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Une symphonie inachevée?
La République tchèque a quitté l?Euro-2004 en demi-finale sur deux tristes images : la blessure de son Ballon d?or 2003, Pavel Nedved, et le premier but en argent entre sélections nationales (0-1 face à la Grèce) échouant au fond de ses filets.
Le XIIe Championnat d?Europe des nations semblait pourtant être à portée d?une sélection tchèque séduisante ayant trouvé l?équilibre entre les cadres de l?Euro-1996 (finale perdue face à l?Allemagne), comme les trentenaires Vladimir Smicer, Nedved, Karel Poborsky, et la génération montante, championne d?Europe Espoirs 2002, comme Petr Cech (22 ans).
Les Tchèques ont très vite tenu leurs promesses, endossant le rôle d?arbitre du « groupe de la mort » (gr. D), dont ils prenaient la tête. Grâce à un jeu sans calcul, en mouvement, résolument tourné vers l?offensive, les protégés de Karel Brückner se sont sortis avec panache de situations bien mal engagées.
Mais le sort a joué un bien vilain tour à ce petit pays de 10 millions d?habitants quand Nedved s?est blessé au genou droit en tentant une reprise à la 33e minute. Effondré sur le banc des remplaçants, il ne pouvait que laisser couler ses larmes, tandis que son équipe perdait pied en son absence.
Et quand les Tchèques parvenaient enfin à surmonter ce traumatisme, ils se heurtaient à l?insolente vitalité des Grecs, toujours aussi solides en défense et toujours aussi prompts à saisir les bonnes occasions.
« J?ai déjà dit à mes joueurs que j?étais très fier d?eux et que notre parcours était bon, déclarait Brückner. Nous en avons terminé et il est encore trop tôt pour penser à la Coupe du monde 2006. » D?ici là, les Tchèques pourront ruminer leur frustration. A 31 ans, Nedved a certainement perdu la dernière occasion de remporter un titre avec l?équipe nationale.
C?est un coup dur pour celui qui avait manqué la finale de la Ligue des champions 2003 avec la Juventus Turin, par la faute de deux cartons jaunes alors qu?il avait été l?un des grands artisans de la qualification.
Karel Poborsky aurait quant à lui pu fêter sa 100e sélection en finale dimanche face au Portugal.
Et l?attaquant Milan Baros, 22 ans, meilleur buteur du tournoi jusqu?à jeudi (5 buts) était à deux doigts de la consécration. Il lui suffisait de marquer contre les Grecs pour égaler Michel Platini, seul joueur ayant marqué dans cinq matches consécutifs en phase finale d?un Euro. Mais l?avenir lui appartient.
Une santé de fer
Ils ne sont pas encore les rois d?Europe, mais ce sont déjà les rois de l?intox ! La Grèce s?est qualifiée pour la finale de l?Euro aux dépens du favori tchèque, en profitant d?une plus grande fraîcheur, alors que le sélectionneur Otto Rehhagel se plaignait la veille du match de la fatigue de ses joueurs. Les Grecs ont profité, jeudi, de la sortie du capitaine Pavel Nedved, blessé au genou droit, mais avaient de l?énergie à en revendre pour défendre contre des Tchèques, étouffant Baros, le meilleur buteur du tournoi (5 buts), grâce à Seitaridis. La vaillance des Grecs leur a permis de surprendre les Tchèques, apparus quant à eux très fatigués, et de réaliser un exploit inattendu vu leur palmarès international famélique. La santé de fer des joueurs grecs donnera bien du fil à retordre au Portugal en finale demain à Lisbonne.
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