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Une seconde vie pour des déchets de tissus

10 septembre 2008, 00:00

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«Magic Fingers» est une association qui réunit un groupe de femmes d?entrepreneurs dirigée par Sadhana Ramanjooloo. Son projet From wastes to riches lui a permis de décrocher le deuxième prix au concours d?Innovators Mauritius Award II en 2006. Le but de cette association est d?ajouter de la valeur aux déchets textiles pour fabriquer des produits à grandes valeurs marchandes.

Tout commence lorsque Sadhana Ramanjooloo, une sexagénaire et professeur de chimie à la retraite, a été contactée en 2005 par la fédération des femmes entrepreneurs, pour former un groupe de 15 femmes à l?art du patch work, une activité très peu répandue à Maurice.

<B>«One-stop-shop»</B>

A la fin de trois mois de formation, de partage, et d?échanges, certaines d?entre elles ont exprimé la volonté d?approfondir leurs connaissances de l?art aux côtés de Sadhana Ramanjooloo. C?est là qu?elle a eu l?idée de créer une coopérative qu?est aujourd?hui Magic Fingers.

«Au départ, les difficultés étaient palpables. On n?avait pas d?atelier de travail, ni de matériaux de production. J?ai alors mis ma maison à disposition pour servir d?atelier», confie-t-elle.

Le patchwork étant une activité qui requiert l?usage d?une grande diversité de produits textiles, les entrepreneurs de Magic Fingers ont alors proposé de collecter les rejets de coupe auprès des tailleurs. L?option de la collecte des déchets textiles pour enrichir leurs produits a été d?un tel succès que Magic Fingers est débordée de matières premières de toute qualité.

Partenaire de petits tailleurs à l?origine, Magic Fingers reçoit aujourd?hui des déchets de plusieurs entreprises textiles, dont New Island Clothing Mauritius, et Socota Textile Maurice. «Le contact avec les industries textiles nous permet d?avoir plusieurs petits coupons identiques, c?est vraiment intéressant pour nous. C?est du one-stop- shop!» s?exclame Sadhana Ramanjooloo.

Chez Magic Fingers, dès que les déchets sont collectés, on procède à la sélection des motifs à utiliser, et chaque femme, à travers une séance de brainstorming, propose les designs sur papier. Ceux-ci sont analysés en groupe où les meilleures sont retenues pour en faire des prototypes. Ce n?est qu?après la validation de ces prototypes que la production en quantité est lancée. Avec le patch work, Magic Fingers produit des sacs, des nappes, des couvertures, des couettes, des sacoches, des draps, des objets décoratifs, des taies d?oreiller, entre autres.

Sadhana Ramanjooloo reconnaît que le travail en groupe a aidé au succès de Magic Fingers. Les femmes entrepreneurs de Magic Fingers se réunissent deux fois par semaine à Rose-Hill. Les autres jours, elles travaillent chacune à son domicile. Pour certaines commandes nécessitant un travail d?ensemble, elles se regroupent tous les jours dans l?atelier jusqu?à la livraison. Les propriétaires de Magic Fingers rêvent d?avoir un jour une unité de travaux d?art avec différentes spécialisations, comme la sculpture, la peinture et la décoration.

DON D?EQUIPEMENT

<B>Coup de pouce à «Magic Fingers»</B>

■ A l?origine, «Magic Fingers» n?avait presque pas d?outils de travail. Le «National Productivity and Competitiveness Council» (NPCC) a alors décidé de les soutenir. Sadhana Ramanjooloo a été sélectionnée dans ce cadre pour suivre en Inde, un séminaire de formation sur le développement de la compétitivité dans les Petites et moyennes entreprises. Le directeur de l?entreprise «New Island Clothing Mauritius», impressionné par la valeur incorporée aux déchets issus de son usine, a offert à «Magic Fingers», une machine toute neuve pour aider l?entreprise à continuer le travail. L?«Empowerment fund» est aussi venu au secours des femmes entrepreneurs de «Magic Fingers», avec une machine électronique, un fer à repasser industriel, et les installation électriques pour leur permettre de fonctionner tard si nécessaire. Plusieurs autres personnes ont manifesté le désir de les soutenir.

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