Publicité

Uteem prône l?exception culturelle

29 avril 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Poser côte à côte deux principes. Et chercher tout ce qui les rassemblent. A l?heure de l?année Senghor ? dédiée aux festivités marquant le centenaire de la naissance du chantre de la négritude ? et des célébrations en cours de la francophonie, Cassam Uteem s?est exprimé en faveur de l?exception culturelle. Ce « refus de l?uniformisation » grâce auquel la mondialisation ne sera plus un prédateur pour la francophonie.

Position exprimée lors d?un colloque qui s?est tenu au Sénat à Paris, hier et avant-hier. Cassam Uteem, membre du Haut Conseil de la Francophonie, y avait été convié pour s?exprimer sur le thème : « La mondialisation ? une chance pour la francophonie.» Une invitation à mettre au crédit de Dominique Wolton, directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique, qui a récemment animé des conférences chez nous sur le rôle des médias dans un contexte global.

S?appuyant justement sur « l?autre mondialisation ? celle que préconise Dominique Wolton, une mondialisation à visage humain », Cassam Uteem a exposé les trois conditions selon lui sine qua non pour qu?elle soit favorable à la francophonie. Il a postulé d?emblée que « les francophones doivent revoir leurs rapports avec les cultures, toutes les cultures ». Un esprit d?ouverture dont la preuve tangible, qui devrait se traduire aussi par une révision de la position de la France qui « (?) doit revoir ses rapports avec les langues ? dont le créole, la langue la plus parlée et la plus vivante de ses langues régionales ? sur son propre territoire et celles présentes dans le monde francophone. »

«Créer une vraie communauté»

Une attitude saine dont le rempart est l?exception culturelle, «érigée en principe depuis le Sommet francophone de Maurice en 1993.» Une idée qui a fait son chemin depuis, pour remonter jusqu?à l?Unesco qui, le 21 octobre 2005, a adopté la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Un document visant à renforcer la notion que la diversité culturelle est l?héritage commun de l?humanité.

Mais Cassam Uteem avait aussi des propositions concrètes. Joignant sa voix à la «libre circulation des personnes et des biens», il a d?abord constaté que la mondialisation est avant tout synonyme de circulation de biens, notamment sur l?axe allant des pays riches vers les pays pauvres. Il a plaidé en faveur de nouveaux types d?échanges.

A titre d?exemple, l?ancien président de la République a cité l?obtention de visas d?entrée pour les étudiants, les chercheurs et les artistes dans le monde francophone. «Ne pouvons-nous pas, à l?instar du visa Schengen (?) instituer un visa francophone, tel qu?il a été récemment proposé par le président bourkinabais, Blaise Compaoré ? Ce serait là l?expression d?une volonté politique de ses membres de créer une vraie communauté.»

Enfin, Cassam Uteem a porté son intervention sur la solidarité. Condition selon lui nécessaire pour que s?estompe le fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres. «En retour, la francophonie (?) pourrait servir de rempart contre des nouvelles formes de servitude et d?abus.»

L?ancien président de la République était notamment aux côtés d?Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie et de Philippe Douste-Blazy, ministre français des Affaires étrangères.

Publicité