Publicité
Une tache dans le paysage
De la baie vitrée de sa maison, Vijay Makhan scrute le panorama qui s?étend de la berge de la Rivière Moka jusqu?à la chaîne de montagnes. Son regard se pose au pied du Pouce où la pollution fait tache. De loin, on peut déjà voir un monceau d?ordures.
?C?est un autre Mare-Chicose?, lâche-t-il après nous avoir fait visiter le parcours de nombreux joggeurs, marcheurs et excursionnistes, soit de Roselyne Cottage, Moka, jusqu?à l?endroit connu comme Z, sur la montagne du Pouce. De nombreux touristes, surtout ceux pratiquant le parapente, viennent régulièrement en cet endroit.
Vieux rice-cooker, téléviseur, cadre de bicyclette, chiffon, pneu de voiture et ordures ménagères s?entassent. ?En l?espace d?une année, la situation s?est détériorée. Avant, le ministère de l?Environnement intervenait rapidement pour faire enlever ces déchets. Aujourd?hui, ce n?est plus le cas?, explique Vijay Makhan,
Actuellement envoyé de l?Union Africaine à Maurice, cet ancien ambassadeur et secrétaire aux Affaires étrangères, est un grand amoureux de la nature. ?J?aime la nature et l?environnement depuis mon enfance. Mon père était garde forestier?.
Depuis qu?il a acheté sa maison, qui donne sur la rivière, en 2003, Vijay Makhan s?est beaucoup investi pour améliorer l?environnement. Il s?occupe des plantes endémiques sur la berge et nourrit les poissons.
Dans cette partie du village, il y a aussi des oiseaux rares, dont la poule d?eau. Il est triste de voir des gens pêcher des poissons ou des anguilles ou encore consommer des boissons alcoolisées sur la berge. Les après-midi, il y a une ambiance festive sur le pont du Pouce qui surplombe la Rivière Moka. Ce qui cause une pollution sonore au détriment des habitants de la région qui recherchent un peu de quiétude.
La rivière est aussi sale que le parcours menant au Pouce. Des gens sans scrupules déversent des déchets de toutes sortes sur la berge ou dans le lit de la rivière. Pour Vijay Makhan, c?est un sacrilège parce que la rivière sert de lieu de culte pendant la célébration du Cavadee et d?autres fêtes hindoues. ?A l?époque de Sir Veerasamy Ringadoo, on avait fait construire des marches pour faciliter l?accès à la berge. J?ai laissé cette partie du terrain qui tombe sur ma propriété aux habitants parce que je ne veux pas leur bloquer l?accès à la rivière?. Les berges sont aussi mal entretenues. Des plantes envahissantes ont rétréci le lit de la rivière. En certains endroits obstrués, l?eau est devenue stagnante. Donc, prolifération des moustiques vecteurs du chikungunya. ?J?ai entrepris des démarches auprès des autorités ? ministère de l?Environnement, police de l?Environnement et conseil des districts ? mais rien n?a été fait. On m?a même dit que j?aurais pu user de mon influence pour faire bouger les choses?. Non loin de la rivière, des gravats ont aussi été déversés dans le champ d?un planteur de canne à sucre, à son insu. Jeudi, des éléments de la police de l?Environnement ont effectué une visite dans la région. La suite se fait attendre?
Une maison abandonnée, repaire de voyous
Une maison abandonnée, se trouvant sur le chemin du Pouce, est devenue le repaire des voyous. Leur présence dans cet endroit très fréquenté représente une sérieuse menace pour la sécurité des promeneurs ou des visiteurs. Des habitants demandent aux autorités de faire démolir le bâtiment qui n?a ni porte ni fenêtre. L?intérieur est puant et insalubre.
Publicité
Publicité
Les plus récents