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Une ville tournée vers l?avenir

1 octobre 2008, 20:00

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Vitrine du développement mauricien. Surtout de la nouvelle transition économique. La ville nouvelle de Highlands doit refléter l?île Maurice de demain. C?est ainsi que la State Land Development Corporation (SLDC) et l?État imaginent cette cité de 920 hectares qui émergera de la mer verte des champs de cannes d?aujourd?hui.

Pour le moment, on n?en est qu?au stade du projet. Un projet que le ministre des Finances et la SLDC ont présenté mardi dernier au Domaine les Pailles. Restent à trouver tous les financements pour qu?il devienne réalité ? la SADC Banking Association et la Mauritius Bankers Association sont parties prenantes du projet. La SLDC et le gouvernement, par le biais du ministère des Finances, effectuent des voyages dans ce sens, de Paris à Johannesburg en passant par Sydney et Singapour.

Les retombées de ces voyages sont positives, laisse entendre le ministre des Finances, Rama Sithanen. De nombreux investisseurs manifestent leur intérêt à s?implanter et à travailler dans l?île dans les nouveaux secteurs porteurs de l?économie. Services financiers, industries à haute valeur ajoutée (biotechnologies, pharmaceutique), développements immobiliers et technologies de l?information et des communications (TIC), sont appelés à devenir les entités motrices de Highlands. Bien entendu, les secteurs traditionnels ne sont pas oubliés, à commencer par le tourisme d?affaires et médical qui profitera d?hôtels de standing, d?un centre de conférence international et d?infrastructures médicales de qualité.

Ce développement urbain ne peut parier que sur ces secteurs. La question des ressources humaines est de facto majeure à ce chapitre. C?est pourquoi la nouvelle ville de Highlands s?inscrit dans la logique du knowledge hub. Géographiquement, Highlands profitera de la proximité des pôles d?Ebène et Réduit-Université.

La ville nouvelle viendra parachever le pôle élargi du savoir en formant un personnel qualifié mauricien et étranger (les projections font mention de 23 000 étrangers potentiels dans le supérieur pour 63 700 Mauriciens à l?orée 2020).

<B>Développement et industrie du savoir</B>

Rama Sithanen parle de knowledge industry c?est-à-dire de l?ensemble des activités ayant recours aux hautes technologies ou à un capital humain très qualifié. La knowledge industry, qui génère quelque 1,7 milliard de dollars devrait dépasser les 17 milliards de dollars d?ici 2020. Le pari est de faire de Highlands un véritable catalyseur dans ces perspectives de développement. C?est dans cette optique que le tertiaire jouera un rôle significatif.

«Highlands accélérera les transformations socio-économiques en cours. Les infrastructures qui y seront développées apporteront une assise solide aux nouveaux secteurs qui participent aujourd?hui à hauteur de 35 % au produit intérieur brut», souligne, optimiste, Iyer Ramnath de Crisil Risk & Infrastructures Solutions Ltd. Construire une ville est un pari audacieux et difficile à relever, reconnaît Rama Sithanen. Il partage néanmoins l?optimisme d?Iyer Ramnath : «Nous ne devrons pas répéter les mêmes erreurs qu?à Ebène en termes d?infrastructures. Nous devons rester flexibles dans nos attentes afin de faire au mieux en matière d?aménagement urbain. La ville doit pouvoir soutenir son propre développement sur le long terme.»

La construction de la ville nouvelle qui abritera une bonne part de l?administration centrale, dont l?Assemblée nationale et la Cour suprême, s?étale sur dix ans environ. En attendant les premiers coups de pioche prévus pour fin 2009, il faudra convaincre les investisseurs. Les convaincre de participer à la transition économique de l?île, de croire dans le potentiel mauricien en matière de services et industries à haute valeur ajoutée. Le bassin d?emplois devrait normalement s?étendre considérablement, surtout si la formation d?une main-d??uvre qualifiée se conforme aux attentes de ces secteurs. Highlands peut à juste titre devenir la plus importante ville du pays, plus vaste que Rose-Hill et Quatre-Bornes réunies. Un centre administratif, financier, d?impulsion économique pour l?île et la région, en espérant qu?il ne devienne pas aussi engorgé et centralisateur que la capitale aujourd?hui.

<B>Volonté politique pour opportunités économiques</B>

La ville nouvelle est idéalement située au carrefour des principaux axes de communication à une distance raisonnable du port et de l?aéroport (voir carte ci-contre). Elle bénéficiera de la déconcentration de la capitale et non de décentralisation qui veut dire délégation de pouvoirs par l?autorité centrale à des autorités locales. Dans le cas de Highlands, il s?agit bien de déconcentration administrative ou même de délocalisation car plusieurs ministères et institutions y migreront. La ville nouvelle naît d?une volonté politique comme ce fut le cas en France dans les années 1960. L?urbanisation se poursuit à Maurice mais elle continue de toucher le chapelet de villes existantes (la conurbation) qui s?étire de Port-Louis à Curepipe. Les villes nouvelles visent à désengorger Port-Louis en créant de nouveaux pôles dynamiques. Dans le cas d?Ebène, l?échec relève de l?aspect résidentiel car la réussite en termes économiques saute aux yeux. L?objectif est donc de réussir à faire de Highlands un pôle d?impulsion économique plus important qu?Ebène tout en s?assurant du succès du volet résidentiel qui sera diversifié socialement. Plus largement, on assiste à un éclatement des pôles d?activités dans l?île. Les business parks (parcs d?affaires) s?implantent en dehors des zones urbaines habituelles. Profitant du projet de Highlands, c?est à une politique globale d?aménagement du territoire et à une politique urbaine cohérente que devraient penser les autorités, fait ressortir un spécialiste en aménagement du territoire.

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