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Une école mauricienne à Londres

1 mars 2005, 00:00

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?Une institution offrant des formations à un prix abordable pour des gens issus de milieux ouvriers qu?ils soient Anglais ou étrangers? ? C?est en ces termes que Hasmine Rajbally décrit l?AT Institute (ATI) situé en plein c?ur de Londres, à un jet de pierre du Picadilly Circus. L?inauguration a eu lieu il y a quatre mois et, déjà, l?établissement compte une centaine d?étudiants. Et accorde une attention particulière aux Mauriciens.

En effet, pour les étudiants étrangers, dont les Mauriciens, un bureau spécial sera ouvert sous peu. Notamment un département gratuit d?informations et de conseils, ouvert à toute personne désirant entamer des études supérieures. L?initiative vise à ?aider les étudiants à se familiariser avec leur nouvel environnement. Nous leur montrons également ces petits riens qui peuvent faciliter énormément la vie quotidienne?, explique Hasmine.

Car les tracasseries de tout étudiant qui se lance à l?aventure dans un pays étranger, cette Mauricienne les a connues. Employée au ministère de la Femme, elle a voulu faire des études en marketing et s?est rendue en Angleterre.

Hasmine admet que les débuts n?étaient pas évidents. Même si elle se trouvait en compagnie de son frère, Nazim, qui vit depuis plus de douze ans à Londres. ?Je ne savais que faire ni comment. La vie anglaise a exigé toute une réadaptation. Les paperasses les plus simples pouvaient s?avérer un véritable calvaire. Heureusement, j?avais mon frère et ma belle-s?ur. Ce qui n?est pas le cas pour tous les Mauriciens qui viennent en Angleterre?, raconte Hasmine.

Il y a deux ans, à table, elle évoque avec son frère son parcours du combattant. De là, naît l?idée d?aider les étudiants étrangers. Une idée qui se trouve confortée par les récits de Nazim, qui travaillait à l?époque dans un cabinet d?avocats comme agent des services d?immigration. Les étudiants étrangers dont des Mauriciens sont parfois déboussolés, ou encore coincés à l?aéroport parce qu?ils ne sont pas en règle?

Nazim devient ainsi conseiller légal pour les affaires liées à l?immigration, et pendant un an, les Rajbally travaillent d?arrache-pied pour concrétiser leur projet. ?Obtenir les validations et accords des universités avec lesquelles nous comptions collaborer n?était pas chose facile?, explique Hasmine.

Ils parviennent néanmoins à ferrer quelques gros poissons dont l?université de Londres pour dispenser des cours dans leur établissement. Les principales filières de l?ATI : le commerce, l?informatique et la comptabilité.

L?aménagement des locaux seulement coûte près de Rs 3 millions. Une bonne dizaine de conférenciers est embauchée. Nazim devient le directeur de l?ATI tandis que sa s?ur s?occupe du marketing.

L?établissement en est maintenant à une centaine d?étudiants. Cela, sans battage médiatique. Le rêve des Rajbally : arriver à 50 % de la capacité de l?institution, soit environ 3 000 étudiants internes et externes d?ici trois ans.

?Notre avantage est que nous sommes proches de nos étudiants. Nos conférenciers sont plutôt jeunes et les étudiants s?identifient plus facilement à eux?, souligne Hasmine. De plus, chaque étudiant qui suit un programme majeur pourra compter sur un tuteur qui lui prodiguera des conseils. Afin de mieux accompagner les étudiants étrangers de l?ATI, un cours d?adaptation gratuit d?un mois leur est aussi offert. Et pourquoi ATI ? ?Il n?y a pas vraiment de signification. C?est un nom qui se retient facilement et c?est ce que nous recherchions?, explique Hasmine.

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