trouver des solutions. J?ai aussi ouvert un hôtel, sur une petite île, qui sponsorise plusieurs activités culturelles et environnementales.
● Vous étiez présente à la réunion de la Barbade, il y a dix ans. Pensez- vous qu?il y a eu du progrès depuis 1994 ?
Oui. Il y a beaucoup de personnes qui se sentent désabusées parce que les gouvernements ne les écoutent pas. Je pense qu?elles sont trop dures envers elles-mêmes. En 1994, il était inconcevable pour un gouvernement d?écouter une ONG. Aux Samoa, on a pu monter OONG qui préside plusieurs comités. Au début, nous avons loué une maison mais nous n?arrivions pas à payer le loyer. Nous avons donc approché le gouvernement pour réclamer un endroit qui serait bien à nous. Nous avons obtenu un terrain d?un arpent et demi. Nous y avons planté des arbres, de la vanille et des plantes médicinales traditionnelles.
● Quels sont les défis majeurs qui se posent aux Samoa ?
Nous avons un taux de suicide très élevé. L?année dernière, il y a eu 36 cas pour une population de 176 000 personnes. La violence contre les femmes et les enfants est aussi un problème préoccupant. Nous avons une très forte culture qui est encore intacte. Nous devons essayer d?éduquer les chefs des villages par rapport aux tendances actuelles car il y a beaucoup de clashs culturels.
● Quels sont vos moyens pour remédier à ces maux ?
Je travaille surtout avec les jeunes. Je forme des éducateurs qu?on appelle des missionnaires. Ils vont ensuite prêcher sur l?environnement et le peuple. Il est temps pour les gens plus âgés d?écouter les jeunes car, à travers eux, on peut identifier les nombreux problèmes qui rongent la société. Si une porte est fermée, on doit en chercher une autre...
● Pensez-vous que la population des Samoa s?identifie avec les autres petits états insulaires en développement (PEID) ?
Oui, bien sûr. On a participé au Earth Summit de Rio en 1992 et à la réunion de la Barbade en 1994. Nous avons cependant un problème avec lequel bon nombre de PEID ne sont pas familiers comme, par exemple, les essais nucléaires français sur l?atoll de Mururoa en 1995. Nous avons beaucoup travaillé avec Greenpeace mais nous n?avons malheureusement pas pu empêcher ce crime.
● Qu?espérez-vous retirer de la réunion internationale de Maurice ?
J?espère que les sujets émergents tels l?éducation, le VIH-SIDA, la violence et le désarmement seront abordés. Après la conférence de la Barbade, rien n?a été fait dans les universités. Il y a une seule université dans toute la région du Pacifique qui offre un cours sur l?environnement. Ce sujet devrait être inséré dans tous les cours, que ce soit l?architecture ou la comptabilité. Les PEID devraient recevoir des fonds pour démarrer des programmes éducatifs à tous les niveaux. Il faudrait également des lois sur la propriété intellectuelle.
● Que pensez-vous de Maurice ?
L?ambiance est bonne et vos ONG sont organisées.
Propos recueillis par Nicholas RAINER
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