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Une vigilance à toute épreuve au blanchiment
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Une vigilance à toute épreuve au blanchiment
L?offshore mauricien a failli se faire avoir dans l?affaire d?escroquerie et de détournement de fonds massif en Suisse. Cette affaire met en cause le financier Dieter Behring. Que l?on soit passé tout près de la catastrophe devrait inciter tous les stakeholders, les opérateurs en premier lieu, à la nécessité d?avoir toujours les yeux bien ouverts devant les demandes pour les licences d?opération.
Le gestionnaire de fonds Behring est accusé d?avoir escroqué plusieurs investisseurs pour environ Rs 25 milliards. Il y a eu des soupçons selon lesquels il a opéré à partir d?une entité domiciliée dans la juridiction du Global Business à Maurice. La Financial Services Commission (FSC), la régulatrice financière, a émis un communiqué jeudi dernier pour rassurer les milieux financiers que tel n?était pas le cas et qu?une demande du Suisse pour opérer un fonds d?investissement offshore fut rejetée.
Mais les autorités ne veulent pas prendre de risque. Elles sont actuellement en train de voir si Dieter Behring, qui est visiteur régulier à Maurice, n?aurait pas utilisé des comptes bancaires à des fins de blanchiment d?argent. Si tel était le cas, cela voudrait dire que même les transactions domestiques de certains étrangers (touristes, expatriés, hommes d?affaires de passage?) sont autant exposées aux risques de délit que leurs opérations offshore.
Des white collar criminals qui viennent à Maurice sous le couvert de touristes, il y en a, et il faut les identifier. La Financial Intelligence Unit (FIU) est plus à même de faire ce type de travail grâce à l?accès dont elle dispose à des bases de données mondiales sur les délinquants financiers. Au niveau local, il faudra peut-être rechercher une collaboration des hôteliers et des tour-opérateurs en sus de l?apport des banques et des agents de change.
De manière générale, le mécanisme de blanchiment comporte trois niveaux : le placement, le layering, et l?intégration. L?étape du placement consiste à injecter les fonds illicites dans le système financier généralement à travers des comptes bancaires locaux ou étrangers. Si les montants sont conséquents, les fonds sont dispersés sur plusieurs comptes et même dans plusieurs institutions financières afin de ne pas éveiller les soupçons.
Mouvement d?argent liquide
La prochaine étape, le layering, intervient quand il y a lieu de transférer les capitaux de leur premier transit vers d?autres domiciles dont d?autres comptes bancaires, des produits financiers ou même l?investissement direct dans des sociétés. Le but est de mieux séparer l?argent de ses origines criminelles.
L?exercice de brouillage réussit mieux quand l?opération se déroule à l?étranger. Les criminels sophistiqués parviennent à faire des comptes ou des entités (compagnies, fonds d?investissement, trusts) qu?ils opèrent à l?étranger,des black holes dans le labyrinthe des mouvements d?argent.
Le régulateur financier et les agences d?investigation, en particulier la FIU, ont beaucoup de métier pour traquer ces délits. Mais il y a aussi d?autres difficultés, comme le mouvement d?argent liquide. Certes, nous ne faisons pas face à des systèmes parallèles de liquidités tels les fameux réseaux hawala très répandus dans le sous-continent indien. Mais la vigilance doit être de mise sur cet aspect également.
Le régulateur n?a d?autres choix que de répondre à ces dangers par plus de régulation. Les opérateurs, en l?occurrence les Offshore Management Companies (OMC), se plaignent, eux, de sur-régulation à chaque fois que de nouvelles normes sont appliquées.
Il faut bien savoir qu?à chaque fois que la FSC exprime des doutes sérieux sur une demande de licence, les exigences de due diligence ou encore de know your customer qui incombent en premier lieu aux OMC n?auraient pas été respectées.
Espérons que l?affaire Behring interpelle ceux qui estiment que les nouveaux standards de supervisions ne sont que des paperasses de trop.
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