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Une retraite paisible pour les personnes âgées

26 juin 2005, 00:00

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Finis les cas de maltraitance et les abus sur les personnes âgées. Les maisons de retraite devront désormais avoir une licence avant de pouvoir ouvrir leurs portes, faute de quoi elles risquent de disparaître. Trente-trois institutions ont obtenu la leur, mercredi.

Jaydew Dabee est fier. Il vient d?obtenir, comme les 32 autres gérants de maisons de retraite privées et publiques, son Certificate of registration for residential care homes, mercredi, de la part du ministre de la Sécurité sociale, Sam Lauthan. « Il était grand temps de réglementer ce secteur. En tant que travailleur social et responsable du Balgobeen Ashram, je sais qu?il y a beaucoup d?institutions qui ne font pas honneur à la profession », dit-il.

Des vieux, parqués dans des dortoirs qui ressemblent plus à des poulaillers qu?à autre chose, sans ouvertures adaptées, et où l?on ignore les normes de sécurité, ne sont pas le fruit de son imagination. « Dans certaines maisons de retraite, nos aînés souffrent de malnutrition et de mauvais traitements. Pour le dîner, on leur donne parfois des nouilles instantanées trois fois par semaine. Leur bien-être est totalement occulté », soutient-il.

Mais au Balgobeen Ashram, s?occuper des personnes âgées est une vocation. « Comme beaucoup d?institutions, nous n?avons pas attendu la loi pour améliorer notre maison de retraite. Les 40 personnes âgées qui y sont, reçoivent les soins nécessaires, ont une alimentation équilibrée, et vivent dans un environnement agréable où leur sécurité est prise en compte. Nous avons aussi une estafette pour les emmener en promenade. »

Le ministère de la Sécurité sociale a toujours été conscient des brebis galeuses qui sévissent dans ce secteur. Mais l?absence de réglementation ne lui permettait pas de sévir. Cela va changer avec l?introduction du Residential Care Homes Act. En effet, grâce à cette loi, le ministère pourra veiller au bien-être des personnes âgées qui vivent dans les maisons de retraite privées ou publiques.

L?absence de cadre légal, dit-on au ministère, profitait à certaines personnes qui exploitaient leurs pensionnaires. Des cas d?extorsion et de détournement de pensions ont même été dénoncés. « Les personnes âgées alcooliques, qui sont rejetées par leur famille, sont une proie idéale pour ces gens malintentionnées. Comme elles n?ont aucune ressource, elles sont bien obligées de leur donner leur carte de pension », confie Jaydew Dabee.

Il faut également savoir que les soins prodigués varient d?un hospice à l?autre. Si certains homes offrent des soins de base, d?autres font preuve de dévotion et traitent leurs résidents avec amour et compassion. « Avec des personnes dévouées à une cause, on peut faire des merveilles grâce à une formation adéquate », souligne Hari Padayachy, conseiller au ministère en matière de Residential Care Homes. L?aide financière du gouvernement luxembourgeois a même permis de former les gérants et le personnel de la plupart des maisons de retraite publiques.

S?adapter ou disparaître

Seuls, 33 établissements ont obtenu leur permis. Qu?adviendra-t-il des 17 qui restent ? « Elles présentent plusieurs lacunes, mais au lieu de leur imposer un ultimatum, nous leur avons demandé de présenter un plan d?action afin d?améliorer leur institution », affirme-t-on à la Sécurité sociale. Ces hospices se sont ainsi engagés par écrit à apporter les améliorations demandées, et ce, dans un laps de temps raisonnable. « Ce n?est que justice. Seuls les meilleurs continueront dans cette voie. Il leur faudra s?adapter ou disparaître », comme le dit si bien ce gérant d?une maison de retraite des Plaines-Wilhems.

« Les home carers devront se soumettre aux règlements », confie, quant à lui, Sam Lauthan. « Nous leur accorderons le temps et le soutien nécessaires. Mais s?ils ne jouent pas le jeu, s?il s?avère qu?ils sont bien en dessous des niveaux requis malgré nos recommandations, ils n?auront pas d?autre choix que de mettre la clé sous la porte. » Le message est clair.

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