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Usurpation

7 mai 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

La manière de faire du gouvernement dans la mise en place du National Pay Council remet en cause la réforme du mode de négociation salariale. La nouvelle instance a été constituée en dépit d?une objection formulée par une Plate-forme réunissant l?ensemble des confédérations syndicales.

Les représentants légitimes des travailleurs ont refusé de siéger au NPC. Ils estiment que la compensation salariale doit être liée uniquement au taux d'inflation et non à la productivité et à la capacité des entreprises à honorer leurs engagements envers les employés. Le gouvernement n?a pas tenu compte de cette réaction hostile des syndicats. Il est allé de l?avant avec son projet sans rechercher le consensus. Il a désigné cinq personnes de son choix pour parler au nom des salariés au sein du NPC. C?est une usurpation et elle augure mal de l?avenir de la démocratie sociale.

Le pouvoir n?a pas été à la hauteur des événements. Il est vrai qu?il a eu le courage politique de moderniser le rituel des tripartites datant de plusieurs décennies, mais il n?a pas réagi de manière adéquate à la résistance des syndicats. Il lui fallait trouver les arguments pour convaincre les syndicalistes, quitte à faire certains compromis mineurs. Or, il a pris la décision de s?opposer frontalement aux organisations syndicales représentatives. La stabilité sociale s?en trouve compromise.

C?est à une représentation de façade qu?auront droit les salariés. Aucun des cinq nominés, Yusuf Sooklall, Ramesh Maudhoo, Fritz Thomas, Dewan Quedou et Radhakrishna Somanah, ne dirige un syndicat ayant une forte implantation. Le dernier nommé n?est même pas un dirigeant syndical. Il est tout simplement membre de la University of Mauritius Academic Staff Union. Du reste, le président de ce syndicat, Dinesh Hurreeram, prend le contre-pied du nominé Somanah en affirmant que ?the very foundation of the NPC needs to be questioned given the misrepresentation of trade unions?.

Ce choix de syndicalistes bienveillants, sinon complaisants, s'écarte des saines conceptions du dialogue social. L?objectif de la concertation est d?arriver à des constats communs, un diagnostic partagé. Pour atteindre ce but, il faut que les partenaires sociaux soient représentatifs. Ce n?est pas le rôle du gouvernement de s?immiscer dans les prérogatives naturelles des organisations syndicales et de choisir à leur place. Avec ce choix arbitraire, le NPC conserve l?apparence d?une consultation démocratique, mais en réalité aucun travailleur n?en sera dupe.

Cependant, autant le gouvernement a tort de contourner les confédérations syndicales pour imposer le NPC, autant les syndicats ont tort de prôner une politique de chaises vides. Le barème universel des augmentations était devenu un anachronisme. Les entreprises prospères ne peuvent accorder les mêmes augmentations que les secteurs en difficulté. Les travailleurs productifs ne devraient pas recevoir le même traitement que le salarié peu enclin à l?effort. Une économie ne peut se développer sans la vérité des salaires.

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